‹ Contribution à l'étude de l'anévrysme sacciforme de l'aorte abdominaleChapitre 17 sur 32 · Weber. Journal de la Suisse Romane. Observation · texte numérisé non relu

Weber. Journal de la Suisse Romane. Observation

après cet accident cette malade mourut au cours d’une pneumonie. L’autopsie révéla la présence d’un anévrysme sacciforme de l'aorte abdominale que des adhérences conjonctives épaissos avaient circonscrit.

Mais cette évolution vers la guérisonest exceptionnelle. En effet, comme les anévrysmes de la crosse de l’aorte, les anévrysmes sacciformes de l’aorte abdominale évoluent d’une façon progressive et le malade meurt soit par rupturé du sac, soit par rupture incomplète et formation d'un anévrysme faux consécutif,soit par amaigrissement progressif, soit par l'apparition d’une complication mécanique ou infectieuse.

La mort rapide survient par rupture du sac, ou par formation d’un anévrysme faux consécutif.

La rupture du sac anévrysmatique est une terminaison assez fréquente de l’anévrysme sacciforme de l’aorte abdominale. Klle détermine une hémorragie intra-péritonéale ou sous-péritonéale. Cette rupture étant la conséquence de la tension vasculaire croissante de la poche anévrysmatique et de la dislocation de la tunique musculaire moyenne du vaisseau peut intéresser le péritoine pariétal et laisse fuser le sang dans la grande cavité péritonéale. Sile péritoine pariétal résiste, le sang s’épanche dans le tissu cellulaire sous-péritonéal, envahissant la région rénale correspondante et la fosse iliaque interne. |

En cliniqueil est impossible de différencier ces deux formes anatomiques. Le malade se présente avec les symptômes d'une hémorragie interne grave. Le début

est toujours brutal. A la suite d’un mouvement ou d’un

effort dans les anévrysmes latents, le malade ressent une

douleur intense, véritable « coup de poignard abdominal » siégeant dans la région ombilicale. En mème temps le malade pâlit, il perd connaissance, le pouls devient petit, filiforme,incomptable et il meurt quelques heures après. L’autopsie révéla la présence d’une hémorragie sous-péritonéale ou intra-péritonéale, et il est facile de trouver la fissure du sac.

Si malgré la rupture du sac,le sang estretenu dans le tissu cellulaire sous-péritonéal par des adhérences conjonctives fortes et épaisses, il y a formation d’un anévrysme faux consécutif. Dans ces cas le sang fuse dans les régions lombaire et iliaque, et il peut même infiltrer les feuillets du mésentère, du mésocôlon, et les muscles psoas-iliaques. |

Cliniquement l’anévrysme faux consécutif s'annonce par des douleurs vives, intolérables, déchirantes et par des symptômes d’hémorragie interne : facies pâle, syncope, extrémités refroidies, pouls petit. Par suite d’adhérences anciennes, le sang s’enkyste et les jours suivants les douleurs osseuses, viscéralgiques ou périphériques diminuent. Mais des signes physiques nouveaux apparaissent : la tumeur anévrysmale a augmenté de volume ; les baitements systoliques et expansifs sont plus violents ; l'expansion est manifeste, et le souffle systolique est plus facilement perçu.

Après quelques semaines cet anévrysme faux consécutif se rompt dans la cavité péritonéale et le malade meurt d'hémorragie interne. Des compressions méca-

niques peuvent déterminer une paraplégie (Dacquet)

it —

ou de la gangrène des membres inférieurs (Morris).

La mort lente survient par cachexie progressive ou à la suite d'une complication mécanique ou infectieuse.

L'intensité des symptômes douloureux à type osseux, viscéralgique ou périphérique, que la morphine à la période terminale n’arrive pas à calmer, enlève tout repos au malade; l’appétit diminue et un état d’amaigrissement extrème, simulant la cachexie néoplasique, s’installe peu à peu. Les forces du malade déclinent, le facies est pâle et si une complication infectieuse ne vient pas hâter l’issue fatale, il meurt après quelques semaines. Cette cachexie serait due pour Schrôtter au volume de l’anévrysme et à la soustraction d’une grande quantité de sang à la circulation générale. Il nous semble plutôt que cet amaigrissement peut être comparé à la cachexie cardio-rénale observée au cours de l’anévrysme de la crosse de l’aorte, et dans ces cas son pronostic est toujours très grave.

Enfin la mort peut survenir du fait de l'apparition d’une complication.

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