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sions éclamptiques sont rares jusqu’au sixième mois. Elles sont fréquentes surtout pendant le travail et se montrent un peu plus souvent après l'accouchement que pendant la grossesse. » Pour Charpentier : « L'époque de l'apparition pendant la grossesse est rare avant le sixième mois, la règle est que l’éclampsie se manifeste du septième au neuvième mois, surtout dans les jours qui précèdent l'accouchement. »
Nous voyons, qu’indépendamment de l'époque de la grossesse à laquelle apparaît plus fréquemment l’éclampsie, il est une autre question bien plus débattue qui est ici en jeu. C’est le moment d'arrivée des accès relativement au travail de l’accouchement.
Pour nous, restant fidèle à ce que nous avons admis jusqu’à présent, une femme est éclamptique bien avant que la manifestation ultime, paroxystique de la maladie soit survenue. |
Nous avons déjà distingué l’albuminurie simple, bénigne, physiologique et l’albuminurie grave toxémique.
Si elles diffèrent dans leur pronostic, elles ne sont pas moins éloignées par leur façon d’être et tandis que la première coïncidera avec un bon état général qui ne laissera pas de doutes à son égard, la seconde sera accompagnée de phénomènes morbides qui permettront de la redouter. Nous voulons parler ici des prodromes de l’éclampsie que Chaussier prétendait exister toujours et que Depaul moins exclusif et peut-être plus vrai avait vu dans la majorité des cas; nous préférons nous ranger à l'opinion de Depaul, bien que les observations qui sont consignées dans la dernière colonne de nos tableaux semblent pou-
RE — voir nous autoriser à une affirmatioa sans réserve. Depaul à la vérité avait fait une stalistique, mais il l’avait vécue et contrôlée de ses propres yeux, aussi nous paraît-il beaucoup plus sage de nous en rapporter à lui sur ce point. Presque dans toutes les observations, dans toutes même, nous avons constaté que les signes précurseurs de l'éclampsie avaient été relevés. Est-ce là un excès de zèle des sages-femmes ou des élèves qui les avaient prises?
N'inscrivaient-ils pas un peu par conviction, céphalée, vomissements, douleur épigastrique, œdème, albumine? Cela pouvait être, aussi nous dirons que presque toujours ces signes ont existé. Néanmoins, comme le dit Depaul, « c’est là un faisceau significatif dont il faut bien se garder de méconnaître la valeur, » et pour celte raison nous leur consacrerons quelques lignes. É
L'existence de prodromes dans l’éclampsie nous affermit plus encore dans l’idée que nous nous en faisons d'un syndrome complexe. Les maladies n'ont pas toutes des prodromes, ils sont le propre des maladies effectives proprement dites, des fièvres graves en général, des pyrexies infectieuses. Ils témoignent d'une période de lutte pendant laquelle l’organisme résiste à l'impression morbifique, et qui se traduit par certains malaises, certaines incommodités. Dans l’éclampsie, ils sont très variés par leur nombre, leurs combinaisons et leur durée, mais assez
“uniformes ‘dans leur expression symptomalique. Dès qu’ils apparaissent, nous ne dirons pas que la femme est en imminence d’éclampsie, mais que l’éclamptique est en imminence de convulsions. Il est indispensable de ne pas
les méconnaître ; un traitement approprié doit immédia-
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tement combattre la maladie qu’ils dénoncent, nous dirons comment quand le noment sera venu. Et d’abord parlons de l'œdème que nous avons trouvé presque chaque fois.
Hamillon avait dit : « Quand il se produit des gonflements œdémateux des extrémités inférieures à un degré considérable dansles derniers mois de la grossesse, chez des femmes d’une conslitulion allérée, des saignées copieuses seules empêchent l'arrivée des convulsions, soit avant, soit pendant le travail » (Duncan, Annales of med., 1800, p. 313).
Dans ses Practical Observations, il fit aussi la remarque suivante : « Les accès sont plus fréquemment précédés de douleurs lancinantes de la tête et aussi de gonflement œdémateux de la face et des parties supérieures du corps.» En 1£01, Demanent déclarait dans les actes de la Société de médecine de Bruxelles qu’il considérait « l’anasarque comme une cause essentielle de convulsions. »
Velpeau après Mr° Lachapelie, confirma la corrélation de l'œdème et de l’éclampsie : « J'ai la conviction que les femmes infiltrées sont fortement exposées aux convulsions. » Joulin prétend que toutes les éclampsies ont des prodromes.
L'autorité de ces noms prouve combien l'infiltration est un signe important. Nous devons pour la vérité des faits avour, qu'il n’est pas absolument constant, et que son apparition tout comme son élendue varie à l'infini. Tantôtilne vient qu'au moment même de l’açcès, il peut exister un mois avant ou même ne se manifesler qu'après une première attaque.
Céphalée.— C'est le plus souvent une céplialée frontale.
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Elle peut être si violente que les fonctions intellectuelles
semblent abolies, la malade présentant en même temps une apathie, une hébétude parfois très considérable. Les accès la rendent gravative et elle s'accompagne de verti-
ges, somnolence, élourdissements, tintements d'oreilles, etc., etc.
Douleur épigastrique. — Chaussier insistait beaucoup sur ce phénomène. Depaul y ajoutait une moindre importance, bien qu’il raconte le cas d’une femme qui vers le huitième mois fut prise d'éclampsie après avoir présenté ce signe précurseur. Certains auteurs n’hésitent pas à dire cependant que si elle est très violente l’attaque est proche.
