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tent là, les lésions ne s'accentuent pas davantage, mais, après une période stationnaire plus ou moins longue, les nodules fondent pour ainsi dire, les douleurs s’atténuent, la marche redevient aisée et tout symptôme d'inflammaon disparaît. Cela se produit normalement après deux ou quatre mois. Cependant, chez un de ses malades, trois ans après le début d'une aponévrite plantaire, Chalier a observé la persistance d'un épaississement très net de l’aponévrose à son bord interne, au niveau même de l'ancien nodule (obs. V).
Dans tous les cas de fractures de jambe observés par Chalier, les lésions se sont bornées à de l’aponévrite sans aboutir à la rétraction de l’aponévrose plantaire avec pied creux. Mais Ledderhose a observé cette rétraction chez un de ses malades au point que celui-ci ne pouvait étendre les orteils, et cependant, fait remarquable, les lésions arrivées à ce degré d'intensité régressèrent peu à peu, si bien qu'au bout d'un an, Ledderhose ne pouvait plus trouver qu'un peu de tension et d'induration anormales du bord aponévrotique interne (obs. VIT). Nous ferons remarquer, à ce propos, qu'un tel fait semble corroborer pleinement l'hypothèse que nous avons émise plus haut touchant la pathogénie des nodules fibreux et de la rétraction dans l’aponévrite : la disparition progressive de la rétraction et des nodules semble, en effet, indiquer leur nature inflammatoire et non cicatricielle. En tout cas, larégression se manifestant à un stade aussi avancé est très rare et 1l serait imprudent d'escompter habituellement un pareil résultat.
La lésion peut, en effet, ne pas se borner à la produclion nodules inflammatoires et l'on voit alors s'installer
des déformations plus ou moins marquées, plus ou moins définitives. L'aponévrose, exagérant sa tension, se rétracte, ses fibres se condensent en un certain nombre de cordelettes rigides, tendues du calcanéum aux têtes métatarsiennes. La voûte plantaire, diminuant de largeur, exagère sa concavité et détermine un pied creux. Comme la lésion est surtout marquée au bord interne, le pied se dévie en varus. Les orteils, surtout le premier, se fléchissent, et à mesure que la lésion vieillit, leur redressement devient de plus en plus difficile. La flexion se fixe au niveau des deux articulations phalango-phalangienne et métatarso-phalangienne, qui présentent toutes deux parfois un peu de subluxation (Auvray, Chalier). Cette hyperflexion des orteils est parfois telle, qu'on doit les amputer pour permettre la marche (Ledderhose).
Quand l'affection atteint ce degré, il est rare que l'aponévrose soit seule atteinte. On observe de l’arthrite chronique des petites articulations des derniers segments du : membre du côté interne surtout, on constate de l'épaississement de la peau, de l'adhérence de celle-ci à l'aponévrose: des plis cutanés, irréguliers, transversaux, se creusent, attirés vers la surface tendineuse par des tractus fibreux épaissis: la tension plantaire en accroît encore, et l'aponévrotomie ne suffit plus au redressement des orteils, il faut encore, comme dans le cas de Nové- Josserand et Chalier, sectionner complètement la peau et maintenir le pied redressé dans une bottine plâtrée.
L'état des muscles et des tendons ne semble pas ‘n- Îluer sur la rétraction et la formation du pied creux. Dans son observation, Hoffa note cependant de la douleur dans la partie interne du tendon d'Achille.