CT RE
bien à plus forte raison ces difficultés ne seront-elles pas l’occasion d’accès chez les éclamptiques en imminence de convulsions.
La troisième, nommée Dubreuil, entrée le 27 mars 1883, cuisinière, enceinte de 8 mois d’un enfant dont elle accoucha spontanément, l’enfant était mort et la mère guérit et s’en alla le 5 avril 1883 après dix jours seulement pas sés à l’hôpital, etc.
Récidive. — L'éclampsie ne récidive pas toujours pour une raison souvent majeure, hélas! c’est qu’elle ne remet pas à plus tard pour accomplir son œuvre, beaucoup de femmes succombant dès la première atteinte. Cependant il faut le reconnaître, on cite comme rares les cas où la récidive a été constatée, on trouve à peu près les mêmes exemples cilés par tous les auteurs, c'est ainsi que Rambostham a vu l’éclampsie se reproduire dans quatorze accouchements chez une même femme. D'ailleurs son retour aux diverses grossesses est extrêmement capricieux, et telle femme qui aura été éclamptique à sa première gestation, en aura encore 2, 3, et même davantage sans accident, tandis qu’à la huitième elle succombera à une nouvelle atteinte. Il y a là plusieurs cas à considérer, et on est en droit de se demander si la cause n'a pas existé entre les grossesses, latente et améliorée pour reparaître ensuite avec plus ou moins dé no quand la malade sera redevenue enceinte.
Parmi toutes les prédispositions, en effet, celle‘qui nous paraîl la plus réelle, c’est l’altération chronique du rein recevant à l’occasion d’un nouvel état puerpéral une poussée aiguë, Rien d'étonnant à ce qu'une femme albu-
1 sels
un Chi
minurique puisse concevoir mais dans ce cas la maladie de Bright évolue plus vite et donne lieu plus habituellement à ses manifestations pathologiques. Sous l'influence de la grossesse, les lésions rénales s'accentuent de plus en plus, et arrivent, suivant Dickinson, à produire en très peu de temps, des désordres profonds et irréparables.
« Quand l'affection rénale, dit encore Dickinson marche « avec la grossesse, il est rare qu’elle atteigne un haut de- « gré à la première gestation. La femme peut mourir en « éclampsie ; mais si elle survit l’œdème disparaîtra, les « urines cesseront d’être albumineuses et la bonne santé « se rétablira jusqu’à la prochaine grossesse qui ramènera « les accidents. L’œdème sera plus considérable, la malade
plus exposée à l’éclampsie, les accidents plus longs à : « disparaître, el ainsi à chaque grossesse les symptômes
seront plus tenaces jusqu’à ceque l’albuminurie devienne « continue entre ces grossesses et la malade exposée aux
complications du rein granuleux. » Cette question de la récidive offre un intérêt pratique très important, et je me rappelle les angoisses d'un mari racontant les crises éclamptiques de sa jeune femme qu’il avait failli perdre, et promettant pour ne plus l’exposer de renoncer aux joies de la paternité.
Nous n'avons pas trouvé en faisant notre statistique un seul cas de récidive, tandis que nous avons vu de nombreuses observations de femmes, albuminuriques, il est vrai, mais accouchant sans attaques, tandis qu’elles en avaient eu lors de leurs premières couches.
En résumé, nous pouvons considérer la récidive comme
re
étant l'exception, les cas cités sont rares et avec celui de Rambostham, déjà mentionné, Collins n’en a relevé qu’un seul cas. Lumpe parle d’une femme qui fut éclamptique à ses deux premiers accouchements, indemne au troisième et qui succomba au cinquième à une récidive. Pajot niait presque la récidive, il est vrai que pour lui la primiparité était un élément tellement indispensable qu'il admettait difficilement l’éclampsie en son absen- Ce:
Je ne dirai qu'un mot de l’hérédité, dont les exemples
sont trop peu nombreux pour qu’ils soient justiciables d’une appréciation sérieuse. Elliot parle d’une femme qui mourut d’éclampsie après avoir eu quatre filles, trois d’entr’elles eurent le même sort, la quatrième eut aussi des attaques mais guérit. Nous avons connu une jeune femme qui à son premier accouchement fut prise d'attaques éclamptiques, sa mère avait succombé à cette affection en lui donnant naissance, et ce qu’il y a de remarquable, c'est que la maladie débuta chez elle brusquement, sans que les prodromes habituels aient pu la faire prévoir. Etait-ce là une idiosyncrasie spéciale, une prédisposition nerveuse toute particulière? Voilà le fait. Nous ne le commentons pas.