D'autres enfin présentent une irrésistible somnolence, des vomissements, des troubles de la vue, des troubles de l’ouïe, etc. Nous venons de voir à l'hôpital une pauvre femme éclamptique qui souffrait d’une dyspnée étouffante qu'une saignée de quelques grammes a améliorée. Elle n’a eu que les prodromes et a guéri, nous devons reconnaître qu'aucun n’est pathognomonique, mais ils ont de fortes présomptions quand ils existent.
L'éclampsié existant, est-ce avant le travail, pendant le travail, après le travail que les accès convulsifs arrivent de préférence ?
Le nombre des accouchements prématurés est très considérable chez les femmes éclamptiques. Pourquoi ? Est-ce du fait de l’état dyscrasique cause de la maladie et qui agirait comme la variole, la fièvre typhoïde, le diabète? Est-ce au contraire parce que les accès convulsifs arrivant à un moment déterminé de l’évolution de la maladie
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influencent tout particulièrement le muscle utérin qui, participant aux contractions générales, expulserait prématurément le produit qu’il renferme? L'une ou l’autre de ces propositions pourrait être soutenue et admise, voici . celle que nous préférons: Nous avons vu que quelques jours avant les convulsions la gestante se plaignait de vertiges, de céphalalgie, de douleurs épigastriques, l'œdème apparaissait ou augmentait d’une façon considérable, évidemment il y a là une modification notable apportée au cours de la maladie. L'état. empire, le mal va croissant et d’une façon si rapide, ou par une insouciante ignorance de la femme qu'on ne peut y porter secours, et les convulsions arrivent. Bien que n'étant pas à terme, la femme va accoucher prématurément, ce qui s’expliquerait d’ailleurs à beaucoup moins de frais. Les douleurs du travail vont à leur tour réagir, et sur un terrain déjà sibien préparé, apporter un surcroît d’excitation tout propre à augmenter le nombre des accès. Il y a donc là un cercle vicieux, les convulsions déterminent le travail, le travail entretient les convulsions. Quelquefois, le travail est le premier en date et la cause de tous les maux, certains auteurs ont relevé avec beaucoup de précision la succession et la dépendance de ces phénomènes entre eux. Nous regrettons de n'avoir pas pu les imiter dans notre statistique, où nous ayons dû nous contenter de relever les cas avant et après l'accouchement.
La plupart des auteurs admettent que les attaques se présentent dans l’ordre suivant : travail, suites de couches, grossesses.
Bailly propose : grossesse, travail, suites de couches.
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Charpentier préfère : travail, grossesse, suites de couches. | Il est bien certain que l’accouchement met un terme à l'éclampsie, mais nous voyons qu’elle se manifeste si souvent après que les auleurs ne s'entendent pas pour donner la préséance à la grossesse, au travail et aux suites de couches. On verra dans nos cadres, combien est supérieur le nombre des accès avant l'accouchement, il n’en est pas moins vrai qu'ils apparaissent après, or, si le travail était la seule cause ou même la principale et la plus fréquente à solliciter l'apparition des accès, ils devraient disparaître, dès que cette cause aura disparu sublata causa tollicitur effectus, il n’en est rien. Aussi nous avons quelque tendance à croire que le travail est un incident dans le cours des manifestations convulsives qu’il influence assurément, mais dont il dépend absolument. Quant aux crises qu’on observe après la délivrance elles ne sont le plus souvent que la continuation de celles qui étaient survenues pendant la grossesse et l’accouchement, elles sont atténuées parce qu'avec les douleurs du travail ont disparu leur effet aggravant. Nous dirions donc que les attaques sont la cause du travail et commencent avant lui, alteignent leur maximum d'intensité et de nombre pendant le travail et diminuent en s’atténuant après. Voilà la règle générale.
A côté d’elle, on trouve des cas tout à fait anormaux, tels par exemple, ceux qui arrivent pendant la grossesse, ou à une époque éloignée du terme sans amener l’avortement ou l’accouchement prématuré.
C'est ainsi que nous trouvons le 3 août 1877 le fait de
— pa — la femme Sylvestre, mécanicienne, âgée de 19 ans, qui accoucha à terme et d'un enfant vivant après avoir eu 15 jours auparavant 3 accès d’éclampsie.
Cazeaux cite aussi le cas d’une dame qu’il soignait el qui avait périodiquement des convulsions dès qu’elle avait conçu. Les attaques se renouvelaient tous les jours pendant la grossesse. i
Prestat signale un cas d’éclampsie à la sixième semaine. Morel à 4 mois. Carville, Charpentier, Cohen à 5 mois.
Quand les attaques d’éclampsie débutent après la délivrance elles sont plus ou moins éloignées ou rapprochées.
Wiger en a vu après : 4 heures, 12 heures, 24 heures, L8 heures.
Voici les résultats que nous ont fourni nos tableaux.
VAN me ee ele ES 0
LUS CRM EN AE RER Avant et après. . . . . 46 Au sixième mois. . . . 7 Au septième mois . . . 35
Au huitième mois . . . 26 AOLINeR TE ot MT O0
L'éclampsie peut-elle récidiver dans le cours de la grossesse.
Dubois dit qu’il n’est pas étonnant de la voir continuer jusqu’au terme. Wiger croit que l'éclampsie venue avant le terme ou bien cesse après un ou deux jours pour ne
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plus reparaître, ou bien déternine le travail prématuré“ ment.
Nous croyons pouvoir dire aujourd’hui quesi, comme le veut Wiger, l’éclampsie ne déterminepas le travail après un ou deux jours, elle ne récidivera pas, grâce aux moyens efficaces dont nous disposons et en premier lieu
le régime lacté.