‹ Contribution a l'etude de l'arthrectomieChapitre 4 sur 12 · HISTORIQUE · texte numérisé non relu

HISTORIQUE

Faire l'historique de l’arthrectomie, c’est prendre dès sa naissance le traitement opératoire des tumeurs blanches. C’est à la cure de ces affections que l’arthrectomie fut tout d’abord et exclusivement réservée; c’est dès que les interveniions se muliiplièrent, à la faveur de la méthode aniiseptique, que des tentatives se firent jour pour guérir les tuberculoses articulaires à l’aide d'opérations parcimonieuses et économiques.

C’est à cette tendance qu'obéissait LÉriÉVANT lorsqu'il décrivit au Congrès d'Amsterdam de 1879, l’arthroxésis, procédé d’asthrotomie avec grattage de la synoviale ; il recommandait d'attaquer par de larges incisions les fongosités de la synoviale et de les détruire radicalement, pour, en définitive, « enlever le mal, rien que le mal, et respecier ce qui est sain, tout ce qui est sain » Malheureusement, ceitè invention excellente était servie par une pratique des plus imparfaites, et pendant de nombreuses années, Létiévant ne

trouva pas d’imitateurs en France.

C’est en Allemagne-que l’arthrectomie telle que nous la comprenons fut pratiquée d’abord, sous l’impulsion de VorxManx, qui, frappé des inconvénients de la chirurgie trop radicale, telle qu’il l’avait comprise jusqu'alors, s’adressa pour le traitement des’ tumeurs blanches à la thérapeutique conservatrice. |

En 1872, déjà, Max SCHEDE avait ouvert une articulation de la hanche atteinte de coxalgie avec fistule, vidant par le curettage l’articulation de ses fongosités ; il fit le drainage et le traitement antiseptique, et put guérir son malade.

C’est la même année que VoLKkMANN, pour la première fois, proposait le nettoyage des trajets fistuleux à l’aide de la curette tranchante, et le râclage des fongosités articulaires. : |

Mais il ne s’en tenait pas là, et en 1877, il proposait d’enlever la synoviale malade, sans toucher au squedette; c'était l’idée première de l’arthrectomie quil devait exécuter quelques années plus tard.

En 1884, en effet, dans des communications au Congrès de Conpenhague, et au XIII Congrès allemand de chirurgie, Volkmann décrivait l’arthrectomie et en donnait la définition que nous avons citée: « Destruction intégrale de toutes les parties molles de l’articulation, ligaments et synoviale, à l'exclusion des os. » Et il ajoutait: « Quand les cartilages seront atteints, on en fera l’abrasion à l’aide de la curette tranchante. »

Sous l’impulsion de Volkmann, les tentatives d'arthrectomie deviennent dès lors nombreuses en Alle:

mägne, et font l’objet de communications fréquentes,

dé Kœnre, de Perersen, de BruNS, de SENDLER, d'An- GERER, eic.

En Angleterre, Lisrer avait, dès 1867, ouvert une ostéo-arthrite suppurée. ê

En 1879, paraît le premier cas d’arthrectomie du genou, publié par MARSHALL.

En 1885, WRicar en rapporte quinze cas, suivis de résultats variables.

BRYANT dit, à propos de l’arthrectomie : « La simple ablation du foyer nécrosé suffira à produire la gué- ‘ rison des malades que beaucoup de chirurgiens auraient réséqués ou même amputés. »

En France, l’arthrectomie a plus de. peine à se faire adopter.

En 1882, à la Société de chirurgie, le professeur LANNELONGUE recommande de faire, dès l’apparition du pus ou des fongosités articulaires, le sacrifice plus ou moins complet de la synoviale, avec curettage, évidement des os, et mème résection partielle suivant l’étendue du mal. |

En 1888, au congrès pour l’étude de la tuberculose, VERNEUIL condamne les résections chez les enfants, et préconise les méthodes conservatrices à outrance.

En 1888 encore, OLLIER, peu partisan chez les adultes des OPÉRATIONS ÉCONOMIQUES qu'il accuse de favoriser la généralisation de la tuberculose, recommande pourtant, chez l'enfant, l’arthrectomie, ou, comme il l’appelle, la synovectomie. |

Mais l'opération ne fut vraiment discutée que lorsque

lé professeur DELoRME vint, en cette même année 1888,

communiquer à la Société de chirurgie, les résultats que lui avaient fournis quatre arthrectomies. Sur ces quatre opérés, deux avaient guéri complètement avec ankylose, deux avaient conservé une fistule.

Ces résullats étaient trop médiocres, la technique trop variable et trop imprécisée pour entraîner la conviction. Aussi, dans la discussion qui suivit, la Société de chirurgie se montra-t-elle sévère pour l’arthrectomie.

En novembre 1891, à la suite d’un rapport de H. Lu- CcAS-CHAMPIONNIÈRE sur la résection du genou, M. Ri- CHELOT vint défendre l’arthrectomie, « opération de mème ordre, mais dans laquelle on épargne les os ». IL présentait à l’appui de ses conclusions des observations très probantes. Cependant malgré son chaud plaidoyer, malgré les résultats excellents qu’il apportait, M. Richelot ne put entraîner à son opinion la majorité de ses collègues, et ses conclusions furent énergiquement combattues.

Cependant, l'opération se répandait et rencontrait de nombreux défenseurs. En 1891, Corpizror élève de M. Richelot, donnait avec les observations de son maître les indications et les résultats de l’arthrectomie appliquée au traitement des tumeurs blanches du genou.

En 1893, M. MaAUGLAIRE, dans une thèse parfaitement documentée, réunit tout ce qui a trait à l’opération et conclut à son adoption chez l’enfant, avec ou sans adjonction de la méthode sclérogène.

Depuis cette époque, l’arthrectomie, comme toutes les méthodes sanglantes, a perdu du terrain pour le traitement des tuberculoses articulaires infantiles.

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Cependant un certain nombre de chirurgiens s’en déclarent résolument partisans, et il suffit pour s’en convaincre de lire les travaux de M. H. MéÉnarp», de M. AzBEerTiN, et les thèses qu’il a inspirées à ses élèves : MM. CLAvEL (Th. Lyon, 1901), CouruRIER (Th. Lyon, 1902).

- Mais si les indications ont été restreintes chez l’enfant, l’arthrectomie à vu élargir son cadre dans le traitement des arthrites de l’adulte, et l’on a pu depuis quelques années l’appliquer aux arthrites blennorrha- (giques (Moresrin), ostéomyélitiques (SAVARIAUD), traumatiques (ALBERTIN), à la laxité articulaire (RicxeLot), à l’arthropathie tabétique (Müzrer), à l’arthrite sèche

(WINIWARTER).

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