OBSERVATION XII
(Mme auteur.)
Arthrite suppurée. Coude droit.
B... (Louis), cultivateur, âgé de trente-quatre ans, est couché au n° 95 de la salle Saint-Louis (Hôtel-Dieu).
I prit part à la campagne 1870-74, et commença à ressentir de vives douleurs à cette époque. Rentré chez lui, il continua à souffrir pendant plusieurs années. En 1874, tout mouvement devint impossible. En 1877, il entra à l’Hôtel-Dieu, dans le service de M. Fochier. On appliqua quatre raies de feu, le coude placé dans la demi-flexion fut immobilisé dans un bandage silicaté, il sortit amélioré. Rentré chez lui, il voulut reprendre ses travaux, et la maladie reprit avec une intensité nouvelle.
Plusieurs abcès se sont formés, fistules nombreuses situées en avant, en arrière et sur les côtés. Coude volumineux, immobilisé dans la demi-flexion, tel est l’état qu’il présente à son entrée le 17 novembre 1879.
Le 9 janvier 1880. Arthroxesis. Les trajets fistuleux sont curés, les fongosités abrasées, mais elles sont peu nombreuses. A l'ouverture de l’articulation on trouve surtout les lésions de l’arthrite sèche: le radius a son extrémité supérieure élargie, rugueuse, dure; une apophyse saillante siégeait au-devant de la cupule, on en fait la section du côté de l’humérus séquestre, au niveau de la petite tête dont la surface inférieure est aplatie. A la partie antéro-
A La
interne, dépression cupuliforme paraissant résulter de l'issue d’un séquestre, et entourée de stalactites. Le séquestre est, en effet, en marche, et rencontré dans la fistule. Après curage complet, la luxation temporaire est réduite. La plaie est toujours traitée de la même façon que précédemment. Pansement de Lister. Pendant la nuit, douleurs. Le lendemain, on refait le pansement, le malade se plaignant qu’il est trop serré. La température est de 37°5. Nouveau pansement le lendemain; 37°4 le matin, le soir 39. On renouvelle chaque jour le pansement, le thermomètre marque 38° le matin, 3895 le soir. Rien d’anormal au niveau de la plaie.
A partir du 17, le thermomètre descend à 3795 et s’y maintient définitivement. Les douleurs deviennent beaucoup plus rares; la plaie a bon aspect, suppuration de bonne nature; après la disparition des drains, quelques semaines plus tard, on essaye les mouvements de flexion, extension, supination, pronation, ils sont limités mais s’exécutent. État longtemps stationnaire. Le malade est revu en juin: bon état général, plus de douleurs, mouvements communiqués assez étendus, suppuration sensiblement diminuée mais non encore tarie.