‹ Contribution à l'étude de l'aponévrite plantaireChapitre 15 sur 26 · OBSERVATION V · texte numérisé non relu

OBSERVATION V

(M. A. CHALIER

François B..., 28 ans, manœuvre à Lyon.

Le 4 septembre 1908, il est renversé par un cycliste. Il se fait une fracture de la jambe gauche au tiers inférieur, compliquée de plaie. Amené immédiatement à l'Hôtel-Dieu, dans le service de M. Bérard, on lui fait un pansement provisoire.

Le lendemain, on constate une plaie, longue de 10 centimètres, par laquelle on aperçoit les extrémités osseuses du tibia fracturé. Sous anesthésie, on fait une désinfection soigneuse, et on met le membre en goutlière plâtrée, sans toucher aux extrémités osseuses. Le soir, température à 3895.

Le 14 septembre, deuxième pansement. Pas de suppuration. Dès lors, la température commence à baisser progressivement pour arriver peu à peu à la normale.

EIRE

Le 28 septembre, le plâtre étant trop lâche, on le refait, sans toucher au pansement.

Le 21 octobre, on enlève le plâtre ; pas de consolidation.

Le 30 octobre, la consolidation s’est réalisée aujourd’hui. On commence la mobilisation et le massage, Le malade essaye

peu à peu de marcher.

Le 5 décembre, il atuüre l’attention du côté de sa plante gauche, qui est douloureuse et qui est le siège de tiraillements pénibles. On sent, au voisinage du bord interne, à la plante, un nodule fibreux, gros comme un haricot, douloureux à la pression. L'extension forcée du pied tend la portion interne de l'aponévrose, qui apparaît manifestement rétractée et indurée.

Malgré lPapparition de ces symptômes, le malade part, sur sa demande, le 18 décembre 1908.

Le 17 septembre 1911, je revois le blessé, trois ans après sa fracture. Il raconte que la nodosité plantaire, qu'il présentait le 5 décembre 1908, à persisté au moins deux mois avec tous ses caractères, sauf cependant qu’elle est devenue de plus en plus indolente et a disparu un beau jour sans que le malade s’en aperçût. Elle ne l’a jamais fait beaucoup souffrir, jamais elle ne l’a empêché de marcher. Il n’a repris le travail qu’en avril 1909, mais seulement parce que sa jambe n'avait pas encore repris une force suffisante. Depuis, il n’a pas cessé de travailler et n’éprouve jamais de douleur dans son membre blessé. Il boite seulement un peu. Actuellement, le cal est de volume normal ; le fragment supérieur en V de la fracture fait toujours saillie sous la peau, au tiers inférieur de la jambe. Le raccourcissement est de 2 à 3 centimètres. Le pied n’est pas creux. Il persiste à la plante, au niveau même de l’ancien nodule, un éparssissement assez marqué, mais indolore, de l’aponévrose.

Page 1