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ÉTIOLOGIE ET PATHOGÉNIE
Au point de vue étiologique et pathogénique, les astasiques-abasiques peuvent être divisés en trois classes, cette distinction est justifiée par l’évolution, la clinique, le pronostic et le traitement.
PREMIER GROUPE. — Peureux. — Ce premier groupe renferme les peureux, ce sont les gens dont l’équilibre présente un léger vice rédhibitoire qui leur permettrait de marcher normalement, mais qui ont peur de se lancer à cause de cettè légère infériorité.
Les malades peureux se recrutent en particulier parmi les enfants à la convalescence de rhumatismes ; parmi les adultes atteints d’affections chroniques du système nerveux compromettant légèrement leur équilibre, mais incapables à elles seules d’entraver la marche et la station debout ; parmi les tabétiques au début ; les vieillards voyant des malades qui ne peuvent marcher, et ces cas sont fréquents dans les asiles et les services de chroniques où les hémiplégiques se suggestionnent. Il y a sur ces cas de belles observations de Widal et de Pelnar (voir Bibliographie).
Ce sont encore des personnes ayant des troubles de
l'oreille interne, comme l'enfant dont M. Bonnier (1) donne l’observation : «Peu après une surdité verbale, les parents de l'enfant observaient qu'il marchait comme un enfant qui commence, les jambes sont écartées, les pieds se posent plus brusquement qu’à l’état normal et avec bruit sur le sol ; ils se détachent de même assez brusquement par flexion exagérée de la cuisse sur le bassin comme dans le steppage par élévation rapide du talon mais il n’y a pas d’ataxie à proprement parler. Ces désordres sont encore plus manifestes dans la course, pendant lascension ou la descente d’un escalier.
«Sonlabyrinthe vestibulaire fonctionne et présente les réactions ordinaires des centres bulbaires de cet appareil, et de. même qu'il perçoit certains bruits et certains sons, de même il perçoit et reconnaît les mouvements auxquels on le soumet, mais il est devenu impuissant à utiliser ses notions vestibulaires d’attitude et de déplacement pour l’entendement de ses images d’équilibration. »
Cette astasie-abasie, parue après la surdité verbale, a disparu avant ellé et, comme elle, elle était aussi variable et probablement aussi susceptible d’injonction.
Tous les gens de cette espèce ont peur de se lancer, chez tous ces malades l'impossibilité de marcher et
de se lenir debout est sous la dépendance de l’idée
1. Bonnier. « Astasie-abasie labyrintique. » Reoue de Neurologie, 1903, p.359.
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de crainte, ils croient ne plus pouvoir marcher ni se tenir debout et voilà pourquoi leurs jambes fléchissent et ils tombent.
Nous allons reproduire ici une observation de M. le” professeur Chauffard, c’est l'observation d’un homme qui, à la suite d’arthropathies multiples surtout douloureuses au niveau des genoux et des pieds, survenues à la suite d’une blennorragie, ne peut ni se tenir debout ni marcher et présenta des phénomènes d’astasie-abasie ; chose curieuse et que l’on rencontre très fréquemment dans l’astasie-abasie, cet homme qui ne pouvail ni marcher ni se tenir debout pouvait coudre à la machine et pédaler à bicyclette.
OBSERVATION XIII (Résumée)
(Chauffard) (x)
C'est un homme âgé de trente et un ans; dans ses antécédants nous trouvons trois choses très importantes à si gnaler :
1° Convulsions dans son enfance :
20 Syphilis il y a neuf ans, soignée un mois par des frictions, nous voyons sur son bulletin l'apparition de plaques muqueuses, puis traitement à l’iodure de potassium, en somme traitement assez peu sérieux ;
3 Il y a quatre ans, blennorragie avec arthropaties multi
ples, surtout douloureuses au niveau des genoux et des pieds