‹ Contribution à l'étude de l'aponévrite plantaireChapitre 12 sur 26 · TRAITEMENT · texte numérisé non relu

TRAITEMENT

Ce que nous avons retenu des données étiologiques et pathogéniques de l'affection nous permet de concevoir, tout d’abord, un fraitement préventif, surtout valable pour les aponévrites consécutives aux fractures de jambe; ce traitement se bornera à réduire la fracture avec le moins de brusquerie et de brutalité possible, à appliquer un appareil d’immobilisation exactement adapté et non susceptible de gêner la circulation du membre ou de comprimer l'aponévrose plantaire.

Malgré ces précautions l’aponévrite apparaît-elle ? Quel sera l'action curatrice ?

Dans un grand nombre de cas, un traitement médical suffira : le repos, pédiluves chauds, massages très doux, exercices bien gradués de mobilisation.

Mais, si les nodules persistent et surtout s'ils sont douloureux, on les extirpera largement. C'est la conduite tenue par M. le professeur Jaboulay pour le malade de l'observation I.

L'ablation suffit ordinairement pour faire disparaître tous les troubles fonctionnels et pour arrêter la marche de la maladie. Il n'en est pourtant pas toujours ainsi,

le puisque Ledderhose a vu une rétraction de l’aponévrose succéder à l'extirpation de plusieurs nodules plantaires douloureux.

Quand la rétraction proprement dite sera installée, avec les déformations et les troubles fonctionnels qu'elle comporte, l'intervention s’imposera.

Que sera-t-elle ? Le redressement forcé sous anesthésie, employé isolément, est une mesure inefficace, car 1l ne rompt pas l’aponévrose et ne la distend qu'insuffisamment. Par contre, l'aponévrotomie combinée au redressement forcé peut donner de bons résultats. C'est le procédé auquel a eu recours M. Nové-Josserand dans le cas déjà cité (voir obs. XX). Suivant les conseils de Kirmisson, la section se fera vers le milieu de la voûie plantaire, à égale distance entre le talon et les orteils; le ténotome est introduit de dedans en dehors sur le bord interne et vient sectionner l'aponévrose avant qu'elle ne se divise en ses bandelettes terminales, et alors qu'elle est séparée par une épaisse couche musculaire des vaisseaux et des nerfs sous-jacents.

Et ce malade est resté guéri depuis son opération, c'est-à-dire depuis cinq ans, amsi qu'il l’a écrit récemment à M. Chalier.

Auvray a pratiqué le premier à la plante du pied l'aponévrotomie; celte opération a l'avantage d'extirper la plus grande partie des tissus fibreux plantaires et d'éviter ainsi tout risque de récidive.

Auvray a fait une simple incision longitudinale, parallèle au bord interne du pied, et directement en rapport avec les parties malades. Par cette incision, 1l a disséqué

sur ses deux faces l’aponévrose épaissie et ses nodules, #

PR: 0: TU il l'a poursuivie jusqu à la racine du gros orteil, l'a seclionnée et l'a extirpée. Si plusieurs orteils sont frappés de rétraction, il conseille de pratiquer un ou deux petits lambeaux cutanés en forme de volets, permettant de poursuivre plus facilement les brides rétractées jusqu'à la racine des orteils.

Enfin, si l'attitude des orteils était absolument fixée en ankylose et rendait impossible la marche, on imiterait la conduite de Ledderhose, on pratiquerait une désarticulalion, opération quelque peu radicale, mais seule efficace.

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