‹ Contribution à l'étude de L'Anévrisme de la Crosse de l'AorteChapitre 11 sur 24 · OBSERVATION II · texte numérisé non relu

OBSERVATION II

En collaboration avec M. Charles Sénez, interne des Hopitaux.

B. R..., né à Alleværd, 58 ans, libraire. Entré à l’'Hôpital de la Conception le 19 décembre 1908.

Antécédents héréditaires. — Père mort à 63 ans d’une pneumonie (?). Mère morte à 85 ans. Douze frères et sœurs shumatisants.

Antécédents personnels. — Pas de maladie d’enfance. Pas de syphilis. Marié à 27 ans ; quatré enfants. Variole hémorragique en 1870. La même année, au cours de la campagne, phénomènes de congélation. Au Tonkin, en 1902, accès de paludisme. De retour en France, nouvel accès en 1908. Au Tonkin, en 1903, apparition d’une tu. meur anévrismale sur le trajet de la fémorale gauche ; ablation de la tumeur en France en 1904 : suture artérielle. Pas d’éthylisme ; léger tabagisme ; vagues -douleurs rhumatoïdes. |

Histoire de la maladie. — Depuis 1903, le malade se plaint d’une douleur constrictive au niveau de la région précordiale, douleur tantôt sourde, tantôt lancinante, qui occupe parfois toute la région thoracique gauche, Depuis cette époque, le malade accuse de la dyspnée d’effort, des vertiges, des bourdonnements d'oreille. Accompagnant les douleurs thoraciques, sensations de refroidissement, d’engourdissement, de fourmillement dans le membre supérieur gauche. Vision diminuée depuis 1900, à la suite d’une promenade en automobile, suivie de congestion (?).

ENT es

En 1908, au début de l’année, enrouement de la voix durant une dizaine de jours, et, depuis cette époque, le timbre de la voix se serait modifié et serait devenu plus élevé. En même temps, troubles de la déglutition : le malade a de la peine pour avaler les aliments solides qui sont passagèrement arrêtés dans l’œsophage en un point correspondant à la poignée du sternum. La dysphagie est intermittente. En proie à des douleurs de plus en plus violentes, le malade entre à l'Hôpital de la Conception, dans le service de M. le docteur Pagliano, le 19 décembre 1908. É

Examen du malade. — Le malade, assez dyspnéisant, accuse une violente douleur dans la région thoracique gauche, au niveau du mamelon et le long des deuxième, troisième et quatrième côtes. Le membre supérieur gauche est engourdi ; il est le siège de fourmillements et de crampes. La voix est enrouée ; aucune douleur laryngée, aucune quinte de toux. Les deux pupilles sont égales, sans mydriase ni myosis, et s’accommodent très bien à la lumière et à la distance. La vue cependant est affaiblie : il existe une diminution du champ visuel gauche. Dysphagie assez prononcée, surtout pour les aliments solides. Etat d’amaigrissement notable. Etant donnés ces différents symptômes, l’attention est attirée du côté des Organes thoraciques.

À l’inspection du thorax, rien d’anormal : pas de voussure, pas de lacis veineux, pas de dilatation des jugulaires. À jour frisant, on voit battre la pointe du cœur dans le sixième espace intercostal gauche légèrement en dehors de la ligne mamelonnaire ; aueun autre centre de battements sur toute la surface du thorax. Le choc de la pointe

est normal à la palpation. La sous-clavière gauche pré-

sente une légère surélévation. A la percussion, matité aor-

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