TRAITEMENT
Nous n’avons pas l'intention de faire ici l'étude complète des traitements nombreux qui ont été en honneur contre l’éclampsie. Cela ne ressort d’ailleurs en rien du plan de ce travail, et ce chapitre suffirait à lui seul au développement complet d’une thèse nouvelle. Comme nous l’avons déjà dit dans notre introduction, nous nous contenterons de voir de quelle façon on a soigné les éclamptiques pendant ces années qui font notre statistique, nous tâcherons de dégager les résultats pour arriver par leur comparaison à prouver la supériorité de celui qui aura nos préférences. Depuis 1872, trois maîtres éminents se sont succédé à la clinique et chacun marque une étape dans l’histoire des traitements. Depaul, encore sous l’influence des idées de Broussais, saignait à outrance et ne faisait guère que cela. Jetez seulement les yeux sur lés tableaux que nous avons dressés et il vous sera facile de vous convaincre de ce fait: à part de rares exceptions on a toujours saigné, 500 grammes, 700 grammes, 1.000 grammes, même 1.200. On parle rarement du chloroforme et du chloral, c'est à peine si nous les trouvons mentionnés deux fois.
Nous n'avons pas à faire ici le procès, ni même la critique de la saignée. Ce moyen a certainement rendu des
ser vices et il en rend encore aujourd'hui. On ne peut pas dire qu'il est tombé en désuélude ou dans l'oubli, puisqu'il n’y a pas encore trois jours nous l'avons vu appliquer à la clinique chez une femme menacée d’éclampsie, et qui après en avoir eu les prodromes, est accouchée sans attaques. Disons cependant que si la saignée est un procédé utile, il faut qu’il soit sagement employé. On tend à reconnaître que les saignées abondantes et copieuses sont nuisibles par leurs effets immédiats ou retardés, il faut qu’elle trouve ses indications dans un élat particulier de la femme et on la réservera plutôt aux femmes vigoureuses pléthoriques, ayant de l’anurie ou une dyspnée intense.
Voici les résultats obtenus par Depaul de 1872 à
Nombre des Eclamptiques. Mortes. Guéries. Mortalité accouchements. - moyenne.
2,433 23 10 10 4 Il reste irois cas dont les observations n'étaient pas complètes et qui ne peuvent pas servir à établir notre
moyenne. De 1876 à 1888, c’est M. Pajot qui a le service :
Nombre des Eclamptiques. Mortes. Guéries. Mortalité
accouchements. moyenne.
De 1888 à 1891 :
Nombre des Eclamptiques. Mortes. Guéries. Mortalité. accouchements. :
SA) Er
La moyenne obtenue par Depaul est de beaucoup la moins favorisée; c'était le règne absolu de la saignée, Avec M. Pajot, nous la voyons devenir moins chargée puisque 1/3 seulement des éclamptiques ont succombé. On pratique encore la saignée, toutes les femmes l’ontété mais nous devons remarquer que déjà en septembre 1877 le régime Jacté est appliqué pour la première fois à la clinique chez une femme qui accoucha 5 jours après seulement d’un enfant vivant et sans attaques. Souvent aussi nous trouvons le chloral, il a été employé douze fois et nous relevons seulement deux cas de mort pour dix guérisons en regard de ce médicament.
Nous voilà arrivés à l'époque de M. Tarnier et ici nous nous plaisons à proclamer les heureux résultats obtenus puisque la mortalité tombe au quart seulement. Ce n’est pas tout encore, la moyenne des éclamptiques a diminué puisque sur 4,833 nous ne trouvons que 20 éclamptiques, c’est-à-dire 0,45 pour 100 ; 1 pour 226.
Du temps de Depaul, nous avions 23 éclamptiques sur 2, 433 ou 1 pour 100.
Avec Pajol : 58 écl. pour 9,057 ou 1 pour 126.
Ainsi et pour nous résumer:
Depaulz, ,4:,.:, 4.pour 100 Blot. 1 3 epou 26 Tarnièr: ...,. 11 pour 230
Avec M. Tarnier le nombre d’accouchements a beaucoup augmenté, landis que le nombre des éclamptiques a beaucoup diminué. Nous avions annoncé ces résullats dès notre début, nous étions sûrs de les trouver, mais peut-
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être pas si favorables, et nous répétons ici avec plus de conviction encore, qu'ils sont dus en général à l’antisepsie rigoureuse que fait notre maître éminent, et qui diminue et les chances de l’infection puerpérale et le séjour des femmes à l'hôpital, dont les nouvelles arrivées peuvent occuper la place; ils sont dus pour l’éclampsie en particulier, au régime lacté que M. Tarnier a introduit dans les maternilés et auxquels beaucoup de femmes doivent de n'être pas mortes d’éclampsie, il sont dus encore aux anesthésiques qui pendant les crises sont les moyens par excellence pour combattre l’intensité des crises et en diminuer le nombre. Nous donnerons donc pour terminer et d'une façon succincte le traitement employé à la clinique qui d’après ce que nous venons de voir peut être retenu comme excellent.
Supposons que nous nous trouvons en présence de malades aux diverses phases de l’éclampsie.
1° La femme est albuminurique. Ce symptôme traduit un état anormal du rein qui place l’organisme en imminence d'intoxication, il faut la prévenir et nous emploierons pour cela le régime lacté absolu, quelques antiseptiques à l’intérieur, tels que charbon, naphtol 8, de légères purgations répétées tous les 4 ou 5 jours.
2° La femme présente des prodromes. Celle là est déjà intoxiquée, il faut ici, outre l’empoisonnement du sang, prévenir les crises éclamptiques. Si la femme est vigoureuce, pléthorique, on pourra pratiquer une petite saignée, 3 ou 400 grammes, on donnera un lavement purgatif qui joue le rôle d’une saignée séreuse. °
3° La femme est en attaques: L’anesthésie s'impose,