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CHAPITRE III

De la résection du coude dars le cas de luxation ancienne.

Les traitements, employés jusqu'alors contre les luxations anciennes du coude, ne satisfaisant pas le goût des amateurs de restauration fonctionnelle, ceux-ci eurent vite fait de songer à la résection. Quand la résection fut devenue une opération sans danger (au coude) avec la méthode antiseptique, et que la découverte, faite par Ollier, de la résection sous-périostée permit de s'attaquer aux os, aussi largement qu’il fut nécessaire, on put espérer rendre à un infirme une articulation parfaite, aussi forte et aussi mobile que la première. En effet, sauf dans les cas où la résection à porté, chez l'enfant, sur une partie du cartilage épiphysaire (dans ce cas la croissance est arrêtée ou ralentie), le périoste conservé régénère parfaitement l'os enlevé. L'activité de la prolifération est même augmentée au point que l’on peut craindre la formation d’une ankylose, quand la résection est trop parcimonieuse. Ainsi Ollier eut un cas chez un adolescent, où l’ankylose eut lieu, et qu’il fut obligé de réséquer de nouveau huit mois après. Les extrémités osseuses alors se régénèrent, en reprenant, à peu de chose près, la forme primitive. Si quelquelois un condyle est un peu plus saillant que l’autre, la déviation de l’avant-bras, qui en résulte, soit en dedans, soit plus souvent en dehors, n’a que peu d'influence sur les mouve-

ments obtenus.

La résection à l'avantage de s'appliquer à tous les cas qui, jusquelà, n'avaient bénéficié d'aucune amélioration, d'aucune méthode nouvelle, à ces cas où les surfaces articulaires sont trop déformées pour pouvoir reprendre leur usage, où les cartilages sont détruits, les formations fibreuses inextricables et solidement adhérentes, les ossifications nombreuses; surtout là où il y a des complications, telles que fractures condyliennes ou parcellaires.

La résection avait déjà été pratiquée pour luxation ancienne du coude par Textor, en 1823, par Emmert en 1847, Fergusson en 1853 et Syme en 1855 (1); mais les connaissances chirurgicales de cette époque ne permettaient pas d'obtenir de meilleur résultat qu’une ankylose à angle droit ou peut-être à angle aigu.

La résection actuelle, telle qu’elle a été créée par Ollier, reformant une articulation nouvelle, rend au membre, non seulement sa mobilité, mais encore sa motilité et sa puissance, en épargnant les attaches musculaires qui lui donnent le mouvement. Aussi elle à été pratiquée un certain nombre de fois, et avec d'excellents succès, par les chirurgiens contemporains. Ollier, dans son Trailé des résections, en rapporte trois observations personnelles, plus une de Fochier, de Lyon. Celui-ci en a consigné cinq autres dans la thèse d’un de ses élèves (2). Au congrès de chirurgie de Paris, en 1886, Bæœckel et Mollière (de Lyon), en ont communiqué, le premier quatre observations, le second, dix. Cette dernière série surtout, comme on le verra plus loin, a été vraiment excellente. Enfin, Maydl, chirurgien viennois, à ce même congrès, déclara l’avoir faite trois fois, mais ses cas étaient tous compliqués de fractures.

Nous donnons ici un résumé de ces observations, avec leurs

résultats.

(1) Cités par : PAINETVIN, T'hèse de Paris (1865). (2) MARANGOS, Thèse de Lion (1883).

Cas rapportés par Ollier.

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