‹ Contribution à l'étude de l'éclampsie puerperaleChapitre 5 sur 22 · AGE · texte numérisé non relu

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puerpérale qui a tenu en échec pendant un grand nombre d'années les accoucheurs les plus sagaces.

Albuminurie. — L'albuminurie doit-elle être rangée parmi les causes de l’éclampsie. De ce fait que l’urine contient de l’albumine la femme deviendra-t-elle éclamptique? N'avons-nous pas l’air de confondre ainsi l'effet et la cause, l’albumine étant surtout un symptôme de la maladie, la manifestation extérieure des modifications subies par le sang. L’albumine ne crée pas l’état pathologique, elle est seulement un des éléments constitutifs du syndrome éclampsie, car ici, comme dans toutes les maladies du rein, ce n’est pas ce qui passe à travers le filtre rénal qui crée le danger, c’est ce qui ne passe pas.

Cependant la présence presque constante de l’albumine dans l'urine des malades est un grand fait qui domine toute l’étiologie de l’éclampsie, le signe révélateur par excellence d’une cause entre toutes, l'insuffisance fonctionnelle du rein.

L’albuminurie tient une large place dans les préoccupations des accoucheurs. Elle le doit à sa fréquence et à son caractère souvent redoutable. A un léger degré c'est un symptôme habituel de la deuxième moitié de la grossesse, mais souvent chez les primipares elle s'accompagne de phénomènes graves. Bien sûr, elle ne mène pas toujours à l’éclampsie, et dans le cours de nos recherches nous avons vu de nombreuses observations d'albuminuriques accouchées à bon terme, surtout dans ces dernières années, depuis que le régime lacté ap-liqué à temps éloigne de beaucoup de ces malades le

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danger qui les menaçait. Néanmoins si toutes les albuminuriques ne sont pas éclamptiques, nous pourrions dire que toutes les éclamptiques <ont albuminuriques, en prenant appui de cette affirmation dans tous les cas relevés dans nos tableaux et où pas une fois ce symptôme n’a fait défaut. Il y en avait des quantités plus ou moins considérables avant, pendant, après les accès ou à ses divers temps à la fois, un léger nuage ou se prenant en masse, mais il y en avait toujours. D'ailleurs c'est là l'opinion générale et beaucoup d’accoucheurs révoquent en doute les cas cités où l’albumine manquait, disant qu'elle avait échappé aux recherches, mais que fatalement elle devait exister. Hippolyte Blot n'affirme-t-il pas que parfois l’albuminurie des femmes enceintes est plus qu'éphémère ? M. le professeur Tarnier disait il y a quelque temps dans une de ses cliniques : « Les cas d'éclampsie sans albuminurie n'existent pas... c’est-à-dire ils existent, mais ils sont si rares que je vous prie de les oublier. » Cette réticence dans l'esprit de notre savant maître, suffit pour nous édifier.

Le plus souvent l’albuminurie chez la femme enceinte est un phénomène physiologique, puisque 10 pour 100 des gestantes en présentent à un moment donné. Le sang de la mère doit fournir au fœlus des matériaux de nutrition, mais ce n’est qu’à travers la paro; endothéliale des capillaires et la couche cellulaire de revêtement de la villosité par endosmose que le passage de ces éléments s'effectue. L'absence d’inosculation entre les vaisseaux. utérins et placentaires ne permet

pas aux matières insolubles de passer, d’où les diverses

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modifications de l’albumine devenue soluble et diffusible pour nourrir le nouvel être. Si la quantité d’albumine fournie par l'organisme maternel est trop considérable, si par suite d’un mauvais état du fœtus, ses besoins sont diminués, on verra cet excès éliminé et apparaître dans

les urines sans préjudice pour la mère et l’enfant.

Mais si l’albuminerie s’accompagne d’œdèmes plus ou moins généralisés, de céphalées, de troubles de la vue, de vertiges, de somnolence, de tous ces symptômes enfin mentionnés dans la plupart des cas d’éclampsie que nous avons trouvés, on est en droit de penser que lalbumine, en soi, symptôme bénin, dénote ici un état plus grave, et c'est alors surtout que sans le moindre retard on aura recours au traitement prophylactique qui rend de si grands services puisqu’avec le régime lacté appliqué seulement pendant huit jours, M. Tarnier dit n’avoir pas encore vu de femme enceinte et albuminurique devenir éclamptique.

Etat puerpéral. — L'état puerpéral est la condition essentielle indispensable, sine qua non de l’éclampsie. « Dans le cours de la gestalion, l’éclampsie est en quelque sorte préparée par le travail de chaque jour », dit Velpeau, et Dumas : « Du moment où il y a grossesse, la femme devient en imminence d’albuminurie », nous pourrions ajouter sans risquer un faux syllogisme et du moment où il y a albuminerie la femme est en imminerce d'éclampsie. La parlurition imprime à l'organisme maternel des modifications profondes et qui l’atteignent dans tous ses

ay pareils. I suffit de jeter un coup d'œil sur cette impor-

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