‹ Contribution à l'étude de l'appendicite aiguë: Compliquant l'état puerpéralChapitre 17 sur 25 · OBSERVATION IV · texte numérisé non relu

OBSERVATION IV

Cotte et Gonnet, in Société d'Obstétrique et de Gynécologie

de Lyon, séance du 3 juin 1929.

Femme de 23 ans. I-pare. Dernières règles le 13 octobre 1928. La grossesse a évolué normalement jusqu'ici. Le 19 mai, lassitude et malaises généraux ; le 50 mai, douleur abdominale au niveau de la fosse iliaque droite sans vomissements. Le 21 mai, les douleurs ont un caractère expulsif, ce qui fait croire au médecin traitant que la malade va accoucher. Le 22 mai, les douleurs se généralisent à tout l'abdomen. Le 23 mai il y a des signes indiscutables de péritonite généralisée avec température à 3608, vomissements porracés, ventre tendu et météorisé.

Nous ne voyons la malade que le 24 mai au matin. De toute nécessité il faut l’'opérer. On hésite seulement pour savoir s’il n’y aurait pas lieu de vider au préalable l'utérus, car il semble, a priori, que eelui-ci gênera certainement beaucoup pour la recherche de l'appendice. En fin de compte, après rachi-anesthésie, on fait une incision de Mac

Burney très latérale. A l’ouverture du péritoine, il s'écoule

MP toA un liquide séro-purulent, mais il est impossible de voir le cæcum et l’appendice. On met temporairement des mèches dans la plaie et on évacue l’utérus. En 6 minutes environ, la dilatation est complète. Refoulement de la tête. On saisit un membre inférieur, puis l’autre, et on fait saus difficulté l'extraction d'un enfant de 1.650 gr. qui naît étonné mais qui crie rapidement. Il n'y a aucune déchirure du col, ni du périnée. Délivrance artificielle. Ceci fait, par une laparotomie médiane, on explore l'abdomen. Il s’agit d’une péritorite appendiculaire. L’appendice abcédé à sa partie moyenne est perforé. Après assèchement du péritoine, on enlève l’appendice. Fermeture de l’incision médiane. Par l'incision de Mac Burney on attire le fond du cæcum dans lequel on glisse une sonde de Nélaton par le moignon appendiculaire. Tamponnement du foyer appendiculaire avec trois mèches.

Suites simples. Guérison.

OBSERVATION V (résumée).

Peralta Ramos et R. Bello, in Boletin de la Sociedad de obstetrica y gynecologia, t. VIII, 14 novembre 1930.

Femme de 23 ans. Primipare. Arrive avec les symptômes cliniques d’une péritonite appendiculaire généralisée, au sixième mois de la grossesse. Après rachi-anesthésie, on pratique la dilatation suivant la technique de Delmas et on termine avec le ballon de Champetier. On procède ensuite à la laparotomie et à l'appendicectomie, après quoi on extrait

l'enfant au forceps.

ne as)

La première de ces observations surtout nous montre bien l'utilité du procédé de Delmas dans les cas graves d’appendicite. La rachi-anesthésie a le gros avantage de permettre la dilatation rapide du col et l’extraction non moins rapide du fœtus, en même temps que l’incision iliaque.

Il ne faudrait cependant pas être trop optimiste et considérer ce procédé comme inoffensif. En effet, on ne doit pas oublier que la rachi-anesthésie, la dilatation manuelle et la version par manœuvres internes peuvent constituer pour la parturiente 3 sources d'accidents possibles. Aussi ne devra-t-on pas l’employer toujours, mais seulement quand on y sera obligé, soit pour extraire l’appendice et drainer de facon suffisante, soit pour mettre le fœtus à l’abri de l'intoxication qui peut lui être fatale.

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