‹ Contribution à l'étude de l'éclampsie puerperaleChapitre 17 sur 22 · PRONOSTIC · texte numérisé non relu

PRONOSTIC

ET

L'éclampsie est assurément l’une des maladies les plus graves qui puissent atteindre la femme enceinte. Son influence fâcheuse s'étend sur la grossesse, l’accouchement, les suites de couches. Elle expose la vie de la malade qui succombe souvent, et quand la guérison survient il n’est pas rare de voir persister des désordres nombreux comme une trace indélébile de la terrible affection qui à passé. :

Avant même que la maladie soit arrivée à sa période ultime, aux accès convulsifs, ellea mis la malade dans des conditions mauvaises dont témoignent ces troubles variés qui constituent les prodromes. Longtemps à l'avance surviennent les œdèmes dénotant déjà des modifications dans l’état du sang, l’albumine dans les urines, les troubles de la vue, les vertiges, les bourdonnements d’oreilles, les vomissements qui concourent à la dénutrition, la céphalée, les perturbations de l'intelligence, en un mot il n’y a pas de système dans l'organisme qui ne soit atteint, preuve suffisante de la gravité de cette affection. Ainsi préparée et amoindrie dans sa résistance on comprend combien les accès qui marquent le dernier effort de la maladie auront de chance pour achever l’œuvre fatale. Cependant on ne peut pas dire que la mort soit la règle, la guérison s’observe plus souvent comme le démontrent

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la plupart des statistiques et nous verrons à propos du régime lacté, que ces cas qui auraient eu les conséquences les plus funestes, peuvent être conjurés. Nous avons dit, en effet, que l’éclampsie s’annonçait de loin, et que bien à l'avance déjà elle compromettait la santé de la femme d’une façon très appréciable. En somme, ce sont là les faits les plus désirables, car plus tôt on pourra soupconner la maladie, plus tôt on cherchera à la prévenir.

La guérison est donc assez fréquente, mais cet aveu si modeste ne plaide-t-il pas encore en faveur de la gravité de l'éclampsie ; ne semblons-nous pas dire, en effet, que nous nous estimons heureux que toutes les malades ne soient pas emportées? Nous verrons dans quelles proportions elles se sauvent.

Il faut reconnaître cependant, que le pronostic est un peu moins sombre aujourd'hui grâce au régime lacté, nous nous sommes plu maintes fois à le répéter jusqu'ici grâce à l’anlisepsie qui a de beaucoup diminué les chances de l'in. fection puerpérale. Depaul reconnaît qu’un quart de ses éclamptiques, sont mortes d'infection puerpérale, cela n’a rien d’étonnant à une époque où l’on ignorait les causes de cette affection et les moyens de la combattre. Froissés, meurtris, congestionnés, les organes de ces malades offraient un milieu de culture des plus propices, l’ensemencement par les interventions qui sont presque de règle dans Ja plupart des cas d’éclampsie ne cédant en rien à la richesse du terrain, on comprendra combien la lutte devenait inégale entre des microbes en masses, et un organisme affaibli et toxémié. On ne saurait trop montrer de rigueur, de scrupule dans l’antisepsie de l’accouche-

ment, el nous regretterions de ne pas y avoir insisté même au risque de rester en dehors de notre sujet si nous n'étions persuadé qu’il n’est plus personne aujourd’hui pour nier des effets trop évidents pour ne pas être vus. Que de femmes atteintes de métrites, salpingites, phlegmons des ligaments larges, pelvi-péritonite chronique, et qui doivent toutes ces rigueurs d’une vie de souffrance à une coupable négligence dans les soins de l’accouchement. De telles fautes sont impardonnables, elles. n'ont même plus actuellement pour elles le palliatif de l'inconscience ou d’une conviction contraire ignorante et non raisonnée.

Au dernier congrès M. Doléris a parlé de l'infection inévitable du post partum par les microbes reculés dans les trompes et les ovaires et d’où l’antisepsie ne saurait les déloger, mais après la réfutation à peu près unanime de tous les autres accoucheurs, nous oserions affirmer que l'infection puerpérale même, dans l'éclampsie, est justiciable d’un défaut d’antisepsie, et c’est toujours par défaut de soins que le médecin et la sage-femme en trouveront chez leurs malades.

