‹ Contribution à l'étude de l'aponévrite plantaireChapitre 20 sur 26 · OBSERVATION X · texte numérisé non relu

OBSERVATION X

(Horra. Centrallatt fur Chirurgie. Année 1898, page 166).

Fri AOJERKEM O0 PnS eNérranetorne

Affecthion pulmonaire aiguë à 15 ans.

Depuis cinq ans, sans avoir d’ailleurs éprouvé d'affection sérieuse, le sujet a ressenti des douleurs, lancinantes, au creux plantaire, douleurs de plus en plus longues et de plus en plus fortes, s'étendant même au tendon d'Achille et s’exagérant après la marche et les mouvements étendus. Les douleurs siègent aux deux pieds.

Depuis un an, il a remarqué de l’enflure au niveau de la région douloureuse. Traitement par des bains variés et des fictions. Pas de résultats : le malade ressentait de la fatigue jusque dans la hanche et même jusque dans l'épaule.

A l'examen, on ne remarque pas de modification de forme : les pieds sont bien conformés, on retrouve les saillies musculaires normales. Sur les deux pieds, à la hauteur du tuber-

cule calcanéen, à la partie interne du pied, on voit un sillon allant un peu de dehors en dedans, qui dessine le bord interne du fascia plantaire.

À la palpation, on sent que l’aponévrose est épaissie tout entière ; le toucher est douloureux et provoque même des cris. On note également de la douleur à la partie la plus interne du tendon d'Achille, et de la malléole tibiale.

Pendant plusieurs semaines massages et mise au repos des pieds dans des bottines spéciales qui protegent la plante contre la pression trop forte.

Ce traitement améliore un peu l’état du malade, mais la disparition des symptômes est incomplète. Aussi décide-t-on l’extirpation. -

Le 5 novembre, opération : aux deux pieds, incision longeant tout le bord interne du fascia plantaire ; on extirpe le fascia sur une longueur de 3 à 4 centimètres. Suture. Guérison par première intention.

Par la suite, les douleurs ont complètement disparu.

L’aponévrose excisée est très épaissie, elle mesure 3/4 de centimètre d'épaisseur en son milieu : c’est une formation dense, très dure, criant à la section.

Très intéressant est l'examen Métoenque pratiqué par M. le docteur Borst, privatdocent.

La masse principale du tissu montre des vaisseaux sanguIns aux parois épaissies, plus ou moins enchevêtrés, mais cependant cheminant dans le même sens général ; autour d’eux se voient des cellules conjonctives abondantes disposées parallèlement à eux ; dans tout le tissu les noyaux cellulaires sont très serrés et disposés suivant des files parallèles.

Dans ces amas cellulaires se disposent des noyaux de tissu cartilagineux, en forme de boutons, de nodules, dans lesquels on voit de très nombreux noyaux avec de très gros nucléoles, le protoplasma s'étant condensé en masses capsulaires tout autour. La substance intercellulaire est très augmentée et contient de nombreux vaisseaux, de sorte que l’apparence générale est celle d’un cartilage vascularisé.

Page 1