‹ Contribution a l'étude de l'arthroxesis ou abrasion intra-articulaire dans le traitement des arthrites fongueusesChapitre 8 sur 29 · CHAPITRE IT · texte numérisé non relu

CHAPITRE IT

Que dire des premiers essais de médication de la tumeur blanche? Livrée à l’empirisme, la thérapeutique ancienne a mis tout en œuvre pour tâcher de «résoudre lengorgement articulaire et combattre l’inflammation ». Nous ne rappellerons donc que pour mémoire l'emploi des larges vésicatoires, des révulsifs de toute sorte, des saignées locales, des applications de glace et des divers modes de compression des artères se rendant à l’article malade. Ces divers moyens enrayaient rarement le progrès lent mais continu du mal, et la temporisation dite armée a été abandonnée par la plupart des chirurgiens; c’est à peine si, au début de l'affection, on l’essaie quelque temps avant de recourir à une opération sanglante.

Nous allons successivement étudier les divers procédés employés avant l’arthroxesis pour le traitement de larthrite à la période de fongosités ; hâtons-nous de dire que le plus ancien ne remonte pas à une époque plus reculée que le xvi* siècle.

Redressement. — Ravaton, au siècle dernier, affirmait qu'il y avait avantage à mobiliser de bonne heure une articulation malade : «On triture ainsi la Synovie, disait-il. »

Cette opinion, peu goûtée à son époque, a été vite mise de côté. Combien en effet en sommes-nous éloignés aujourd'hui où nos eflorts de chaque instant sont d’immobiliser le mieux

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possible cet article impotent, après l'avoir redressé; c’est ainsi qu'on calme ces douleurs le plus souvent intolérables, qu’elles soient spontanées ou provoquées.

Connues il y a environ deux siècles, au temps de Scultet et J.-L. Petit, les méthodes de redressement, encore usitées de nos jours, sont au nombre de deux: redressement brusque et extension continue. Rust, Bonnet, Nélaton préconisent, au commencement de ce siècle, le redressement brusque. Malheureusement il se produit souvent, par ce moyen, de grandes complications; une réaction vive, au lieu du soulagement attendu, s'empare le plus souvent de cette articulation et les progrès du mal s’accroissent rapidement. L'extension continue ou méthode américaine, est préférable, en ce sens qu'il n’y à pas de réaction vive. Volkmann, Czerny, en Allemagne, Sauvage (1835), en France, recommandent cette méthode; enfin Monod, puis Bœckel (1872) vulgarisent ce traitement. L'une ou l’autre de ces deux méthodes ne peut s'appliquer qu’au début de la maladie, et elle est la plupart du temps suivie d’insuccès ; avec la compression ouatée ou la compression élastique (Cohn, 1877) par la bande d’Esmarck, on n'arrive pas à de meilleurs résultats.

Cautérisation. — Arrivée à la période fongueuse, l’arthrite bénéficie peu de ce traitement, la compression est impuissante et la cautérisation ponctuée (bien qu’'associée à l’immobilisation, qui est toujours de règle) a été attaquée par Terrier, qui montre son peu de valeur et son action pour ainsi dire indifférente sur la marche progressive de colonisation du microbe de Koch, qui à ce degré est caractérisé par un processus essentiellement rapide et envahissant.

L'ignipuncture de Richet semblait donner de meilleurs résultats ; ce mode opératoire consiste à introduire profondé-

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ment dans l'articulation et en divers points une lame fine d’un

cautère porté au rouge. Le but serait peut-être atteint si on.

pouvait détruire toutes les fongosités, mais par ce moyen on cherche seulement à produire une inflammation franche, à rendre les fongosités scléreuses, et à faire proliférer le tissu sain de manière à ce qu’il étouffe les productions morbides. Ce moyen, très infidèle, réussit rarement.

Plusieurs fois employée, et non d’une main timide, l’ignipuncture n’a donné que des résultats nuls ou mauvais; nous en avons été témoins à l'hôpital des Enfants, dans des cas où une opération sanglante n’était pas acceptée.

En 1884, parut un mémoire du D" Vincent de Lyon: De l’arthrotomie ignée et du chauffage articulaire... L'innovation de ce système consistait dans la réunion des moyens suivants : ouverture de l'articulation avec le thermo-cautère, chauffage et cautérisation de l'articulation et des fongosités, immobilisation combinée avec un pansement antiseptique 1odoformé.

Son procédé est simple, après avoir ouvert l’articulation au thermo-cautère, il fait des tranchées dans les fongosités, les dessèche à l’aide d’un gros cautère chauffé au charbon; et ces fongosités atteignent en peu de temps «une température suffisamment élevée, dit-il, pour que les bacilles soient frappés de mort. L’articulation tout entière se trouve bientôt portée à un degré de chaleur intolérable au doigt... » Il termine par un lavage phéniqué et un pansement 1odoformé avec immobilisation.

Ce procédé a évidemment un avantage énorme sur l’ignipuncture, c’est qu’on peut détruire toutes les fongosités comme avec l’abrasion à la curette.

Injections. — Les injections furent aussi employées dans la thérapeutique des arthrites.

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