‹ Contribution à l'étude de l'aphasie hystériqueChapitre 8 sur 26 · OBSERVATION II · texte numérisé non relu

OBSERVATION II

(Relatée dans la thèse de M. Saupiquet, 1904, Observat. IX) 10)

Aphasie motrice pure

M. B.., couturière, dix-neuf ans, célibataire, entre le 12 janvier

Anlécédents héréditaires. — Père mort à quarante-deux ans, de bacillose probablement, sans éthylisme ni accidents nerveux. Mère morte à vingt-neuf ans de la grippe. Pas de consanguinilé. Personne dans la famille n’a eu de crises nerveuses ni d'accidents mentaux. Deux sœurs bien portantes.

Antécédents personnels. — Rougeole et scrofule dans l'enfance (adénite, olile, conjoncetivite). Réglée à treize ans, régulièrement. Phénomènes anémiques depuis trois ans. Pas de spécificité. Pas d'é-

thylisme.

j. Affection actuelle. — Depuis deux ans, la malade prend des crises

= NE ne

nerveuses. Elles ont débuté à un moment où la malade venait d'avoir de sérieux ennuis et elles ont réapparu à de courts intervalles. Elles se passent de la façon suivante : Deux jours avant la crise, la malade éprouve des maux de cœur et sensation verligineuse. Elle sent venir sa crise et il lui semble que des courants électriques lui traversent le corps. Pas de eri initial, pas de chute, aucun mouvement, mais raideur généralisée. La malade sent quelque chose qui l'étouffe à la gorge ; elle perd connaissance peu après le début de la crise, Pas de morsure de la langue. pas de miction involontaire. Durée de vingt à vingl-cinq minutes. Après la crise, la malade est abatlue. elle rit et pleure sans raison.

Elle se rappelle sa rise, mais non ce qu'elle a fait durant sa crise. Avant chaque crise, la malade avait de la peine à arliculer les mots, mais elle les trouvait; ellé bredouillait eton ne pouvait parvenir à comprendre les mots qu'elle articulait; ces troubles de la parole persislaient après la crise, environ une quinzaine de Jours.

En même Lemps,persistail après les crises un certain degré de paralysie el d'anesthésie du bras droit.

Vie végélative. — Perte de l'appétit. Digestions capricieuses, palpilalions cardiaques. Dyspnée d'efforts. Toux (jamais d'hémoplysie). Examen somalique : Troubles moteurs. Mouvements el force musculaire inlaëls. Aux membres supérieurs, dynamomètre: 0.25 à D; 0.20 à G.

Troubles sensoriels. — OEil : Diplopie monoculaire à droile et à gauche; la malade voit double e{ quelquefois triple; lorsqu'on lui présente un objet, elle saisit l'image fausse pour la vraie. Pas de dysechromatopsie. Odorat, goût el ouïe intacts.

Troubles sensilifs. — Diminution de la sensibilité cutanée et musculaire el de celles des muqueuses conjonctivale, nasale, labiale. Zones d'hyperesthésie sas el sous-mammaires, épigastrique, ovariennes. Pas de zone hystérogène.

Troubles réflexes. — Cornéen très atténué. Pharyngien abdominal el plantaire conservés. Rotulien très exagéré des deux côlés.

Troubles psychiques. — Hallucinations nocturnes visuelles (hommes qui voulaient l'assassiner). Un peu d'amnésie antérograde.

24 janvier. — Crise observée à 8 heures du soir. Comme les précédentes, elle à été précédée de troubles de la parole ayant débuté à midi; la malade pouvait parler, mais il était impossible de compren-

ri

dre les quelques mots qu'elle parvenait à articuler. Lorsqu'elle fut revenue à elle, apres la c'ise, elle présentait les mêmes troubles d’arliculation des mois, ‘qui ont duré quinze jours. Durant le même temps el Loujours comme dans les précédentes crises, il y'avait paralysie du membre supérieur droit, paralysie flasque et complète ; la malade avail perdu le sens musculaire,

Page 1