Cela dit, nous revenons à Véclampsie. La femme guérit, elle guérit complètement par cessation des accès qui voient disparaître avec eux les autres symplômes concomitants œdèmes, albuminurie, troubles dela vue, ou bien elle ne se remet qu’à demi et conserve comme souvenir de l’'ébranlement nerveux qu'elle vient d'éprouver des troubles intellectuels souvent irréparables. On cite dans tous les ouvrages classiques des exemples de malheureuses éclamptiques qui sont restés atteintes de manies, ou dont

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Ja mémoire a été si compromise, qu’elles avaient oublié leur nom, celui de leur rue, le numéro de leur maison, etqui ne pouvaient ainsi sortir sans se perdre ou sans être accompagnées.

Quant la mort arrive, il est rare qu’elle survienne pendant les accès, c’est le plus souvent pendant la période de coma. Néanmoins, on en a vu périr pendant la période de tonisme, qui trop longtemps prolongée a amené la mort par asphyxie mécanique. La mort peut encore survenir par congestion pulmonaire, par hémorrhagie céré- . brale, par hémorrhagie de la langue, par hémorrhagie génitele, car il est reconnu que l’albuminurie ou plutôt l’altération du sang qui l'accompagne et quien est la cause y prédispose particulièrement,

Le pronostic est-il plus grave aux différentes époques de la grossesse? On a dit qu’il l'était d'autant plus que les accidents étaient plus précoces ; d’autres ont prétendu le contraire et nous avons vu des observations qui semblaient le démontrer. Sur 10 cas mentionnés dans une thèse (Caïx) une seule femme avait succombé. M Lachapelle tout en reconnaissant la rareté de l’éclampsie dans les premiers mois de la grossesse, croit que les convulsions qui surviennent prématurément sont fâcheuses en ce qu’elles ont tous les dangers de l'avortement qu’elles déterminent. Nous croirions aussi que, à une époque éloignée du ternre, le pronostic doive être redouté comme “plus grave. Nous avons considéré les convulsions comme étant la manifestation la plus à craindre de la maladie, d’un autre côté il faut admettre que lorsqu'elles arrivent la toxémie est déjà compléte, et à part quelques cas par-

ticuliers comme pour les hystériques ou les épileptiques chez qui les crises en raison de leur prédisposilion spéciale pouvaient devancer une intoxication très prononcée, les attaques éclamptiques ne se produisent pas sans raison. Quelquefois, il est vrai, on voit les accès se suspendre et la grossesse suivre son cours normal jusqu’à l’accouchement spontané et facile, mais ces faits constituent - l'exception et ne pouvaient à eux seuls infirmer une loi plus générale.

Voici ce que nous donnent à ce sujet nos tableaux :

Femmes mortes Femmes guéries Primipares: #5 1.27 Primiparesss te 44 044 Multipares . . . . . 8 - Mullipares . . ... 16

Nombre des multipares, . , . . : 24

Nombre des primipares. . . . . . 71 primipares. : . . . Mortalité 2/5

Moyennes} mullipares. . . . . Mortalité 1/2

Les quelques cas qui manquent pour faire un chiffre complet sont ceux qui n’ont pas pu être suivis jusqu'au bout, ou dont les observations étaient incomplètes.

La mortalité serait donc plus élevée pour les multipares dont la moitié succombe à l’éclampsie, tandis que les deux cinquièmes seulement des primipares meurent.

Il était assez difficile de donner des raisons de ces différences et les auteurs ne s'entendent guère à cet égard.

Nous avons vu précédemment que le nombre des attaques était à peu près égal pour les primipares et les multipares, nous ne pouvons donc rien tirer de ce fait en

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faveur de la gravité de la maladie pour les unes où pour les autres. Me Lachapelle croît que les jeunes femmes sont plus exposées parce qu'elles sont moins résistantes d'ordinaire, et elle ferait de l’âge moins avancé une cause aggravante de la maladie ; d’autres expliquent la plus grande gravité chez les multipares parce que chez elles ce sont souvent des lésions organiques plus avancées qui président à la dyscrasie. D'une manière générale, on peut dire encore que l’éclampsie a une influence très défavorable sur la marche de la grossesse, il suffit de jeter un coup d’œil sur nos tableaux pour se convaincre de ce fait.

