OBSERVATION X
(Même auteur.)
Arthrite fongueuse du coude.
M... (Marie), âgée de seize ans, est amenée à l’Hôtel-Dieu le 14 octobre 1879.
Début, il y a six mois. Au bout de trois mois, un abcès s’ouvrit à Ja partie postéro-externe et au niveau du cul-de-sac supérieur de la région olécrànienne. On constate aujourd’hui une tuméfaction localisée à la région du coude, une fluctuation incomplète, la pénétration du stylet dans l’articulation. Douleurs spontanées peu vives, mais plus marquées la nuit. Aucun mouvement n’est possible.
Arthroxesis. — Le 6 novembre. Les fongosités sont surtout accumulées autour de l'extrémité inférieure de l’humérus, où toutes les couches du car-
tilage diarthrodial manquent. L’humérus et le radius, fixés l’un sur l’autre, ont été successivement nettoyés et laissés avec caractères suivants: surfaces rugueuses à saillies très petites, séparées par dépressions profondes. La cavité olécrânienne a été complètement mise à nu et dépouillée de ses fongosités, elle ne communiquait pas avec la cavité coronoïdienne également inspectée.
Les fongosités latérales de l’apophyse coronoïde existaient en petite quantité, elles ont été abrasées. Condyle huméral dépourvu de son cartilage, débarrassé des granulations qui l’entourent. Du côté du radis, la cupule n’a plus de cartilage, le pourtour en présente seulement quelques traces facilement enlevées par la pince; le col de l’os est entouré de fongosilés qui distendent modérément le ligament annulaire, dont la face interne est abrasée ainsi que son cul-de-sac inférieur.
La surface profonde de la capsule, tout entière visitée, est laissée avec son aspect blanc fibreux habituel. Lavage phéniqué. Les surfaces articulaires, momentanément écartées, sont remises en place. Le soir de l’opération, 37°9.
Le 8 novembre. On fait le premier pansement, 385, et le soir 390, Il n’y a pas eu d’hémorragie, peu d’inflammation autour de la plaie qui paraît en bonne voie. Quelques douleurs pendant le pansement.
Le 10 novembre. Beaucoup de détritus se détachent, plus de douleurs. La tuméfaction diminue. Un mois plus tard on relève les drains.
Janvier 1880. La cicatrisation fait des progrès. Les moissuivants, la malade s’exerce aux divers mouvements de l’avant-bras. L’écoulement du pus devient si faible et nécessite de si rares pansements, que la malade demande son exeal au commencement de juin.