‹ Contribution à l'étude de l'anesthésie par l'étherChapitre 7 sur 18 · CRUE: RES · texte numérisé non relu

CRUE: RES

tion de M. Angelesco à la Société de biologie (1). Nous la rapportons ?n extenso :

€ COMMUNICATION DE M. ANGELESCO. — D'après Simonin et Kappeler la température de l’homme pendant l’anesthésie chloroformique est abaissée jusqu’à 1°4.

M. Dastre (2) admet que l’abaissement serait plus grand dans l'éthérisation, mais il ne donne pas de détails.

Nous avons fait des recherches sur une cinquantaine de malades soumis à l’anesthésie par l’éther dans le service de notre maître Chaput et nous sommes arrivés aux résultats suivants :

La température, pendant l’éthérisation, suit une courbe qui est toujours la même. Cette courbe est la suivante :

1° Pendant tout le temps de l’anesthésie, la température s'abaisse, donc l’hypothermie est en rapport avec la durée de l’anesthésie.

29 L'’abaissement de la température, présente une oscillation beaucoup plus prononcée au début de l’anesthésie. Ainsi, dans la première heure de l’anesthésie, l’abaissement varie entre 2° et 25; dans la deuxième heure, l’abaissement tout en se continuant est à peine marqué ; il atteint quelques dixièmes de degré; et si on regarde de plus près on trouve que c’est dans le premier et le deuxième quart d'heure que la différence entre deux températures consécutives est plus marquée ; dans le premier quart d'heure, l’abaissement varie entre 0°7 et 1 degré; dans le deuxième l’abaissement est seulement de 0°4 à 0°5.

(1) AnGELESCO, Société de biologie, 8 décembre 1891. Idem, Annales de médecine, 1895, n° 17.

(2) DasrrE, Étude sur les anesthésiques.

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Donc le refroidissement du malade, tout en se continuant, présente des oscillations de plus en plus faibles.

3° L’abaissement de la température se continue, quoique

très légèrement, pendant le sommeil profond qui suit lanesthésie ; cet abaissement varie entre 0°1 et 0c3.

4° La température commence à monter au moment du réveil et elle suit, dans cette deuxième phase, une courbe inverse à celle du début ; de telle sorte que les oscillations d'abordtrès peu prononcées, variant entre 0°1 et 0°3, deviennent de plus en plus fortes, à mesure que le réveil est plus complet, et vers l'approche de la normale on voit des oscillations qui atteignent 0°7 à O°8.

Ce refroidissement produit par l’éthérisation est attribué : 1° à l'augmentation du rayonnement des parties découvertes pour l'opération, au repos, à l’immobilité; 2 au ralentissement des oxydations et à la diminution d’absorption de l'oxygène dans le poumon. Mais on n’explique pas la cause qui fait que l’éther produit un abaissement plus marqué que le chloroforme.

Nous croyons que cette différence est due à ceci: que l'éther produit une vaso-dilatation très marquée et la perte de chaleur est, bien entendu, augmentée par cette vasodilatation. On peut se rendre compte de cette vaso-dilatation par l'aspect de la face des malades éthérisés, lesquels, dans la majorité des cas, présentent une congestion très notable.

Au contraire le chloroforme produit une vaso-constriction d'où abaissement moins grand; vaso-constriction qu'on peut constater facilement par l’aspect de la face qui est d’une päleur marquée ».

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Comme on le voit dans cette intéressante communication M. Angelesco est arrivé à des conclusions plus nettes et plus fermes que la majorité de ses devanciers. Les températures ont été prises de quart d’heure en quart d'heure sous l’aisselle et les moyennes qu’il apporte sont le résultat d'examens pratiqués sur un grand nombre de patients subissant les opérations les plus variées.

BORREL-DEROIDE . 5

Accidents de l'éthérisation.

« L'anesthésie chirurgicale n’est pas autre chose qu’un empoisonnement partiel et passager du système nerveux central qui produit le sommeil, la résolution musculaire et l’insensibilité, les parties du système nerveux qui président aux fonctions de la respiration et de la circulation restant libres (1) » (Julliard).

Ces mots qui commencent la récente revue du chirurgien de Genève fontprévoir déjà que l’éther, siavantageux soit-il, ne laisse pas que de présenter certains inconvénients. Dans un précédent chapitre nous faisions déjà pressentir que son emploi entraine certains accidents. C’est ceux-ci que nous allons examiner maintenant en prenant pour guide M. Julliard lui-même et les différents auteurs qui, partisans convaincus de l’anesthésie par l’éther, ont scrupuleusement étudié les inconvénients et les avantages qu'il présente.

Avant d'aborder la période dangereuse de l’éthérisation, celle pendant laquelle les diverses parties du bulbe sont envahies, les trois autres périodes présentent un certain nombre de phénomènes qui constituent de véritables accidents. A ce point de vue on peut donc diviser les accidents de l’éthérisation en plusieurs groupes : les accidents légers, qui n'entraineront pas la mort de l’opéré, et les accidents

(4) JuzLrarD, L'éther est-il préférable au chloroforme ? Revue médicale de la Suisse Romande, Genève, 1894.

graves susceptibles de s'accompagner de terminaison fatale. :

ACCIDENTS LÉGERS. — La période d’excitation constitue pour certains auteurs un grave inconvénient à l’adminis- tration de l’éther. Nous avons déjà répondu en partie à cette manière de voir, en montrant que celte période d’excitation est facilement évitée si l’on prend le soin d’endormir lentement le malade. M. Julliard a vu une excitation forte sur six malades : et dans ce dernier cas elle n’était pas plus considérable qu’au cours del’anesthésie par le chloroforme.

Kœærte (Société médicale berlinoise) (1) a trouvé la période d’excitation plus longue. En revanche, dit-il, le sommeil anesthésique n’en est que plus calme. Dans 32 cas ses malades furent angoissés.

Salivation exagérée. — On a reproché à l’éther d’irriter fortement les muqueuses pharyngées et bronchiques: il est de fait que le stertor observé sur le malade tient non seulement aux vibrations du voile du palais, mais encore au courant d'air traversant les mucosités accumulées dans l’arrière-bouche. C’est là un inconvénient signalé depuis longtemps. Schœnlank (Société médicale berlinoïse) (2) attribue les accidents de l’éther et en particulier celui-là à l'administration d’un éther impur. Il fait remarquer que l’éther officinal contient une aldéhyde qui, sous l'influence de la lumière solaire, donne lieu à un dégagement d'acide acétique. L’éther obtenu par distillation à 100° dans le vide ne donne jamais cetinconvénient. On trouve signalée chez quelques auteurs l'obligation de débarrasser le fond de la

(4) In Semaine médicale, 189,4, p. 62.

(2) In Sem. médicale, 1894, p. 126.

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