‹ Contribution à l'Étude de l'Élimination urinaire du Sous-Nitrate de Bismuth Administre par voie BuccaleChapitre 15 sur 17 · ARE · texte numérisé non relu

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dernier au laboratoire de la Faculté de Médecine, et la calcination au chalumeau de résidus urinaires pendant plusieurs heures de suite était pour nous des plus pénibles, tant à cause de la température atmosphérique que de notre infirmité : il nous fallait nous tenir debout sur notre jambe mutilée, afin de pouvoir actionner la soufflerie avec le seul pied que nous avons ramené intact de la guerre. On comprend que dans ces conditions nous n’ayons pas multiplié les analyses.

Quoi qu'il en soit, cette deuxième expérience nous a mOontré d’une façon nette la présence du bismuth dans les urines d'un sujét sept heures, quinze heures et vingt-trois heures après ingestion de sous-nitrate. Il aurait peut-être été possible, avec un réactif plus sensible, de retrouver le métal beaucoup plus longtemps encore. Nous pensons cependant que notre première constatation présente déjà un intérêt suffisant pour valoir d’être rapportée.

ExPÉRIENGE N° 3

Nous donnons le n° 3 à cette expérience bien qu'elle soit la dernière à laquelle nous nous soyons livré. Elle continue en effet logiquement les deux premières, tandis que celle que nous rapporterons pour terminer serattache plutôt à celle de MM. Gérard et Daumic.

Le même sujet sur lequel avaient été faites les deux premières expérimentations a ingéré tous les matins pendanttrois semaines 3 grammes de sous-nitrate de bismuth chimiquement pur. Cette dose très faible a suffi à donner aux selles une coloration noire qui a d’ailleurs persisté plusieurs jours après la cessation du traitement. Un échantillon d’urine a été prélevé chaque matin au réveil et chaque soir au moment du coucher. Nous avons systématiquement recherché le bismuth dans ces urines. La réaction de Léger-Aubry ne s’est jamais montrée aussi abondante que chez les malades soumis à des injections intra-musculaires de sels de bismuth ; elle a mème été complètement nulle pendant les trois premiers

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jours. Le quatrième jour un faible précipité rouge est apparu ; On en à trouvé un beancoup plus net les jours suivants, avec assez de régularité. Nous avons encore pu déceler la présence de traces de bismuth dans l'urine le lendemain du jour de la cessation du traitement.

ExPÉRIENCE N° 4

Pour contrôler par une méthode différente les expériences de MM. Gérard et Daumic, nous avons ensemencé notre tube digestif avec des cultures de bacilles lactiques divers au moyen d'une des préparations de cegenre quel’on trouve dans le commerce sous forme de comprimés tout préparés. Nous avons ingéré ces comprimés acide lactique bacilles lactiques pendant dix jours avant le début de l'expérience proprement dite; puis nous avons commencé à absorber du sous-nitrate de bismuth à doses croissantes : 5o centigrammes par jour, puis 1, 2, 3, 4, 5 et 10 grammes.

Pendant les sept premiers jours nous avons continué à absorber des comprimés acide lactique-bacilles lactiques. Malgré les doses extrêmement faibles de sous-nitrate absorbé au début, la présence du bismuth dans l'urine a pu être notée dès le troisième jour. Le sixième jour une diarrhée notable a commencé en même temps qu'une sensation de lassitude était ressentie. Le septième jour nous cessons de prendre des bacilles lactiques. Le neuvième jour, alors que nous avions absorbé au total 45 grammes de sous-nitrate, nous remarquons sur nos gencives, autour du collet des dents un liséré congestif qui a bruni le lendemain. Nous avons aussitôt cessé d’absorber du sous-nitrate de bismuth. A ce moment, en plus de troubles gastro-intestinaux marqués, nous souffrions d’une asthénie profonde, au point de ne plus pouvoir continuer nos analyses. Une céphaialgie tenace, des vertiges, des éblouissements compliquaient le tableau. Tous ces symptômes d’un début d'intoxication se sont progressivement amendés par le repos et la diète. Seul le liséré gingival a persisté un certain temps.

2 au.

Il est évident que cette expérience isolée est critiquable : nous avons pu être victime par coïncidence d’une indisposition dont l’origine pourrait être imputable à une autre cause que nos expériences. Aussi nous proposons-nous de recommencer ces dernières prochainement.

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