‹ Contribution à l'étude de l'éclampsie puerperaleChapitre 10 sur 22 · EST PRES · texte numérisé non relu

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qu'ils puissent paraître, et nous continuons à croire, et cela avec la majorité des accoucheurs, que l'épilepsie n’a sur l’éclampsie aucune influence manifeste, les épileptiques pouvant devenir éclamptiques tout comme les autres femmes sans tirer de leur épilepsie une prédisposition quelconque. ;

Primiparité. — Il est peu de points sur lesquels les auteurs s'entendent mieux que sur celui-ci. D'un commun accord ils reconnaissent combien la primiparité a d'action sur le développement du mal éclamptique. Toutes les statistiques émettent des chiffres à l'appui de cette constatation et la nôtre concorde avec les résultais précédemment obtenus.

Sur 99 cas nous avons relevé 74 femmes primipares ct seulement 22 multipares, soit 75 pour 100 les 3/4. Rambostham sur 57 cas relève 43 primipares et 14 multipares, Sur 133 éclamptiques observées à la clinique par le professeur Depaul 103 étaient primipares. La statistique de Collins est encore plus chargée puisque sur 85 cas il rapporte 73 primipares. |

Si tous les accoucheurs sont d’accord pour reconnaître cette plus grande fréquence chez les primipares, les raisons qu'ils donnent pour l'expliquer ne sont guère affirmatives ou indiscutab'es.

M. Boivin dit que les femmes primigisles sont plus sujettes aux convulsions que celles qui ont eu déjà des

enfants parce qu’exposées pour la première fois aux dou-

leurs et aux dangers de l’enfantementelles ont une crainte de mourir très grande. « Ce sentiment dont peu de fem- « mes sont exemptes et qu'elles dissimulent à ceux qui

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les entourent est une des causes morales dont on s’oc-

€ cupe le moins et qui cependant mérite la plus grande « attention de la part des personnes appelées à leur don- « ner des soins et à les rassurer par tous les moyens « possibles. » Nous n’allons pas discuter cette interprétation de Mme Boivin. Elle part d’un bon naturel, mais ne repose sur aucune donnée clinique ou scientifique, et quand on assiste à un accouchement, on est presque toujours étonné par la résignation et le calme moral des femmes qui en dehors de leurs douleurs oublient leur état, pensant fort peu pour la plupart aux risques que court leur existence. Non seulement l’idée de la mort ne les effraie pas, mais nous en avons vu beaucoup au paroxysme de leurs souffrances qui l’accepteraient comme un - terme attendu. D'ailleurs, on dirait que la nature a disposé tout à souhait l’état mental de la femme en couches, le souvenir des peines subies n’a pas dans son esprit la moindre durée, elle ne se plaint qu’autant qu’elle souffre pour reprendre sa plus parfaite sérénité entre deux contractions.

On a dit aussi que les filles mères devenues illégalement enceintes et tourmentées par la honte de leur faute et les moyens de la cacher, préoccupées par le sort et l’avenir de leur enfant payaient un plus lourd tribu à l’éclampsie. Nous avons vu quelque part cité dans les auteurs, le fait d’une jeune fille qui fut subitement prise d’accès convulsifs en apprenant que son amant refusait de l’épouser. Nous n’oserions pas dire que ce soient là de véritables crises éclamptiques, et à une époque ou la nature vraie de cette affection était ignorée, il ne devait pas être rare

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de la voir confondre avec de l'hystérie ou de l’épilepsie.

L’anémie avait élé aussi incriminée, Depaul en particuculier ajoutait à cette cause une certaine créance. Il n'est pas rare en effet, de voir les jeunes filles atteintes de chlorose depuis la puberté jusqu'au moment de leur ma- riage ou de leur grossesse. |

Nous savons que celte dyscrasie imprime au sang des modifications profondes. Ces altérations portent plus particulièrement sur le globule rouge dont la matière colorante riche en fer et essentiellement respiratoire est diminuée, ce qui a baïssé notablement la proportion de l’oxygène.Or, selon Littré et Robin « l'oxygène concourt essentielle, ment dans nos lissus à l'assimilation de nombre de principes liquides et solides introduits par la digestion et qui sans les gaz de l'atmosphère resteraient inutiles ou nuisibles s’ils n'étaient éliminés. Corvisart n’a-t-il pas dit de l’albumine que pour être « un vrai nutriment » elle avait besoin de s’oxyder. Dans ces conditions, ne présentent-elles pas un terrain plus favorable pour l’auto-intoxication, leur sang ne sera-t-il pas beaucoup plus rapidement saturé par les poisons non éliminés. Paul Bert n’a-t-il pas démontré cette influence du nombre et de la qualité de globules rouges par des expériences faites sur des poulets et des canards, ces derniers étant à poids égal riches d’un 1/3 de sang en plus et offrant à l’asphyxie et aux intoxications une résistance beaucoup plus grande. Mais nous n’avons pas de théorie à faire, nous aimons seulement à voir parmi ces causes nombreuses, celles qui pourraient présenter les apparences les plus acceptables. On a fait jouer un rôle aussi à la résistance plus grande des parois

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abdominales chez la primipare, au défaut de souplesse de l'utérus, enfin au mode nouveau du fonctionnement d’une économie novice et, mal réglée.

