‹ Contribution à l'étude de l'arthritismeChapitre 22 sur 25 · PA EL · texte numérisé non relu

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ble, lent. 50 pulsations à la minute. Je preseris une potion avec 2 grammes de teinture de muse; des frictions abdominales avec l’onguent napolitain. Pour combattre la constipation, je donne 5 centigrammes de calomel dans 1 gramme de sucre en poudre en six paquets, à prendre un paquet toutes les heures, jusqu’à ce que l'effet soit produit.

6 Mai. L’agitation a diminué. Il y a de la somnolence. Les muscles de la nuque, qui, hier matin et dans la nuit, étaient contracturés, se relâchent et se paralysent. Les pupilles sont dilatées.

Les vomissements ont une odeur fécaloïde, Il n’y a pas eu de selle.

Le thermomètre marque 40°7, bien que le pouls ne donne que 43 pulsations à la minute. Je fais appliquer un vésicatoire à la nuque.

7 Mai. La somnolence devient de plus en plus marquée. La température est à 4029, et le pouls ne bat que 35 fois. La paralysie augmente.

Le pronostic devenant très grave et pressé par l’entourage, je déclare, avec les plus grands ménagements, que la malade est atteinte de méningite rhumatismale, et que la catastrophe finale se produira dans quelques heures. Température 41°. Pouls 30.

8 Mai. Les sphincters se sont relâchés pendant la nuit, et l’on a dû changer la malade de lit. À mon arrivée, le coma s’est emparé de la malade, la respiration s’embarrasse de plus en plus. La mort a eu lieu à 11h. 1/2, par suite de l’asphyxie, au milieu de phénomènes convulsifs.

OBservarioN XII.

Pityriasis. — Catarrhe stomacal. — Vertiges.

15 Mai. État de doi

Thermomètre à 5 h. + 19°,à 12 + 15°, à 7 h. soir + 14°.

Baromètre A RPUTT D RESENNT QE — A

Temps moyen. Beau. Grand vent.

Jean M..., âgé de 47 ans, employé de commerce, me fait appeler le 15 mai, à 8 heures du soir, pour des vertiges. Je ne constate rien d’anormal du côté des poumons, du cœur, du foie et des reins. |

Les vertiges dont le malade se plaint apparaissent, en général, longtemps après les repas; l’ingestion des aliments semble les atténuer; ils s’accompagnent de digestions pénibles, de palpitations, d’une toux du gosier très fatigante. Le malade se plaint également de ressentir des fourmillements aux extrémités.

Les antécédents héréditaires ne fournissent que très peu d'éléments. Son père a 70 ans, et se porte bien; sa mère a 68 ans; elle se plaint souvent de maux d'estomac, toutefois sa grand’mère maternelle serait morte à 60 ans d’une maladie nerveuse.

Les maladies antérieures de Jean M. ont consisté, pour la plupart, en éruptions de la peau: dartres, furoncles et chute prématurée des cheveux.

La dentition a été toujours très mauvaise. Ces accidents se passaient de 15 à 20 ans.

Il a fait la campagne en 1870, dans l’armée du Rhin, et fut fait prisonnier à Bazeilles. Emmené en captivité à Mayence, il y contracta le typhus dont il ne guérit que deux

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mois et demi après. De 1872 à 1877, il constata que ses digestions se faisaient difficilement ; il vomissait souvent après dîner, surtout quand il prenait du café avec de l’eaude-vie. De 1877 à 1880, il ressentait dans la région abdominale une douleur qui s’exaspérait par la marche, au point de l’obliger à s’arrêter; au repos, il ne sentait rien.

À partir de 1882, cette douleur se présenta la nuit. À une heure du matin environ, il s'éveillait subitement, éprouvant une oppression à la poitrine, avec constriction au cou. Il consnlta un médecin qui lui prescrivit de fumer des cigarettes de belladone. Celles-ci lui calmèrent les palpitations du cœur.

En 1883, le mal augmentant, il se fit soigner par un autre praticien, qui lui ordonna le sirop de bromure de potassium d’'Henry Mure.

En 1885, il lui sembla que son estomac se gonflait, les nuits étaient très mauvaises. Il s’éveillait en proie au cauchemar; il était persuadé qu’on lui mettait la tête entière dans l’eau. Quelques instants après, il était couvert de sueurs froides. Il se levait, allait ouvrir la fenêtre et respirait à pleins poumons. Il contracta ainsi des rhumes fréquents qui l’empêchèrent de travailler pendant une grande partie du printemps et de l’été.

