‹ Contribution à l'étude de l'anesthésie par l'étherChapitre 16 sur 18 · SA VAE · texte numérisé non relu

SA VAE

le masque. Chaque fois on verse en général 40 centimètres cubes. L’anesthésie dure une heure et on emploie 120 centimètres cubes d'éther. La malade est complètement réveillée quelques minutes après l’anesthésie ; elle est calme, sans agitation ; de même on n’observe pas le moindre vomissement ni pendant l’anesthésie, n1 après.

Rien dans les urines.

Ogservarion IX (par M. AxGæresco, interne des hôpitaux).

La nommée Boulogne D.., âgée de 21 ans, entre le 6 novembre 1894, à la Salpêtrière, au pavillon d’ovariotomie ; elle présente une salpingite double pour laquelle on intervient par la laparotomie et on pratique J'extirpation des annexes le 10 novembre (opération pratiquée par M. Chapui).

Anesthésie générale par l'éther (à l'aide du masque de Julliard).

La malade avait déjà été anesthésiée une fois par l’éther avec le masque de Julliard et elle dit qu’elle a présenté une légère agitation postanesthésique et qu’elle.a eu deux ou trois vomissements dans la journée.

L'état général de la malade est très bon ; elle est seulement très nerveuse ; l'examen du cœur et du poumon ne montre rien d’anormal ; de même les urines qui sont normales.

Le 10 novembre on pratique l’anesthésie ; on verse 30 grammes d’éther dans le masque de Julliard qui est approché de la figure en le tenant pourtant à quelque distance. A la fin de la première minute, on intercepte le passage de l’air et la malade respire à ce moment-là les vapeurs d’éther mêlées à l'air qui se trouvent dans l’appareil.

La malade n’a pas d'agitation, pas le moindre mouvement de défense pour écarter le masque. La face est congestionnée, et à aucun moment de l’anesthésie on n’observe de cyanose.

Le réflexe conjonctival est complètement aboli à la fin de la cinquième minute ; à ce moment la sensibilité a complètement disparu et l’anesthésie est complète.

La malade présente une légère salivation marquée surtout au début de la narcose ; les mucosités qui s’écoulent de la bouche sont blanchätres, et en les enlevant avec une compresse on n’a pas besoin d’essuyer la gorge de la malade.

La sécrétion bronchique fait complètement défaut, de sorte que la respiration n’est pas ronflante ; elle est pourtant forte et s'entend à distance. À la fin du premier quart d'heure il y a 46 respirations par minute. :

En prenant le pouls, on trouve pendant toute l’anesthésie qu'il est fort, résistant, et fréquent. Il y a 410 pulsations par minute à la fin du premier quart d'heure et 100 pulsations à la fin du deuxième quart d'heure. | Sr a

La température de la malade est de 36° à la fin du premier quart d'heure ; elle a baissé de 8 dixièmes dans ce premier quart d'heure, la malade présentant avant l’anesthésie 36°8. |

L’anesthésie est aussi complète que possible et la résolution musculaire se continue jusqu'à la fin de l'opération. Le sommeil calme, pas de réveil pendant la narcose.

Le réflexe patellaire est aboli pendant toute l’anesthésie ; de même on ne trouve pas d’épilepsie spinale ni au début ni pendant l’anesthésie.

L’anesthésie a duré 48 minutes et on emploie 135 centimètres cubes d'éther ; la malade est complètement réveillée au bout de 10 minutes ; son réveil est très agité et cette agitation se continue pendant 2 heures.

Pas de vomissements pendant l’anesthésie, mais au moment de porter la malade dans son lit elle rend une fois des mucosites blanchâtres sans effort. Dans la journée elle n’a pas de vomissements, mais chaque fois qu’on essaie de lui donner à boire elle rend le liquide.

L'examen des urines montre qu'il n’y a ni sucre, ni albumine, seulement un léger dépôt.

OBservarioN X (personnelle).

La nommée G. B., âgée de 26 ans, entre le 23 novembre 189% à la Salpétrière, salle Lallemand, lit n° 10. Elle présente une luxation de l'épaule.

Anesthésie générale par l’éther (avec le masque de Julliard), le 23 novembre 189% pour réduire la luxation.

La malade à déjà été anesthésiée une fois par le chloroforme ; elle est épileptique et présente des attaques fréquentes.

L’anesthésie pratiquée par le procédé ordinaire est obtenue en 10 mi-

; nutes, malgré l'absence d’agitation de la malade. La face de la malade est congestionnée, congestion étendue au cou, mais elle n’atteint pas à He la cyanose, On remarque au début une salivation légère qui ne se conee tinue plus dans la suite :

La résolution est aussi complète que possible, la respiration forte et Le le pouls à 144. Le pouls conserve pendant toute l’anesthésie sa force. L’anesthésie dure 22 minutes et on emploie 75 centimètres cubes d’éther. Le réveil de la malade se fait quelques minutes après, sans qu’elle présente de vomissements. Ceux-ci ont fait de même complètement défaut pendant l’anesthésie.

La malade étant recueillie, elle a une attaque d’épilepsie, attaque qui se renouvelle le soir et enfin le matin du deuxième jour. Les urines sont normales ; pas d’albumine, pas de sucre.

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