‹ Contribution à l'étude de L'Anévrisme de la Crosse de l'AorteChapitre 21 sur 24 · TAN · texte numérisé non relu

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Observation V. — Anéviisme de la portion ascendante de la crosse. Poche extensib'e : mouvements d'expansion visibles à la radioscopie.

Double souffle dans le troisième espace imtercostal droit. Auscultation rétro-sternale : double souffle, dont le second ne présente pas les mêmes caractères que le souffle diastolique du troisième espace intercostal droit. Le souffle systolique du troisième espace correspond à

av

l’expansion anévrismale ; le souffle diastolique est dû : l'insuffisance des valvules sigmoïdes : ce dernier souffle se propage de haut en bas, jusqu’à l’appendice xyphoïde. IF s’entend au niveau de l’anévrisme, parce que celui-ci est très rapproché du cœur. À quelle cause attribuer le souffle diastolique rétro-sternal ? La loi de Chauveau ne nous permet. pas de penser qu’il est dû à la propagation du souffle diastolique d’insuffsance aortique, puisque ce souffie doit se propager et se propage, en fait, de haut en bas. Les caractères de ce souffle diastolique rétro-sternal ne sont pas les mêmes, avons-nous dit, que ceux du souffle dû à l’insuffisance aortique.

Puisque nous sommes en présence d’un anévrisme de l’aorte ascendante à parois extensibles, pourquoi ne pas présumer que ce souffle diastolique rétro-sternal est dû au reflux du sang de la poche anévrismale dans l’aoite, à travers un orifice de communication plus ou moins étroit. Cette colonne sanguine, brusquement chassée dans l’aorte. par les parois extensibles de l’anévrisme, vibrerait à son passage au niveau de l’orifice dé communication, et ses vibrations donneraient lieu à un souffle qui se propagerafit suivant le sens de l’ondée sanguine, c’est-à-dire de bas en haut, et qui s’entendrait au niveau du creux rétro-sternal.

+ “ 2. À Observation VI: — Etant donnés le volume de l’anévris-

me intra-thoracique et la présence de l’anévrisme secon-

daire diffus extca-thoracique, les bruits perçus à l'auscultation nous paraissent difficiles à interpréter. Nous croyons cependant pouvoir expliquer : le bruit dé claquement systolique par le choc. de l’ondée sanguine sur les parois de l’anéviisme diffus, et le souffle diastolique par le passage du sang de l’anévrisme faux dans l’anévrisme vrai à travers un orifice de communication rétréci. Quant au souffle systolique perçu quelques jours après l’arrivée du malade, au- dessus de la poche, avec propagation vers la clavicule droite, nous Île eroyons dû au choc de l’ondée sanguine sur les parois de l’anévrisme intra-thoracique. |

Observation VII. — Anévrisme de ‘:a portion ascendante

de la crosse. Souffle systolique et claquement systolique dus à l’arrivée du sang dans une poche extensible et au choc de l’ondée sanguine sur les parois de l’anévrisme (battements visibles à la radioscopie). Souffle dias-

tolique d'insuffisance actique, à propagation supéroinférieure. Auscutation rétro-sternale : souffle sys-. tolique dû à la propagation du souffle systolique

anévrismal : souffle diastolique à caractères différents du souffle diastolique d’insuffisance, et auquel

nous donnons la même interprétation que celle donnée

pour le souffle diastolique rétro-sternal perge chez le malade de l’observation V.

Observation VIII. <= Double souffle et double bruit de

claquement au niveau de la zone mate droite antérieure. Double souffle perçu à l’auscultation réto-sternale. Anévrisme de la portion ascendante de la crosse de l’aorte,

à parois extensibles (tumeur puisatile à l’examen radioscopique). Le bruit de claquement diastolique nous auto-