Primipares accouchées avant terme. . . . . . 45 3

id CE NS 51: CSP EU Te Multipares accouchées avant terme. . . . . . 16 2 id à terme 80e

Les trois cinquièmes des primipares et les deux tiers des multipares accouchent avant terme, la majorité appartient à ces dernières, confirmant ainsi l’idée depuis longtemps admise que l’Eclampsie entraîne chez les plurigestes des suites plus funestes.

L'époque de la grossesse à laquelle survient l’accouchement prématuré est assez variable, pourlant il y a une prédominance notable pour les septième et huitième mois, comptons plutôt :

= TS + 519 — 9 À 6 et 61/22 — 6 Epoque de l’accouch. prém. chez les prim. . 7 et 7 1/2 — 92 8 et 8 1/2 — 16

6 St Epoque de l'acc. prém. chez les multip. . . 7 et 7 1/2 — 12

C’est surtout entre le septième et le huitième mois que l'accouchement prématuré survient et si on peut dire que chez les primipares le nombre des accouchements prématurés est plus considérable, il semblerait d’après nos résultats qu’elles porteraient relativement plus loin leur grossesse, puisque parmi elles, nous er trouvons 15 qui ont accouché entre huit et huit et demi, tandis qu’il n’y en a qu’une dans celte catégorie parmi les multipares.

Et maintenant, quelle est l'influence apportée par l’éclampsie sur le travail de l’accouchement. Quelquefois il paraîlrait plus rapide. Depaul nous dit qu'il a vu le travail marcher si vite que l'enfant était trouvé entre les cuisses de la mère. Il fait remarquer à cet effet que le périnée a perdu de sa résistance et que d'ordinaire l'enfant après cette mauvaise grossesse vient au monde moins vigoureux et plus petit ; ajoutez à cela qu'il est né souvent avant terme et on s’expliquera son passage immédiat. Nous ferons remarquer d’ailleurs pour montrer combien ces questions sont obscures et difficiles à résoudre que d’autres ont

tait jouer un 1ôle au poids trop considérable de l'enfant. Pourtant si quelquefois le travail est rapide, il faut bien croire que ça n’est pas là une loi générale, car il sont bien nombreux dans notre relevé les cas, où une intervention par le forceps ou par la version ont été de rigueur.

: re forceps — 22 Intervention chez les primipares }

version — 6 forceps — 3

id chez les mullipares à version — 0

Le forceps est la manœuvre la plus fréquemment pratiquée, cela n’a rien qui puisse nous étonner, sachant que l'éclampsie est tout à fait indépendante de la présentation, qui est selon la coutume le plus souvent un sommets

La version a été employée six fois, mais il y a 4 grossesses gé mellaires et une présentation de l’épaule, ce qui ramène à un le nombre de fois où cette opération a tiré son indication exclusive de l’éclampsie.

Les multipares accouchent le plus souvent spontanément, et c’est sans doute à celle-ci que doit s'appliquer: surtout cette remarque de Depaul, que chez les éclamptiques l'accouchement est plus rapide.

Il y a donc lieu d'établir ici une distinction marquée entre les deux classes de femmes, puisque le résultat chez l’une et l’autre est sinon opposé du moins très diffé-

rent, et on peut dire que si l’éclampsie crée une dystocie chez la primipare, elle est seulement une complication de la grossesse chez la multipare sans influence apprécia-

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ble sur la mécanique de l'accouchement. Ce fait n’est pas sans importance car l'accouchement prématuré a été prôné par Feaucoup d’accoucheurs comme une médication des plus utiles dans le traitement de l’éclampsie. Il nous est possible de tirer une conclusion des résultats que nous donnent ces recherches, et nous conseillerions l’accouchement prématuué chez les primipares dont le travail est lent et difficile, tandis qu’il nous paraitraît hasardé d'infliger gratuitement ce nouveau traumatisme aux multipares rapidement délivrées.

L'accouchement a, cela est incontestable, une influence heureuse sur la marche de l'éclampsie, les cas où les accès ont cessé élant nombreux et ceux où ils ont diminué de nombre étant la généralité.