A bout de ressources les auteurs anciens faisaient de tout un prétexte à explication. C’est ainsi qu'ils amoncellent les indigestions, les hémorrhagies, la rupture de l’utérus, la rétroversion, le renversement, l’inflammation de cet organe, les violences exercées sur lui pendant l’accouchement, la plénitude extrême de la vessie. Portal, Delamotte et d’autres rapportent des exemples de cette dernière cause, et dans leurs observations l'évacuation de la vessie fit immédiatement cesser les convulsions. Il paraîtrait aussi d’après Plissmann que la distension du rectum pourrait produire le même effet ! Inutile d’ajouter que nous laissons à ces diverses influences l'importance que chacun voudra bien leur donner, et que pour notre part nous ne saurions en rien leur prêter un crédit quelconque.

Si on a incriminé l’anémie, d’autres ont accusé la pléthore et ont dit : l’éclampsie attaque de préférence les femmes fortes, dont la menstruation est abondante, le visage coloré, la tête grosse et le cou court.

M. le professeur Peter s’est fait le soutien de cette théorie et il n'hésite pas à dire que si depuis quelques années le nombre des éclamptiques a augmenté c’est parce que le traitement de l’éclampsie par la saignée est tombé en discrédit. Il faut que nous fassions remarquer cependant que M. Peter portait ce jugement à une époque déjà assez éloignée de la nôtre puisque la statistique sur laquelle il s’appuyait date de 20 ans, c’est-à-dire des deruières

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années pendant lesquelles Depaul a publié la sienne, Baudelocque invoque l’habitation dans les villes, des vêtements étroits, une nourriture trop succulente, l’usage des spiritueux, la constipation, le coït, la suppression d’un flux habituel, le sommeil prolongé, le défaut d'exercices, la fréquentation des bals, des spectacles, la colère, la - jalousie, la contrariété, les chagrins. En somme tout et rien, il n’était pas la peine de faire une si longue énumération de tous ces actes qui font la vie entière, il lui eût élé beaucoup plus simple de dire :-la femme est exposée à l’éclampsie parce qu’elle existe sans faire de ses défauts les plus dominants et de ses habitudes les plus ordinaires des causes de la maladie. Quelle femme à ses - moments d'oubli n’est pas coquetle, jalouse, colère ou ennuyée ? | Gémellité. — La grossesse gémellaire et en général toute distension exagérée de l'utérus passent pour prédisposer à l’éclampsie, vraisemblablement par la gêne apportée à la circulation. Les stalistiques faites à ce sujet viennent à l’appui de ce fait. En additionnant le nombre des grossesses gémellaires que Moriceaux, M" Lachapelle et Chaïlly ont observées, nous trouvons quesur 86 cas il y a 6 grossesses doubles. Soit 1 sur 14, tandis que d'ordinaire on n’en observe que 1 sur 80 accouchements. Nous trouvons 5 cas sur 88 éclamptiques, et notre moyenne se trouve très en rapport avec celles que nous: avons cilées plus haut. Dans le relevé d'Olshausen il y en a 49 sur 200.

Influence de la position et de la présentation. — Un auteur seulement, King, a voulu voir dans la position et

la présentation une influence prédisposant à l’éclampsie, les classiques dans lesquels nous avons trouvé cette théorie la mentionnent beaucoup plus à cause de son étrangelé que de l'autorité qu’elle pourrait avoir. Pour lui la compression des vaisseaux artériels et veineux est due à ce que le fœtus ne conserve pas pendant sa grossesse son obliquité latérale normale au-dessus du détroit supérieur. Il admet que la position normale du fœtus n'est pas la tête, mais une position dorso-antérieure d’une présentation transversale.

Toutes les fois que le fœtus aura cette position, il n’y aura pas de compression, mais si c'est la tête qui se présente avec son engagement habituel, non seulement il y aura compression des vaisseaux, mais encore des uretères, troubles rénaux consécutifs et éclampsie. Tout cela est inacceptable et inaccepté, en pareille matière il ne s’agit pas de discuter, il faut des preuves et je vais en donner. |

Sur 59 cas d’éclamptiques, je constate qu'il y a:

OIGAT EP Ter k6 CHOP USERS 21 SIGA ou P e. 40 Epaule ee 1 RACO:. MR 1

Ces chifires sont, il me semble, suffisamment probants. Pourra-t-on accuser la présentation OIGA, la plus Îréquente heureusement, parce que c'est de toutes la plus favorable? Cela serait puéril. Il suffirait de voir que c’est la plus fréquente pour affirmer que la présentation ne

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