‹ Contribution à l'étude de l'aponévrite plantaireChapitre 19 sur 26 · BEARD · texte numérisé non relu

BEARD

Homme de 38 ans, journalier. À 10 ans, fièvre paludéenne (forme lerce) guérie par la quinine. À 20 ans, fièvre typhoïde. Ni rhumatlisme, ni arthritisme.

Le 14 janvier 1900, étant ivre, chute du haut d’une batteuse (1 m. 30 environ) sur un banc de bois. Fracture de la jambe droite. Le malade ne peut préciser si la fracture a été occasionnée par le choc direct ou par une chute sur les pieds.

Quatre jours après, le membre malade est mis dans un appareil : gouttière en fer et ouate. Ni réduction préalable de la fracture, ni contention effective.

Au bout de soixante-cinq jours, premières tentatives de marche. OEdèmes au pied et de la jambe, qui réapparaissent depuis, après la fatigue. La marche est assez aisée au début, mais douloureuse après quelques kilomètres. Le malade vient à l'hôpital, à cause de cette difficulté de la marche prolongée; il boite.

A l’examen local, on constate, à quatre travers de doigt de l'articulation Ubio-arsienne, une cicatrice osseuse exubérante de fracture de jambe. Cette fracture paraît avoir été en V. À la partie interne de la jambe, on sent la pointe du fragment supérieur ; le fragment inférieur passe en arrière et au-dessus du fragment supérieur. Cependant le pied est peu dévié et la jambe est solide. Raccourcissement de 3 centimètres. Atrophie du triceps sural et du mollet.

A la plante du pied droit, en faisant relever le pied à angle droit sur la jambe, on constate que la voûte plantaire est effacée dans sa portion interne et moyenne et remplacée par deux petites tumeurs arrondies, plates, séparées par un sil-

(1) Béarn», loc, cit.,/p. 47.

ITA lon. Ces tumeurs sont des dimensions d’une pièce de 50 centimes environ. Au palper, la peau est mobile sur elles. Elles sont dures, fibreuses, indolores, et apparaissent comme des nodosités surajoutées, incluses dans une bride fibreuse, qui s'étend de la tête du premier métatarsien, un peu obliquement en arrière vers le talon. Une troisième nodosité, de la orosseur d’un pois, qui ne traduit pas sa présence par une déformation de la plante, se sent à la partie antérieure de la bride. Quand on met le gros orteil en extension, la bride et les nodules se tendent au maximum. Cependant, ils dépendent de l’aponévrose et non du tendon même.

Déformation des orteils : le 2 constitue un orteil en marteau ; le 5° est fléchi et renversé sous le 4°.

Le malade, ne se plaignant pas de sa rétraction plantaire, ni spontanément ni au palper, est traité par des massages et des bains. Après quelques jours, il quitte l’hôpital.

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