Qh., 2

JL: —

rise à dire qu'il n’existe pas, dans ce cas, d'insuffisance aortique. Le souffle et le bruit de claquement systoliques sont dus à l’arrivée du sang dans une poche extensible. Comment expliquerions-nous le souffle diastolique, puisque-nous avons éliminé l’insuffisance aortique ? Bermont dt, dans sa thèse sur les anévrismes de la crosse de lPaorte : « Quand le souffle diastolique n’est pas dû à l'insuffisance aortique, son interprétation devient difficile. » Dans le cas actuel, nous admettons que ce souffle est dû au passage du sang, chassé par des parois extensibles, de l’anévrisme dans l'aorte, à travers un orifice plus où moins rugueux et étroit. Ce souffle se propage suivant le sens de l’ondée sanguine, par conséquent de bas en haut, et s’entend au niveau de la fourchette sternale. :

Telles sont les diverses interprétations que nous croyons pouvoir donner, aux différents bruits perçus à l’auscultation thoracique de nos malades.

Que nous a révélé l’auscultation rétro-sternale ? :

Dans quatre cas, où l’anévrisme siégeait à l’extrémité gauche de la portion horizontale de la crosse de l’aorte, nous avons perçu deux fois la transmission des bruits du cœur, et deux fois un léger souffle systolique ; Jamais de souffle diastolique. Au contraire, chez les quatre malades porteurs d’un anévris sme de la portion ascendante de la crosse de l’aorte, l’auscultation rétro- sternale à permis d’entendre un-souffle diastolique ; chez lrois de ces malades existait une insuffisance aortique ; chez le dernier, absence complète d'insuffisance aortique.

On serait tenté d’assimiler le souffle diastolique rétrosternal au souffle de l’insuffisance aortique ; ce serait aller à l’encontre de la loi de Chauveau : Le souffle de l’insuffisance aortique doit se propager de haut en bas et non :

rar

de bas en haut. Nous avons vérifié ce fait chez un malade du service de M. le docteur Pagliano, atteint d'insuffisance

aortique, et chez qui le souffle diasto!ique, très intense sur

toute la hauteur du bord droit du sternum, cessait d’être perçu à l’auscultation rétro-sternaie, D'ailleurs, chez nos trois malades porteurs d’anévrisme

de l’aorte ascendante, avec insuffisance aortique, le souffle

diastolique rétro-sternal n’avait pas du tout les mêmes caractères que le souffle diastolique entendu le long du bord droit du sternum. |

Notre camarade KSénez, et nous, avons été frappés de la présence de ce souffle diastolique rétro-sternal dans les cas d’anévrisme de ‘a portion ascendante de la crosse, à parois extensibles. Nous nous somnies demandés si ce signe ne pouvait pas servir à diagnostiquer un anévrisme de cette partie de l’aorte : la colonne sanguine, chassée avec force de l’anévrisme dans l’aorte, vibrerait dans son passage à travers l’orifice de communication, plus où moins étroit, plus où moins rugueux, et donnerait lieu à la production d’un souffle diastolique qui se propagerait dans le sens de l’ondée sanguine, c’est-à-dire de bas en haut, et qui s’entendrait derrière la fourchette du sternum. Ce mécanisme permettrait d'interpréter le souffle diastolique d’un anévrisme non accompagné d'insuffisance aortique, et dont Beimont trouvait l’interprétation dfficile. %

Chez aucun de nos malades, les modifications du pouls ne nous ont donné de résultats appréciables.

Quant au signe d'Oliver, il a été constant, et nous le

considérons comme un signe excellent de l’anévrisme de

la crosse de l’aorte.

Enfin, la radioscopie a été pour nous un précieux moyen

d'investigation pour affirmer le diagnostie, La présence, :

à SES d’une tumeur, pulsatile ou non, adhérente à = l’ombre médiane, doit faire penser à la possibilité d’un 2 anévrisme de la crosse de l’aorte, ainsi que la transformation en zone obscure de la Zone élaire située normale

ment entre la colonne vertébrale et les gros vaisseaux. Quand on se trouve en présence, à l'examen radoscOopique, d’une tumeur non animée de battements, on ne doit pas, d’après ce seul fait, rejeter le diagnostic d’anévrisme de la crosse de l’aorte. Nous avons eu la preuve que certains anévrismes à parois inextensibles et z emplis de cail! ots, ne présentaient à la radioscopie aucune expan. sion, aucun battement.

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