‹ Contribution à l'étude de l'anesthésie par l'étherChapitre 4 sur 18 · RAR A · texte numérisé non relu

RAR A

nous n’hésitons pas à accorder la préférence au masque de Julliard. Nous savons, du reste, que les chirurgiens de Paris, qui à l'heure actuelle se servent de l’éther comme agent anesthésique partagent cette préférence. Nous aurons à voir dans le cours de cette étude en quoi consiste cette supériorité sur tous les appareils similaires.

Nous aurons à combattre plusieurs des arguments invoqués par M. Mercier, dans son excellente thèse, pour assurer la priorité au masque de Wanscher. Mais nous avons surtout essayé de dégager des éléments de cette discussion cette notion essentiellement pratique : c’est que, quel que soit en somme l'appareil employé, la physiologie, la clinique, les statistiques sont unanimes pour reconnaître l’immense supériorité de l’éther sur tous les autres anesthésiques. Nous nous tiendrons pour satisfait si nous avons réussi à faire partager notre intime conviction.

Etude historique de l’éther.

Depuis l'antiquité la plus reculée, depuis le temps où le guérisseur pour guérir la maladie était obligé d'employer le fer ou le feu : calmer la douleur, abolir la sensibilité de celui qui doit être opéré a été un des points principaux des recherches qui ne sont entrées dans le domaine de la pratique courante que depuis la découverte de l’éther et du chloroforme.

On peut dire que l’idée d’anéantir ou d’atténuer la douleur se perd dans la nuit des temps et son ancienneté est aussi grande que celle de la chirurgie. Mais combien de tâtonnements, combien d'incertitudes, et même actuellement dans la chirurgie moderne, quand les moyens se sont perfectionnés, quand l’étude des anesthésiques a pris un grand développement, les auteurs les ayant étudiés dans tous leurs détails, en les comparantet en tirant des conclusions pratiques ; aujourd'hui même après la découverte du chloroforme, de l’éther, etc., on peut dire qu’il reste encore beaucoup de choses à faire, dans cet ordre d'idées.

Il est certain que l’agent d’anesthésie générale qui se présenterait avec les avantages du chloroforme et de l’éther, sans présenter les inconvénients plus ou moins graves de ces deux anesthésiques, cet agent rendrait un service énorme, la narcose constituant avec l’antisepsie les deux points capitaux de la chirurgie.

Mais il faut encore bien des recherches pour trouver un

Re

agent anesthésique dépourvu de tous les accidents habituels et doué des mêmes propriétés que l’éther et le chloroforme.

Quoi qu’il en soit, voyons dans ce chapitre les phases principales par lesquelles ont passé les anesthésiques et étudions avec quelques détails l’histoire de l’éther.

Les anciens ont cherché, comme nous venons de le dire, à abolir la sensibilité ou au moins à l’atténuer, et ils sont arrivés par des moyens, soit locaux, soit généraux, à remplir en partie ces desiderata. Les uns prescrivaient le feu, d'autres les scarifications, mais ces moyens étaient certainement employés contre la douleur provoquée par une affection quelconque et d’ici jusqu’à l'abolition de la sensibilité pendant l'opération il y a bien loin.

Si nous approchons de notre époque, nous voyons que les narcotiques entrent en ligne de compte, étant employés comme le feu et les scarifications à combattre les douleurs produites par les maladies.

Depuis longtemps, on avait remarqué que l’afcoo! produisant l'ivresse atténue la sensibilité ; on essaie donc de l’'employer eu chirurgie, mais ce moyen reste stérile et il est, peu de temps après, complètement délaissé. Il en est de même de la compression circulaire du membre ou de la compression des troncs nerveux.

Petit à petit, à mesure que les moyens se perfectionnent, on trouve les procédés antérieurs tout à fait insuffisants et la tendance étant vers le nouveau, les recherches se multiplient, mais ici comme partout le hasard joue le rôle principal.

Quoique connu depuis longtemps, car déjà vers la fin

Page 1