ORORSRAREUNN TR EN TRIS COINS
Observation I, résumée d’après les notes prises dans le service et commu-
niquée par M. le professeur agrégé Demange.
Victoire P..., née à X. (Vosges), âgée de 58 ans ; sans profession.
Antécédents héréditaires. — Le père, âgé de 84 ans, ancien gardeforestier, est encore robuste; aucune diathèse, pas d’alcoolisme. La mère est morte à un âge avancé, à la suite d’une attaque d’apoplexie, et chose intéressante, elle aurait eu cinq frères et sœurs ayant succombé de la même manière. La sœur de Victoire, moins âgée qu’elle de cinq ans, est bien portante, de même que ses enfants, qui sont au nombre ‘de trois.
Début de la maladie. — Vict. s'est bien portée jusque l'âge de 20 ans; elle était forte et bien constituée, elle se livrait à tous les travaux de la campagne, et l’on ne remarquait chez elle rien de particulier. A 20 ans, elle tomba du haut d’un grenier sur ses talons; la secousse fut très violente, mais elle ne perdit pas connaissance, et immédiatement après, elle put marcher. Néanmoins, à partir de cette chute, tout fut changé chez Vict., et son caractère et son état de santé ; elle devint triste et maussade, pleurant à tout propos; puis survint de la faiblesse ; la malade ne pouvait plus porter de charges : elle se plaignait sans cesse de ses reins qui, disait-elle, ne pouvaient plus la soutenir ; la démarche devint chancelante et l’on remarquait qu’elle se cambrait en marchant; puis elle maigrissait considérablement, surtout au tronc et aux membres inférieurs ; il lui arrivait quelquefois de faire des chutes, et sa faiblesse devint telle qu'il lui était difficile de se relever. Aussi ne la laissait-on plus seule à la maison, de crainte qu’elle ne tombât dans le feu (1). Elle devint de plus en plus incapable de faire aucun ouvrage, et son père, l'ayant à charge, la fit placer à l’hospice St-Julien où elle entra en 1880. Jusqu'en novembre 1881, Vict. ne fut pas soumise à
(1) Je tiens ces renseignements de la bouche même du père.