‹ Contribution a l'étude de l'asthme essentiel envisagé surtout dans sa pathogénieChapitre 10 sur 22 · MARCHE, DURÉE, TERMINAISON, COMPLICATIONS · texte numérisé non relu

MARCHE, DURÉE, TERMINAISON, COMPLICATIONS

Nous avons déjà indiqué quelle était la marche de lasthme. Une série de crises nocturnes successives constituent une attaque, chaque crise formant l’accès. Dans l’in-

tervalle des crises, il y a plutôt appréhension que gêne respiratoire, mais il reste toujours un peu de bronchite.

On ne saurait indiquer avec paécision la durée d’une attaque d’asthme, pas plus qu’on ne pourrait le faire pour une crise ; tout dépend de l’état d’excitabilité du sujet, de la cause déterminante, et avant (out du début plus ou moins rapproché de l’éclosion de l'asthme. La terminaison d’une crise est indiquée par l’expecloration qui succède à une toux sèche, par l'émission d’urine claire et abondante. La fin de l'attaque se produit, après 15 jours au plus, par cessation des crises d’une manière aussi inopinée qu’agréable. Tous les auteurs ont insislé à juste titre sur la périodicité de l'asthme, sur la régularité avec laquelle se produisent, soit les attaques, soit les crises. Quand un sujet a une attaque, il arrive souvent que les accès reparaissent chaque jour, absolument à la même heure; non

pas, dit Trousseau, vers mivuit ou une heure par exem-

ple, mais à minuit dix où une heure dix. Cet auteur rapporte son prapre cas où, quand il était réveillé au cours de la nuit par une crise, il entendait invariablement sonner trois coups à la pendule.

Doit-on conclure des différents points que nous venons d'indiquer, que l'asthme est une maladie bénigne, une névrose tenant à un tempérament spécial et sillonnant simplement l’existence de certains individus au même titre que les douleurs articulaires, les migraines ou les hémorrhoïdes. Il en serait ainsi s’il n’y avait pas à craindre de grosses complications qui, elles, ne sont pas des troubles fonctionnels purement nerveux mais bien des troubles mécaniques laissant une trace indélébile et progressive dès qu’ils ont apparu. Ces complications sont la bronchite chronique et l'emphysème. L'attaque disparue, la bronchite guérit, avons-nous dit ; mais si les attaques reviennent trop souvent, si elles sont très longues, le catarrhe bronchique peut s’établir pour persister d’abord à un faible degré dans les périodes de calme, et aller ensuite en s’exagérant. Il arrive même assez fréquemment que la bronchite seule persiste quand l'asthme est totalement guéri et pour toujours. ;

Quant à l’emphysème personne n’ignore qu’il a dans l’asthme une de ses grandes causes. La dimension exagérée de toutes les alvéoles pulmonaires, pendant plusieurs heures, sous l'influence du spasme des muecles inspirateurs est des plus favorables pour détruire, tout au moins fatiguer la charpente élastique des cases pulmonaires. Or, la bronchite pulmonaire et l’emphysème ont à la longue un terrible effet sur le cœur; nous vou-

Loque Â

lons parler de la dilatation des cavités droites et de l’asystolie consécutive.

On a pu dire avec raison que tout le pronostic de asthme est dans l’état du cœur, car lorsqu'il tue c’est par cœur forcé.

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