Les accès ontcessé . . . : . . . . 49 fois Ils ont diminué de nombre . . . . 32 — Hs'sont les mêmes. 1. me, 2 — Ïls sont plus nombreux . . ... 6 —

Ils sont venus après seulement . 8 —

Nous nous sommes plu à reconnaitre que les complications post-puerpérales de l’éclampsie avaient de beaucoup perdu de leur gravité puisqu'elles n’ont pour se montrer que le couvert d'une négligence antiseptique et peu de praticiens se la pardonneraient aujourd’hui. Nous devons ajouter qu’il en est d’aulres assez fréquentes et peut-être même moins faciles à éviter, nous voulons parler des blessures de la langue qui dans certains cas ont assombri le pronostic. Citons les faits rapportés par M. Bailly : « Les morsures de la langue donnent quel-

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quefois lieu à une hémorrhagie assez forte pour compromettre la vie si l’on y prend garde. Une ligature de l’ar-

tère linguale a été pratiquée en 1867 à la clinique pour.

un accident de ce genre. Il peut arriver aussi que le sang qui s'échappe des vaisseaux divisés imbibe le tissu délicat et comme spongieux de la langue, en accroisse le volume et le porte au point de remplir la cavité buccale et le pharynx et détermine ainsi une suffocation rapidement mortelle. Un fait de ce genre, dont le souvenir ne cessera de m'impressionner douloureusement s’est offert à mon observation au commencement de l’année 1869. La langue dans ce cas malheureux, présentait un développement tel que quelques instants après la mort elle tenait entr'ouverte la cavité buccale, qu’elle remplissait entièrement et débordait encore par son extrémité antérieure les arcades dentaires. C’est en l’absence du médecin que s'était produit ce dénoûment fatal qu’une trachéotomie rapidement faite pouvait seule prévenir. » Ces exemples nous dispensent de tout commentaire, et c'est à cause de la gravité pénible de cette complication que nous avons insisté sur ce qui pouvait paraître une question de détail. - Enfin, et pour nous résumer, le pronostic de l’éclampsie a été toujours considéré comme très grave et avec raison; aujourd’hui nous ne craignons pas de le dire, sans être souriant il n’est plus inéluctable, puisqu'on peut arrêter la maladie dans son cours depuis que M. Tarnier en. 1876 appliqua si heureusement le traitement prophylactique par excellence le régime lacté. Mais pour ne pas

empiéler sur les faits nous ajouterons seulement que

dans sa gravité atténuée elle reste encore très redoutable, à cause de son influence générale sur la santé de la femme, à cause de ses influences spéciales et diverses, sur la grossesse, l'accouchement, les suiles de couches. Les multipares sont plus éprouvées que les primipares et quand la guérison survient elle peut s’accompagner de tares souvent irréparables, ou bien elle se produit très rapide et complète.

Pronostic pour l'enfant. — Evidemment on ne saurait mettre un doute, quand on établit un parallèle entre le salut de la mère et celui de l'enfant. Malgré tout l'intérêt que l’on doit à ce dernieron ne pourrait hésiter entre l'emploi ou le rejet d’une intervention qui aurait pour but de diminuer les dangers de la mère même au préjudice du produit, quand l'avenir des deux est incompatible. Néanmoins, comme le fait remarquer Pajot,on ne doit pas négliger l’enfant, qui n’est plus déjà un fœtus, mais un être viable à 7 mois, 8 mois, 8 4/2. Ce qu’il y a de certain c’est que l’éclampsie est une affection d’une gravité extrême, quelles que soient les raisons que les accoucheurs aient invoquées ils ont tous été forcés d’ävouer la fréquence de la mort du produit.

Sur 92 cas voici ce que nous avons trouvé :

Morts nés et macérés 6 Enfants } Morts nés 24 | 54

Morts quelq. h. aprèslan. 24 | \

Vivants 38

Ces chiffres se passent de tout commentaire, sur 92 cas 54 enfants sont morts et 38 seulement ont survécu.

MG La mortalité du produit est bien supérieure à la mortalité de la mère. |

Nous allons voir maintenant quelles causes pouvaient être incriminées pour expliquer ces résultats. « L'enfant, | dit Chailly, succombe le plus souvent quand les accès sont répétés, il peut cependant succomber après un accès court et léger. »

Me Lachapelle attribue une influ-nce au travail prématuré, qui est ensuite plus long que d'habitude, « En outre, ajoute-elle, on se hâte en pareil cas de terminer l'accouchement par les secours de l’art aussitôt que cela est possible, et nous avons vu que le forceps et la version ne sont pas sans inconvénient pour la santé de la mère et de l'enfant ».

