‹ Contribution à l'étude de l'œdème dur traumatiqueChapitre 15 sur 19 · OEDÈME NERVEUX · texte numérisé non relu

OEDÈME NERVEUX

L'œdème nerveux s'observe dans les affections cérébrales, hémorrägie el ramollissement ; il peul alors être précoce survenant quelques jours après l'ictus ; il est vaso-moteur dans ce cas ; ou bien il survient tardivement et serait conséculif aux aliérations vasculaires.

Il est fréquent dans les maïadies de la moëlle, il existe dans les myélites aiguës, apparait dans le tabès, sur les membres atleints d’arthropathies. Dans la syringomyéhe, il prend part à la main succulente de Marie. L'ædème se développe encore dans les névrites à la suite des plaies et des conlusions des nerfs ; il se produit dans là névralgie du trijumeau, dans la sciatique. On le rencontre dans les maladies générales à perturbation vaso-motrice telies que le rhumatisme articulaire aigu el dans les intoxications, comme lintoxication oxy-carbonée, Dans les névroses, au cours de la maladie de Parkinson, dans la télanie, dans le goître exophlalmique. Il est surtout fréquent dans l'hystérie, où il a été décrit par Sydenham. On voit encore chez les nerveux, à la suite de troubles psychiques ou de traumatismes, en rapport avec les menstrualions ou la grossesse, un œdème dit par Quincke, œædème circonscrit de la peau.

L'œædème nerveux se présente avec des caractères variables.

Il est unilatéral ou bilaléral, et dans ce cas symétrique, oc-

— 928 — , cupe soil l'extrémité où le membre dans sa totalité. Souvent il reste limité à une certaine zone et a une véritable tendance à se circonscrire. ]

L'apparence de l'ædème nerveux diffère suivant les cas. Le plus souvent, c'est un œdème élastique, ne prenant pas l'empreinte du doigt ; mais dans certains cas le godet peut se faire. Il est extrêmement dur dans le tabès.

La coloration de l'ædème varie. C’est ainsi que dans l'hystérie, Sydenham avait noté la teinte blanche de la peau comme chez les hydropiques vrais. Charcot a particulièrement étudié l'ædème bleu. La teinte est donc variable, mais surtout d'une personne à une autre ; presque toujours le même individu fera son œædème de même couleur. Si la couleur varie d'un sujet à un autre, c'est qüe probablement le même processus eptraïne suivant les sujets des réactions différentes des capillaires cutanés.

Le début de cet œdème est souvent rapide. Bauke a signalé à la suite des émotions, surtout si elles surviennent au moment des règles, l'apparition d'œdème qui siège à la face du cou, à la nuque. L'œdème des tabétiques apparaît tout d’un coup, de même l'ædème des hystériques ; il est en général plus marqué le malin ; disparait brusquement, comme l’œdème angio-neurolique. La chloroformisalion fait disparaïlre la coloration de l'œdème bleu des hystériques. Il est sujet à des récidives, apparail par accès en général périodique. La durée de ces œdèmes est variable, persistant quoique scumis à des variations lors d’allections organiques, telles que la syringomyélie, il a une durée des plus capricieuses dans les troubles nerveux dynamiques lels que l'hystérie, où il ne peut persister que quelques heures ou se prolonger des mois et même des années.

Les œdèmes du tissu cellulaire sous-cutané et de la peau, consécutils aux lésions nerveuses traumatiques ou infectieu-

ses ne siègent pas sur les régions du corps qui ont été tou-

EC EE chées par le traumatisme ou par l'agent infectieux, mais le long des nerfs blessés ou infectés.

PrILEGMON LIGNEUX

En 1892, M. le professeur Reclus décrivait une entité morbide, qu'il appela phlegmon ligneux et qui n’est sans doute qu'une modalité particulière de l'inflammalion phlegmoneuse. M. Lejars, reprenant l'étude de Reclus, nous décrit ainsi l’évolation du phlegmon ligneux.

« Quel que soit son habitat, quelles que soient les conditions d'âge et de sexe dans lesquelles il se développe, il se dishingue tout autant par son évolution singulière que par sa consistance en bois, ou mieux, l’un et l'autre caractères marchent de pair, se commandent et s'associent. Sans doute l'inlection dont il procède suppose une porte d'entrée, mais celte porte est presque toujours étroite, peu apparente, partois refermée et dissimulée au moment où l’on vient observer le phlegmon ; au cou c'est naturellement sur la muqueuse buccopharyngée et les amygdales qu'il y a lieu de là rechercher. La plaque phlegmoneuse s'étend très lentement en nappe, finit par occuper une vaste zone, dure comme une planche de rebords nets, se dessinant en rehef ; parfois elle englobe les tissus profonds et la peau, puis elle cesse de croître et demeure longtemps, des semaines el:même des mois, immobile, indolente, apyrétique. Cette absence de douleur, même à la pression, ce manque de toute réaction fébrile, au moins durable, ces allures de tumeurs inertes, sont caractéristiques, la fin ne l'est pas moins. Il arrive que ces tumeurs suppurent mais toujours par petits foyers, disséminés, successifs, rares,

et dont l'évacuation ne contribue que fort peu à la réduction de la masse totale. Ailleurs le pus ne se montre jamais et le phlegmon se résorbe tout entier, à froid.

» Cette résorption est lente, prolongée, suspecte d’abord, wais elle s'achève jusqu’au bout et la guérison est complète ».

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