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du XVI° siècle l’éther sulfurique avait été préparé, il faut arriver au milieu du XIX: siècle pour voir cet agent entrer dans la pratique chirurgicale et être employé comme agent d’anesthésie générale.
Combien de fois n’a-t-on pas employé l’éther sans s’en apercevoir ; souvent des médecins sortaient avec leur fiole d'éther pour calmer les névralgies et il a fallu bien longtemps avant de constater et d'appliquer cette propriété merveilleuse de l'éther, c’est-à-dire d’abolir la douleur.
Ce qui a empêché peut-être l’éther d'entrer pendant longtemps dans la pratique chirurgicale, c’est probablement lappréhension qu'il inspirait; ses vertus n’étaient pas assez connues, au contraire on avait toujours présents à la mémoire les accidents plus ou moins graves qu’il avait produits.
Le cas rapporté par Christison (1) était connu de tous les chirurgiens ; «il s’agissait d’un jeune homme qui fut trouvé dans un état d'insensibilité complète pour avoir respiré un air fortement chargé de vapeurs d’éther sulfurique ; il resta dans cet état apoplectique pendant quelques heures et il aurait probablement succombé si l’on ne s'était hâté de le transporter dans un autre atmosphère ».
Un journal rapportait le cas « d’un gentleman qui par une imprudente inhalation de vapeurs d’éther fut plongé dans une véritable léthargie qui persista, sauf des interruptions passagères, plus de trente heures, avec une grande prostration ; pendant plusieurs jours, le pouls était si petit que l’on eut des craintes sérieuses pour sa vie ». Dans
(1) CariSTISON, À Treatise on poisons, 2e édit., p. 804. BORREL-DEROIDE , 2
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d’autres cas l'éther avait produit la mort, ainsi d’après Edimburgh med. and surg. Journal, t. XXXV, p. 452 : « La servante d’un droguiste fut trouvée un jour morte dans son lit ; la mort était probablement due à l'inspiration prolongée de vapeurs d’éther, qui remplissaient la chambre où un vase plein de ce liquide était cassé. »
Tous ces cas donc, et d’autres encore furent en quelque sorte un empêchement aux recherches qu’on pouvait faire avec l’éther et il a fallu arriver jusqu’en 1844 pour voir ces recherches reprises avec plus de succès et se terminer par la découverte de Jackson.
Humphy Davy avait écrit: « Comme le gaz oxyde nitreux peut détruire les douleurs physiques, par une extension de son usage on s’en servirait probablement avec avantage dans les opérations chirurgicales, accompagnées seulement d'une médiocre effusion de sang ».
En 1844 Horace Vells (qui était dentiste à Hartford), partant de cette idée qu'un homme vivement excité ne sent pas la douleur d’un coup dont il est frappé et de cet autre fait que le gaz hilariant amène cette ‘excitation, extrait des dents en se servant de cette méthode et réussit à les extirper sans la moindre douleur, le malade étant dans un état complet d’insensibilité.
Wells essaie de remplacer le protoxyde d'azote par les inhalations d’éther, et il extrait des dents comme dans le premier cas, sans douleur de la part du malade ; pourtant il n’est pas bien convaincu de l'avantage de cette substitution, car il trouve l’éther trop dangereux ; pourtant il part pour Boston expérimenter devant un comité médical la propriété qu'a léther d’abolir la douleur, mais ses expériences ne réussissent nullement.