Nous croyons qu'il faut distinguer dans l'influence des accès convulsifs le moment de leur apparition. Leur gravité nous semble devoir être moindre, quand ils surviennent dans le cours de la grossesse à une époque bien entendue où l'enfant est viable et avant que le travail soit commencé, ou même après son début la poche des eaux étant encore intacte. Le liquide amniotique en effet baigne l'enfant de toute part, et joue le rôle de corps isolant, de coussin protecteur qui le pare contre la rigueur des chocs, et de l’écrasement par une motrice contracturée. »

Le globe utérin ne peut pas revenir autant sur luimême, et les sinus veineux remplis plus aisément par le sang malernel ne privent pas encore l'enfant de l'oxygène indispensable à son hémalose.

Il n’en-est plus ainsi quand les eaux se sont répandues

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au dehors et n'opposent plus leur résistance au muscle ulérin qui cède aux sollicitations spasmodiques, se contracte violemment, comprime l'enfant en apportant déjà un trouble profond à sa circulalion générale, tandis que d’un autre côté il met l'obstacle à la circulation placenlaire des sinus dont la lumière se trouve oblitérée, tout comme cela se produit d’ailleurs dans le: post partum normal, en évitant les hémorrrhagies. Nous croyons d'autant plus à cette manière de voir que nous avons maintes fois relevé dans les observations ce fait d’un enfant venant au monde avec les apparences de la mort, congestionné, cyanosé, asphyxié en un mot, et que l’on a quelquefois pu ranimer par la respiration artificielle. C'était donc une cause toule mécanique qui présidait à sa mort, car sielle avait été due à une viciation du sang ou autre chose, l'enfant ne serait pas revenu à lui dès que sa respiration avait élé possible. Il est fort admissible alors que les enfants morts nés, ceux dont on a constaté les battements du cœur avant le travail ont succombé aux causes mécaniques justiciables du tonisme prolongé.

Le nombre des accès convulsifs ne saurait donc avoir une influence absolue, et nous ne pensons pas comme Pajot que « toute crise nouvelle marque pour l'enfant une élape vers le dénoument fatal » ; il faut tenir compte surtout du moment où elles se produisent el ce n’est qu’après la rupture de la poche des eaux, et alors seulement que nous reconnaîtrons une valeur réelle à la proposition que nous venons de citer.

Voyons d’ailleurs si les cas de mort correspondent au plus grand nombre d'accès.

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Nombre des crises.

Enfants morts

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Nombre des crises. Enfants vivants.

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: Nous distinguons entre les enfants morts-néset morts, ces derniers ont survécu quelques instants à leur naissance et n'ont pu être conservés.

Il y a peut-être une légère différence des crises, qui semblent plus rares quand les enfants ont résisté, mais vraiment si petile qu'on ne peut guère en tirer une conclusion, il nous faudrait plutôt savoir si les crises ont eu lieu avant ou après la rupture car c’est là le point à éclaircir.

A côté de ces enfants, qui meurent pendant le travail

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de l’accouchement, il y en a bien d'autres qui ont déjà succombé pendant la grossesse, et qui viennent au monde maccrés. Pour ceux-ci les convulsions n’entrent pas en ligne de compte, puisque la plupart du temps, toujours même on peut le dire les convulsions n’ont apparu qu'après leur mort. Les auteurs rapportent des faits où la femme aurait accouché d’un enfant macéré 45 jours après ses convulsions, mais à côté de ceux-là il y en a de tout à fait contradictoires, témoin pour ne parler que de celui que j'ai trouvé en faisant ma statistique: femme Sylvestre, âgée de 19 ans, mécanicienne, accoucha à terme d’un enfant de 2.560 grammes et vivant après avoir eu 3 crises d’éclampsie 5 jours avant le travail pendant lesquels elle fut mise au régime lacté absolu. Ici ce sont des causes internes qu'il faut invoquer ; elles jouent en général un rôle très important dans la mort du fœtus. En effet, toules les maladies, qui introduisent dans le sang ‘de la:mère un principe septique se formant pour des raisons diverses et produisant ainsi une imprégnation toxique, telle que la diathèse syphilitique, l'intoxication saturnine, déterminent la mort de l'enfant quand elles sont de date ancienne et ont eu le temps de vicier profondément les humeurs de la mère. L’empoisonnement éclamptique tue lefœtus autant par l'altération des liquides que par les convulsions.

