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de l’aorte dans les voies aériennes ou dans l’œsophage. Le malade vomit une grande quantité de sang, rouge, rulilant, en même temps le facies devient pâle.le pouls est petit et précipité et après quelques secondes il tombe dans le collapsus.
Hémorragies intestinales. — Les hémorragies intestinales sont produites soit par le passage du sang par une fissure directe de la poche anévrysmale dans lintestin, soit par une diffusion du sang dans l'épaisseur du mésentère qui communique avec l'intestin par une ulcération fongueuse (observation de Devé).
“Ces hémorragies intestinales apparaissent brusquement ; à la « suite de quelques coliques,le malade est pris d’un besoin pressant d'aller à la selle, et il rend un plein vase de sang noirâtre et fétide ». Elles peuvent survenir les jours suivants etelles déterminent un état de faiblesse et d’anémie marquées. Dans l’observation de Devé, à 4 heures de l’après-midi, le malade, mis sur le bassin, était pris d’une hémorragie plus abondante que les autres, il s’affaissait et mourait en quelques minutes ». L’aulopsie de ce malade montre au niveau de la dernière anse intestinale grèle, précæcale, «une ulcération fongueuse, noirâire, déchiquetée, large de Î centimètre, située au niveau du bord mésentérique et conduisant la sonde cannelée dans l’épaisseur même du mésentère, infarei par le sang.
Quand la poche se fissure dans le tissu cellulaire rétro-péritonéal où dans le péritoine, le malade présente les symptômes d'une hémorragie interne des plus
graves.
Hémorragie interne. — Brusquement une douleur violente, avec sensation de constriction thoracique est ressentie ; la dyspnée est intense, le ventre est tendu, le facies est pâle, anxieux ; le pouls petit, filiforme, rapide ; les extrémités se refroidissent ; le ventre se ballonne ; la température est au-dessous de la normale, le malade perd connaissance et meurt quelques heures
après le début de ces accidents.
Enfin si dans l’immense majorité des cas, on observe des malades présentant des douleurs osseuses, viscéralgiques ou périphériques, ou des hémorragies, sous forme d'hématémèses, de mélæœna ou d’hémorragie interne, certaines observations montrent que des troubles abdominaux atténués ont été les seuls symptômes fonctionnels observés.
Les malades se plaignaient surtout de douleurs intestinales vagues, véritables coliques avec phénomènes alternatifs de diarrhée et de constipation ; le ventre se ballônne surtout au niveau de l’hypocondre droit et de l’hypocondre gauche ; deux ou trois jours après une diarrhée abondante survient et l’examen physique de la malade peut être pratiqué. Les phénomènes d’occlusion intestinale, dans l’observation de Mouriquaud, étaient dus à la compression de la quatrième portion du duodénum et de l’angle jéjunal par l’anévrysme sacciforme de l’aorte abdominale,
Symptômes généraux. — Suivant la plupart des auteurs classiques, les symptômes généraux sont peu mar-
qués. Stokes et Rendu ont insisté sur leur latence mal-
SD ee gré l'importance de la lésion: « Les fonctions sont normales, le sommeil est paisible et l’appétit bon. » M.le D'Œtiinger dans le Traité de médecine écrit « que le degré très marqué des névralgies lombo-abdominales et le maintien d’un bon état général constituent un signe présomptif qui n’est pas sans valeur. »
Mais dans un certain nombre d'observations les malades présentaient un état d’amaigrissement précoce et grave qui a fait songer à un néoplasme viscéral. Dans une observation de Chenot le malade avait maigri de 22 kilogrammes en cinq à six mois. De même le malade de Devé avait un aspect cachectique. Il se sentait, « au début, incapable de tout travail, il restait chez lui une grande partie de la journée et maigrissait;il avait perdu 20 livres en deux mois ». Mouriquaud publie l’observation d’une femme qui depuis deux ans était devenue graduellement asthénique, sujette aux lipothymies, aux troubles gastro-intestinaux, aux phénomènes alternatifs de diarrhée et de constipation ; l’amaigrissement était
rapide et sans cause nette.
‘Dans notre observation, l’amaigrissement était progressif et sans rémission ; en un an et demi le malade a maigri de 12 kilogrammes mais il n'avait perdu l’appétit que depuis sept à huit mois, ayant du dégoût pour tous les aliments, sans anorexie élective. Cette cachexie au cours de l’anévrysme sacciforme de l'aorte abdominale est peut-être liée, comme celle observée pendant l’évolution de l’anévrysme de la crosse de l’aorte, à une néphro-sclérose concomitante. Elle se rapprocherait
ainsi de la cachexie cardio-rénale. Dans les observa-
tions où l’albuminurie et les autres troubles rénaux font défaut, les douleurs incessantes, les troubles gastriques et intestinaux peuvent, dans une certaine mesure, expliquer cette cachexie progressive.
