TRAITEMENT CHIRURGICAL
Il comprend :
1° La césarienne vaginale ; 2° La césarienne abdominaie suivie ou non d’hystérectomie.
Voie vaginale
La césarienne vaginale a été pratiquée trois fois avec les résultats. suivants :
Mort de la femme, 3 fois ;
Mort de l'enfant, 2 fois (sort du 3° indéterminé).
Deux femmes moururent d'hémorragie post-partum, malgré l'hystérectomie.
Voie abdominale
La césarienne abdominale conservatrice fut pratiquée 20 fois avec les résultats suivants : |
Mort de la femme, 4 fois.
Mort de l'enfant, 14 fois.
La césarienne abdominale suivie d'hystérectomie pratiquée 22 fois eut les résultats suivants : |
Mort de la mère, 16 fois (sort d'une femme indéterminé).
Mort de l'enfant, 20 fois {sort de 2 enfants indéterminé).
L'hystérectomie sans césarienne préalable, pratiquée 5 fois, donna :
Mort de la mère, 3 fois.
Mort de l'enfant, 4 fois (sort d'un enfant indéterminé).
Ces données nous permettent de conclure qu’au cours de l’'apoplexie utéro-placentaire :
1° La césarienne vaginale nous paraît devoir être rejetée, car elle ne permet pas de reconnaître les lésions du muscle et laisse la possibilité d'hémorragies graves du post-partum, qu'il faudrait traiter par une hystéréctomie secondaire ;
9% La voie abdominale doit toujours êlre choisie, mais ici, une question essenbelle se pose :
La césarienne abdominale étant pratiquée, doit-on conserver l'utérus ?
La césarienne simple a donné une mortalité de 20 %, l’hystérectomie précédée ou non de césarienne, une mortalité de 50 %. Mais ces chiffres n’ont pas une valeur absolue, car l'hystérectomie a été pratiquée dans des cas plus graves, soit après constatations des lésions étendues du muscle, soit. A pour. inertie incohercible.
Il est évidemment des cas ou après la césarienne, l'utérus, dont les parois sont peu atteintes, revient bien sur lui-même. 11 est logique de le conserver.
Dans d'autres cas, sans doute les plus nombreux, l'utérus profondément lésé est dans un état d'inertie absolue. Il est nécessaire de l'enlever. ;
Notre conclusion est donc la suivante :
Le traitement de l’apoplexie utéro-placentaire est uniquement chirurgical. La césarienne abdominale est l'intervention de choix, avec cette réserve qu'on ne doit conserver l'utérus que dans le cas où les lésions anatomiques sont minimes et où l'utérus, après évacuation, se rétracte et se contracte normalement.
Ces conclusions concordent avec les conclusions de la plupart des accoucheurs qui se sont occupé de la question.
. Déjà à l’époque où il n'était pas encore question d'apoplexie éd Pindication du traitement chirurgical pour les Cas graves d'hémorragie rétro-placentaire avait été posée par
Or
M. Pinard (1898) et réalisée en particulier par MM. Ribemont- Dessaignes, Bar et son élève Lequeux.
Levy-Solal, dans sa thèse (1911), concluait : Le traitement chirurgical est un traitement d'exception, qu'on doit réserver aux Cas dans lesquels l'état général étant immédiatement menaçant, la rupture des membranes n'ayant donné aucun résultat, l'état du col empêche de pratiquer l'extraction par les voies naturelles. L'opération césarienne abdominale, le plus | souvent suivie d'hystérectomie, paraît être l'opération de choix.
Nous voyons qu'il n'y a rien à changer à ces conclusions, si on observe que ces Cas graves sont précisément ceux dans lesquels il y a en général apoplexie utérine.
M. Bar, à la Société d'Obstétrique et de Gynécologie de Paris (1912), fixait les indications suivantes :
« Si le col n’est pas dilaté ou est mal dilatable, je préfère volontiers la voie haute, ne faisant l'opération Césarienne classique que si l’état général est bon, les risques d'infection écartés, les suffusions sanguines de la paroi musculaire nulles ou peu marquées. Dans le cas contraire, j'estime l'exérèse du corps utérin indiquée. |
« Je réserverais la césarienne vaginale, à quelques cas limités où il faut aller vite, où l'état de la femme exigerait, si on adoptait la voie heute, l’ablation du corps utérin et où cependant on hésite devant cette extrémité. »
Essen-Môller, Williams, G. Ley, Shaw, etc.…., aboutissent aux mêmes conclusions, mais cependant préfèrent la césarienne conservatrice à l’hystérectomie systématique qu'ils réservent aux cas dans lesquels l’atonie du muscie utérin est incoercible.