Nous n'avons relevé aucun cas semblable dans les nombreuscs observations que nous avons parcourues à la clinique, et de la foi des auteurs, unanimes sur ce point. nous croyons pouvoir dire que l’'hérédité de l’éclampsie est exceptionnellement rare, et s’accorde peu avec la conception actuelle de la maladie. -
Ne serait-il pas plus simple de voir là seulement une
PU a Le NUE
coïncidence, puisqu’aucune disposition transmise ne peut rendre compte de ces faits.
Hystérie. Epilepsie. — Nous avons vu déjà, que les auteurs anciens frappés de la ressemblance de l'accès éclamptique avec les grandes névroses les avaient associés et confondus dans leurs descriptions.
Il faut avouer en effet que ces maladies ont entre elles de très voisines apparences, et il n’est pas étonnant que les vieux cliniciens, observateurs sagaces,eussent fait un rapprochement qui s’imposait d’ailleurs. Nous n'avons pas à nous occuper ici du diagnostic différentiel de ces affections, nous nous contenterons de montrer que l’épilepsie n’est pas une cause prédisposante à l’éclampsie et que ces deux maladies identiques quant à la forme paraissent antagonistes quant aux causes. On ne peut pas admettre avec Me Lachapelle, que la grossesse modifie assez l’épilepsie pour en faire une éclampsie véritable et qu’il soit prudent de se conduire comme si on avait affaire à la manifestation aiguë d’un état chronique.
Loin de se fusionner ces deux maladies sont différentes et le traitement applicable à l'une pourrait être nuisible à Pautre.
Suivant les cas les épileptiques enceintes voient tantôt leurs attaques diminuer, tantôt au contraire augmntere et leur grossesse n’en arrive pas moins à bon terme.
D'ailleurs avec les idées nouvelles sur l’éclampsie on devine sans peine toute la distance qui sépare aujourd'hui ces deux affections. On a même vu des éclamptiques à côlé d’épileptiques et ces dernières n'ont pas eu mal-
Casamayor 5
gré l'imitation admise par quelques-uns des attaques d’éclampsie.
Donc tandis que l’éclampsie est une maladie inhérente à la grossesse qu'elle aggrave et compromet, l’épilepsie au contraire s’atténue pendant la gestation et n'offre sur sa marche aucune influence aggravante appréciable,
Au contraire, l'éclampsie disparaît avec la grossesse, tandis que l’épilepsie revient après l’accouchement, tant il est vrai qu'il n’y a entre elle de commun que, ce masque fallacieux cause de tant d'erreurs pathogéniques.
Nous ne trouvons dans notre tableau qu’un seul fait, celui de la femme Lacoudre. Entrée le 21 mai 1881 à l’hô- .pital elle accoucha à terme et spontanément d’un enfant . bien portant et vivant et eut seulement deux altaquesaprès son accouchement. Elle était épileptique héréditaire par son père.
Cependant, tous les auteurs ne sont pas du même avis à ce sujet et tandis que Laforgues dans un excellent mémoire semble avoir démontré la dualité et l’indépendance morbide de ces deux maladies, Blot, au contraire, semble partisan de l'unification des causes. Sur sept éclamptiques il cite deux épileptiques. Brand sur 41 éclamptiques n’en a cité qu'une. Sur 15, Tyler, Smith en ont vu deux. Delore raconte avoir connu une jeune fille de 18 ans épileptique depuis son bas-âge qui après avoir eu pendant sa grossesse des crises épileptiques fut prise d’éclampsie au dernier mois et succomba après une application de forceps. | EDS
Ces faits ne sauraient nous rallier, quelque probants
“12 ln Er