‹ Contribution à l'Étude de l'Appendicite aiguë au cours de la Gestation (Travail de la Clinique Obstétricale)Chapitre 22 sur 63 · PRONOSTIC · texte numérisé non relu

PRONOSTIC

Pronostic maternel

Selon l’opinion classique la gestation aggrave le pronostic de l’'appendicite. Ce fut là l’opinion de DiEULAFOY et de PINARD, toujours confirmée par les n«mbreuses publications parues depuis bientôt quarante ans.

La gravité de lappendicite au cours de la puerpéralité s'explique par deux ordres de faits, les uns cliniques, les autres évolutifs

L'étude de Ja symptomatologie et du diagnostic nous ont en effet montré que, bien souvent, cette affection reste méconnue ou n’est décelée que tardivement.

D'autre part, le développement de l'utérus entraîne des modifications anatomiques qui ne peuvent qu’avoir un rôle fâcheux sur l’évolution des lésions.

L'élévation du cæcum et de l'appendice permet une plus facile extension de l’inflammation à toute la séreuse parce que « lappendice, au lieu d’être un organe juxta-pariétal, facilement séquestré par les adhérences, devient un viscère perdu au milieu des anses intestinales auxquelles il peut aisément propager ses infections ». (J.-B.

PTAEE

Murpay). De même, le grand épiploon, refoulé vers le haut, ne joue plus son rôle protecteur et limitatif.

Mais, le principal facteur d’aggravation provient surtout des effets traumatiques du travail et des suites de couches qui, par les contractions et l’involution utérine, stimulent l'infection et permettent sa plus grande extension en détruisant les barrages protecteurs.

Ces faits trouvent leur confirmation dans de nombreuses statistiques publiées aussi bien en France qu’à l’étranger

PixarD a observé 59 à 60 % de mortalité ma ternelle.

D’après PENARD, la mortalité est de :

17,8 % pour les grossesses de 1 à 5 mois ; 38,2 % pour les grossesses de 5 à 9 mois ;

53,3 % pendant le travail ou les suites de couches immédiates.

Plus récemment, PETrIr ef PRINCETEAU ont signa- ÈS

10 % de décès pour les grossesses au début.

90 % de décès pour les grossesses avancées.

La gravité accrue des derniers mois est due au plus grand nombre de péritonites :

Sur 204 cas d’appendicite de la grossesse, JER- LOV a trouvé 49 cas de péritonite diffuse.

Il est cependant des statistiques plus rassurantes qui prouvent la valeur incontestable d’un traitement chirurgical convenablement institué :

BoH1ER ne signale qu’un décès sur 50 cas opérés.

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JERLOV relève 9,5 % de morts sur 203 cas opérés.

Mais l’action curative de l'intervention est essentiellement fonction de sa précocité

PErTir et PRINCETEAU trouvent, en effet, une mortalité de

6 % dans les 48 heures ;

30 % le troisième jour ;

75 % le quatrième jour ;

90 % plus tard.

Le pronostic maternel demeure donc d’une extrême gravité, surtout quand la crise apparaît au cours de grossesses avancées et les chances de

guérison dépendent essentiellement de la précocité de l'intervention.

Pronostic fœtal

L'apparition d’une crise appendiculaire chez la femme enceinte peut, dans bien des cas, interrompre la grossesse et compromettre la vie de l’enfant.

La mort du fœtus résulte soit de l’interruption précoce de la gestation alors qu’il n’est pas viable, soit de son intoxication.

Le taux de la mortalité infantile dépend donc de deux facteurs :

La fréquence de l'avortement liée à la gravité de l'infection ;

La rapidité d'apparition et d'évolution du travail, puisqu’un enfant viable n’a d'autant plus de

chances d’échapper à l'infection que laccouchement débute et évolue plus précocement,

A i'époque où lappendicite ne bénéficiait pas d’un traitement rationnel l'avenir du produit de conception était particulièrement sombre et l’on a pu rapporter jusqu’à 85 % de mortalité (ABRA- JIAMS).

Pas la suite, quelques auteurs ont observé des pourcentages moins importants d'interruption de la gestation

56,25 % d’après BOuE ; et

62 % selon STAEHLER.

De nos jours, la mortalité s’est encore amoindrie (33 % d’après HEINECK) ; mais elle paraît au moins égale à la mortalité maternelle.

Un plus grand nombre d'interventions précoces ou prophylactiques ne pourront que favoriser la conservalion de la grossesse et sauvegarder ainsi la vie de l'enfant.

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