A côté de cet amaigrissement, les malades présentent souvent une pâleur de la face et une teinte blafarde des téguments ; les muqueuses oculaires et labiales sont décolorées. Dans les observations de Chenot, Devé, et Tarabini, cette pâleur biafarde, associée à l’amaigrissement, avait fait songer à la possibilité d’un néoplasme viscéral. De même dans notre observation la malade présente nettement un facies terreux qui a attiré son attention depuis deux ou trois mois,les traits sont tirés et l’amaigrissement s’accentue.
Signes physiques. — Malgré les caractères des névralgies iléo-lombaires et la présence d'hématémèses, de mélœna, le diagnostic clinique reposera sur la perception d’une tumeur située sur le trajet de l’aorte abdominale.
Il faut considérer deux grandes variétés cliniques sui-
‘vant le siège de l’anévrysme : les uns latents,ce sont les anévrysmes sacciformes de l’aorte abdominale de la région cœliaque; les autres au contraire, siégeant au niveau de l’aorte lombaire, peuvent être facilement perçus.
L’anévrysme sacciforme de la région cœliaque pré-
. sente toujours une longue période de début, latente, où les signes physiques font défaut. La situation profonde du vaisseau, en rapport avec la face postérieure du foie, du pancréas et recouvert par l'estomac rend l’investiga-
tion clinique difficile.
Cependant dans certains cas l’inspection pourra révéler des pulsations de l’épigastre qui sont des mouvements de soulèvements rythmés, systoliques et expansifs. Ils distendent et abaïissent la paroi abdominale. Le foie peut être soulevé et abaissé, Enfin quand la tumeur est volumineuse, on peut observer une voussure sousdiaphragmatique surtout appréciable à jour frisant. Le ventre peut être rétracté (observation I) et à l’inspection il n'offre pas de déformation.
La palpation de la région épigastrique est difficile car il existe une contracture des muscles de la paroi abdominale. En faisant respirer largement le malade, on arrive à vaincre facilement cette contracture réflexe et on peut percevoir une masse profonde, mal délimitée, animée de battements et dont le volume est comparable à celui d’un œuf ou d’un poing. Cette masse profonde siège soit à droite, soit à gauche de la ligne médiane. Dans quelques cas on pourra mettre en évidence le caractère expansif de la tumeur, mais ce symptôme est
ici d’une recherche difficile.
Si l’anévrysme de la région cœliaque tend à se déve-'
lopper en arrière, le malade présente une tumeur de la région dorso-lombaire. La peau est tendue, œdémateuse et recouverte de taches cyaniques. Cette tumeur est animée de battements, et la main perçoit une pulsation et une expansion manifeste. Dans d’autres observations on a noté un affaissement de la région lombo-costale qui était aspirée à chaque inspiration (observation de Chenot).
La situation relativement superficielle de l’aorte lom-
baire explique que l’anévrysme sacciforme développé aux dépens de cette portion du vaisseau détermine un ensemble de signes physiques qui, reconnus, imposent le diagnostic.
L'inspection décèle un soulèvement systolique de la paroï, c’est un soulèvement en masse avec expansion.
La palpation fait observer une tumeur placée dans la région sous-ombilicale soit sur la ligne médiane, qui de l’ombilic atteint la symphyse pubienne, soit le plus souvent à droite ou à gauche de la colonne lombaire. Dans l'immense majorité des cas elle est unilatérale, l’anévrysme sacciforme étant le plus souvent formé aux dépens des faces latérales du vaisseau. Cetie tumeur est profonde car ia percussion donne de la sonorité à sonniveau et la palpation fait percevoir au-devant d’elle des gargouillements intestinaux. Elle est fixe et non mobilisable. De plus, elle est irrégulière, présentant des masses solides de consistance ferme. Enfin cette tumeur est animée de battements.
D’après Stokes (1), « on perçoit un choc violent dans toutes les directions » ; ce choc violent, produit par le passage du sang dans l’anévrysme sacciforme qui distend les parois, est synchrone au pouls radial.
La main appliquée sur la tumeur perçoit un thrill ou frémissement vibratoire systolique qui est faible, discontinu et intermittent: il semble dû aux vibrations de la colonne sanguine qui pénètre dans la poche anévrys-
matique. Ces battements, systoliques et synchrones au