PRONOSTIC, ÉVOLUTION ET TRAITEMENT
Dans ce travail notre pathogénie a été établie exclusivement d’après la clinique et en effet ces distinctions pathogéniques des divers groupes du syndrome astasique-abasique n’ont pas seulement un intérêt spéculatif, mais nous permettent dans une certaine mesure de pronostiquer l’évolution de la maladie, de juger de sa curabilité et de lui appliquer le traitement qui lui convient.
La forme pithiatique comme nous l’avons vu a une tendance spontanée à la guérison, mais certaines observations nous ont montré que ce rétablissement spontané assez rapide mettait des semaines, voire des mois à se produire (quinze mois dans une observation) ; aussi le médecin doit-il intervenir d’une façon active en pareille circonstance.
Le traitement employé consiste dans la suggestion psychique sous toutes ses formes : suggestion à l’état de veille, médicaments psychiques, persuasion sous ses divers modes, suggestion à l’état d’hypnose.
Tous ces traitements réusissent presque dans tous les cas.
Les peureux offrent peut-être une moindre prise à la suggestion hypnotique, mais chez eux la per-
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suasion arrive à jouer un grand rôle, et avec elle une méthode de choix semble consister dans la rééducation.
La rééducation agit en pareille circonstance par une double action, elle réapprend aux malades à marcher et diminue dans une cértaine mesure les
troubles rédhibitoires de l’équilibre ou de la marche
qui rendent le malade défiant de lui-même et même sans agir directement sur ce trouble, sans le modifier, elle peut rendre la confiance au malade par ce seul fait qu’il croit à la régression de ce trouble, du fait de la rééducation ; c’est-à-dire que la rééducation agit par elle-même et par persuasion.
Pour les sitaso-basophobiques, le pronostic est celui de toutes les phobies, c’est dire qu'ilest essentiellement sévère, cette phobie comme toutes les phobies peut s’atténuer et même disparaître par un traitement psychothérapique, isolement dans une maison de santé, rééducation morale; mais il arrive très fréquemment que dès que le malade est rendu à son milieu, à son entourage, les troubles staso-basophobiques reparaissent.
La staso-basophobie se développe sur le terrain du déséquilibre intellectuel, et nous savons quelle est la fécondité de ce terrain en troubles psychonévropathiques d'ordres divers. La staso-basophobie peut disparaître mais aussi être remplacée par une autre. phobie, obsession ou impulsion plus ou moins pénible.
L'une des manifestations guérie peut être rem-
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placée par une autre manifestation du même orûre.
Ce pronostic relativement réservé de la staso-basophobie s’oppose donc nettement à celui des deux premiers groupes d’astasie-abasie et justifie pleinement les divisions cliniques et pathogéniques adoptées dans ce travail.
Avant de tirer dece travail les conclusions qui en découlent, nous voulons donner encore deux observations inédites d’astasie-abasie, tirées d’un mémoire de MM. Dutil et Autocratow, mémoire qui n’a pas été publié et qui date de 1892.