Il fut calmé, à cette époque, par le sirop de chloral. Pendant l'hiver de 1885 à 1886, il éprouva de grands ennuis par un malheur arrivé dans sa famille, et un certain soir, en descendant son escalier, sans lumière, il tomba et il resta quelque temps sans connaissance, ce qui lui causa une grande frayeur.

En février 1887, il ressentit une douleur vague qui sefixa ‘ peu à peu au coude, au poignet et aux articulations du pouce, de l'index et du médius; cette douleur se porta, un mois plus tard, à la région lombaire, puis aux deux genoux. C’est

NE alors qu’il me fit appeler pour la première fois, car la souffrance était telle, qu’il ne pouvait se lever.

Je prescrivis le salicylate de soude du Dr Clin; le régime lacté et l’enveloppement dans du coton en rame.

Le 1° mars, il reprit son travail. |

Le 17 avril, les troubles reparurent et comme il se plaignait de l’estomac, je portai mes investigations de ce côté et je constatai une gastralgie nerveuse.

Je lui défendis l'usage du tabac, du café et des liqueurs, et le contraignis au traitement lacté.

Le 25 avril, j’ajoutai à son régime la viande blanche, les légumes verts et l’eau bicarbonatée sodique et ferrugineuse du Boulou.

Le 1% mai, il reprenait ses occupations habituelles.

15 mai. Le malade, en arrivant comme de coutume à son bureau, à 8 heures du matin, ressentit une commotion. À 9 heures, la gêne continuant, il fit un tour de promenade et revint à sa place. Il sentit, en ce moment, des vertiges avec étourdissements : il se leva brusquement en étendant les bras, mais il faillit tomber. Il eut à peine le temps de s’accrocher des deux mains à la cheminée en marbre du bureau. On le ramena, à 11 heures, à sa maison.

Mandé en toute hâte, je trouvai le malade en proie à une grande terreur. La peau était froide, le pouls petit, la langue sèche et les membres animés d’un tremblement très perceptible.

Je le calmai de mon mieux, en lui disant que cela ne serait rien, tandis que je préparai une injection hypodermique d’éther. Dix minutes après que celle-ci fut faite, le calme s'établit et le malade manifesta le désir de se reposer.

Je revins à 2 heures. La peau était chaude, les yeux brillants. Le thermomètre donna 38°5 et le pouls 110 pulsations. Il ressentait une douleur sourde et continue à la tête.

Cette douleur sourde était localisée derrière l’occiput, dans le demi-cercle allant d’une oreille à l’autre et se propageait dans le cou. Il était très faible: il lui semblait que les nerfs allaient se détendre et que malgré sa volonté il ne pourrait les retenir. Il portait alors les mains sur cette région et frictionnait tellement fort cette partie du cuir chevelu, que celuici devenait insensible pendant un instant. Le moindre bruit lui causait des fourmillements et des picotements sur toute la surface du crâne.

Je prescrivis une potion antispasmodique et l’infusion de menthe poivrée, En outre, le malade prendra, toutes les quatre heures, une pilule de valérianate de quinine.

16 Mai. Jean M... a eu, à minuit, une nouvelle attaque, mais beaucoup moins forte que la précédente. Celle-ci a consisté en une douleur au cœur et à la jambe gauche, suivie d’un sentiment de froid. La température du matin 38°2, celle du soir 39°. Même traitement que la veille.

17 Mai. Pas d'attaque. Le malade a bien reposé. Sueurs profuses en se réveillant. J'ajoute au traitement un demilitre de lait, à prendre en quatre fois. Pas de fièvre.

18 Mai. Le malade est très faible. Je double la dose de lait et je remplace les pilules de valérianate de quinine par une décoction de quinquina.

20 Mai. L’appétit se manifestant de plus en plus, je fais battre deux œufs dans deux litres de lait, que le malade prendra dans la journée.

Décoction de quinquina. Une selle moulée. Pas de gargouillements. Température 37°5. Pouls 85.

23 Mai. Le malade se lève. Il est arrivé à la dose de 4 litres de laitet de six œufs dans la journée. Le mieux se continue.

28 Mai. Je remplace 2 litres de lait par deux côtelettes d'agneau. Vin blanc coupé avec l’eau du Boulou. Un petit

HOICINSE verre à Bordeaux de décoction de quinquina avant chaque repas.

8 Juin. J’envoie Jean M... faire une cure aux bains sulfureux d’Amélie-les-Bains.

25 Juin. J'ai appris que mon client, bien rétabli, avait repris ses occupations commerciales.

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