On a fait jouer un rôle à l'élévation de la température. Piedler, Hecker et Hohl ont constaté des exacerbations et des rémissions du pouls fœtal en rapport avec le pouls maternel. Hohl en 1833 avait remarqué qu’une élévation de la température chez la mère rend plusfréquent le pouls

du fœtus. En 1866 Kaminski commença à entrevoir l’influence nocive d’une haute température maternelle sur le fœtus indépendamment de l’action spéciale de la maladie. Il pense que dans les maladies inflammatoires de la grossesse, l'élévation de la température amène la mort autant que la maladie. Runge sur des lapines pleines a tué le produit à 400.

On a dit encore, que l’albumine passait dans les urines de la mère, quand par suite du mauvais état de l’enfant, celui-ci élait incapable de consommer cet excès de matériaux mis à sa disposition. Blot avait trouvé que les enfants nés de femmes albuminuriques naissaient avec un poids au-dessous de la moyenne. Depaul et Dariyau n'hésitent pas à dire que les enfants nés de femmes albuminuriques sont moins forts el de moins belle apparence que les autres.

Les auteurs ont donné à ces faits deux explications : ou bien le fœtus souffre de la maladie maternelle, ou bien, c’est sa nutrition languissante qui détermine ou du moins exagère l’hyperleucomatie et ses suites en laissant non utilisés une partie des matériaux destinés à son accroissement. Mais comment le fœtus souffrirait-il de la dyscrasie maternelle, attendu que la surabondance d’albumine nuisible à la mère ne semble constituer pour lui qu'une source plus riche d'alimentation. La seconde explication nous paraît plus vraisemblable, mais il est difficile de la contrôler, il faudrait prendre la chose sur le fait, et pour cela s’attendre à la cause imprévue, un accident, par exemple, qui en amenant la mort du fœtus, produirait une apparition plus abondante d’albumine, puisque celle

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que le fœtus n’absorberait plus passerait toute entière dans les urines de la mère.

On a vu des femmes devenues albuminuriques dans le cours de plusieurs grossesses, se débarrasser à époque fixe du produit de la conception après avoir présenté une plus grande quantité d’'albumine dans leurs urines et mettre au monde un enfant mal conformé.

D'autre fois l'apparition de l’albumine coïncide si exactement avec le moment présumé où le fœtus est devenu malade et les symptômes encéphalopatiques sont apparus si précisément chez la mère lorsque la vie du rejeton était sur le point de s’éteindre qu’on ne peut se défendre

de rattacher les souffrances maternelles aux altérations fœtales par un lien de causalité. Blot a vu chez une primipare affectée d’anasarque dès le troisième mois, mais exempte d’albumine, ce produit de désassimilation apparaître trois jours avant l'invasion d’attaques éclamptiques, on extrait l'enfant deux jours après par le forceps, et à en juger par son état de macération il était mort au moins depuis cinq jours, époque à laquelle il avait dû commencer à être malade et à moins consommer d’albumine qui élait apparue dans les urines. Mais alors, quelle serait la maladie du fœtus, cause première de tous les accidents ? En acceptant ces conclusions nous créerions à plaisir des difficultés nouvelles; nous dirons seulement que l'enfant souffre de la toxémie maternelle dans sa nutrition que des matériaux nuisibles ne sauraient entrelenir, et meurt par intoxication éclamptique. L'influence de l’éclampsie peut-elle se faire sentir sur l'enfant au delà de la naissance ? Trousseau le croit, Braun «at fac-

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coud nient que les convulsions puissent se transmettre. Mais Bercker, s'appuyant sur l’autorité de Simpson, cite deux cas dans lesquels la mère s’étant rétablie, des convulsions apparurent pendant le travail, l'enfant né vivant et en apparence bien portant mourut aussitôt après à la suite de convulsions identiques.

Nous regretterions de n’apporter aucun éclaircissement à cette question si obscure du pronostic pour l’enfant, si notre rôle n’était surtout de constater les faits. Dans l'éclampsie l’enfant souffre en quelque sorte par influence, et il bénéficie des soins donnés à la mère. Nous allons étudier dans le chapitre qui suit les moyens dont nous disposons et leur opportunité variable avec les phases diverses de la maladie.

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