‹ Contribution à l'étude de L'Anévrisme de la Crosse de l'AorteChapitre 6 sur 24 · CAT D · texte numérisé non relu

CAT D

Dyspnée. — Nous avons déjà signalé la dyspnée comme signe de l’anévrisme ‘de la crosse, et nous l’avons vue fonction de la compression du récurrent, du pneumogastrique ou du phrénique. Elle peut résulter aussi de la compression de la trachée, des bronches, du poumon et de l’artère pulmonaire. Effet d’une compression quelconque, la dyspnée, dans l’anévrisme de la crosse, à pour caractère essentiel d’être intermittente, et d'offrir des paroxysmes souvent périodiques (Greene). Elle est -un symptôme important de l’anévrisme de la crosse : pour Lebert, c’est un des phénomènes les plus constants de cette maladie : il se présenterait dans les deux tiers des cas.

Hémoptysies. — L’hémoptysie constitue, d’après M. le professeur Boinet, un signe important, parfois précoce de l’anévrisme de la crosse. IF indique que la poche anévrismale présente des rapports étroits avec les voies aérien-. nes. Mais, pour qu’elle ait une réelle valeur clinique, l’hémoptysie doit résulter du suintement, par un pertuis plus ou moins étroit, du sang de l’anévrisme: dans les voies aériennes. Car l’hémoptysie peut très bien être un symptôme de congiestion pulmonaire, congestion passive ‘due, d’après Habershon, à la compression du pneumogastrique. Les hémoptysies provenant vraiment d’un suintement sanguin dans les voies aériennes, ont pour caractères d’être fractionnées, répétées, de peu d’importance. Mais la fissure au niveau du sac ne tarde pas à s’agrandir et à donner lieu, au bout d’un temips variable, à une hé-

moptysie abondante et mortelle.

Dysphagie. — L’æœsophage est, comme tous les organes du médiastin, exposé à souffrir du voisinage d’une ectasie de la crosse de l’aorte. La dysphagie peut tenir,

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comme nous l’avons déjà vu, à un spasme des fibres musculaires de l’œsophage, d’origine récurrentielle ; mais elle résulte souvent de la compression exercée directement par l’anévrisme sur l’æsophage. Cette dysphagie est variable : elle permet habituellement le passage des liquides ; quelquefois cependant une seule gorgée d’eau : suffit à provoquer un spasme qui arrête tous les aliments. Elle est parfois absolue ; mais elle peut diminuer et même cesser momentanément : elle dépend alors, en srande partie, d’un état spasmodique.

Hématémèses. — Ainsi que les hémoptysies, les hématémèses peuvent être fractionnées, espacées et de peu d'importance quand elles sont dues à de petites fissures qui se laissent combler ensuite par des dépôts fibrineux. Mais, par contre, l’hématémèse est, dans certains cas, foudroyante d’emblée.

Aspect extérieur du malade. — À côté des symptômes que nous venons d'étudier, l’habitus extérieur du malade doit entrer en ligne de compte pour lé diagnostic des anévrismes de la crosse.

Byrom-Bramwel accorde une certaine valeur diagnostique au maintien de la santé générale chez les malades: atteints d’anévrisme aottique. Par contre, certains malades arrivent à présenter un certain degré de cachexie. Cette cachiexie diffère de celle des maladies du cœur en ce qu’elle est plus tardive à se manifester, et moins liée à des signes évidents d’une gêne de la circulation, Elle doit être attribuée aux souffrances du malade et à la prvation de somimeil qui en est la conséquence. La compression de la veine cave supérieure détermine la dilatation des veines de la moitié supérieure du corps, la formation d’un lacis veineux thoracique, la distension des jugulai-

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