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-tréponème par toutes les issues sous une forme
indéfiniment prolongée, ce qui estun grand avantage, la continuité dans l'effort étant dans bien des cas la condition d’un bon résultat dans la thérapeutique antisyphilitique.
« Elle est supérieure aux médications buccales actuelles, plus active que la médication buccale mercurielle seule, parce que le bismuth ne se contenie pas d’être un facteur de tolérance du mercure, mais ajoute ses propriétés tréponémicides propres à celles de celui-ci. Enfin la thérapeutique ab ingestis est bien souvent la seule possible à la campagne, dans certains milieux, à certains moments de la vie du syphilitique... »
Cette communication à la Société médicale des hôpitaux de Paris date du 11 novembre 1921. Quelques mois plus tard, en mars 1922, M. Milian insistait à nouveau sur l'utilité du sous-nitrate de bismuth comme agent antisyphilitique s’administrant par voie buccale. Nous croyons devoir reproduire ces quelques fragments de l’étude qu'il a publiée à ce sujet dans le numéro de Paris-Médical spécialement consacré à la vénéréologie :
« Il est à noter que depuis longtemps, les gastropathes soignent les gastropathies, l’ulcère rond en particulier, par le bismuth. Ils l’emploient avec l'idée théorique d’en faire un pansement inerte mécanique, capable de boucher les trous et de protéger la muqueuse gastrique contre l’auto-digestion. En réalité, ils ont usé sans le savoir de la propriété antisyphi-
litique du bismuth dans des affections gastro-intestinales dont l’origine syphililique apparaît de jour en jour plus fréquente...
« Mais si les résultats thérapeutiques sont intéressants et font que le bismuth entrera sûrement dans ia thérapeutique à côté du mercure, de l'iodure de potassium et de l’arsenic, le corps tel qu'il est maintenant, et surtout tel qu'il est employé, présente certains inconvénients. Les injections même bien faites, même strictement intramusculaires sont toujours douloureuses,quelquefois très douloureuses : raideur des cuisses, gêne dans la marche, gêne dans le lit au point d'amener l’insomnie..
« Cette thérapeutique massive est difficilement réalisable, tantôt du fait de la stomatite, tantôt du fait de l’intoxication générale. Aussi me semble-t-il que cette posologie devra être modifiée. Le bismuthate insoluble est assez comparable aux préparations mercurielles insolubles, et il semble qu'on puisse l’employer à peu près comme celles-ci...
« Depuis longtemps, j'ai essayé de donner par la bouche le mercure (sublimé ou calomel) en compagnie desubstances qui en diminuent les effets fâcheux sur l'estomac et l'intestin (anorexie, pesanteur ou brûlures gastriques, coliques, diarrhées, etc.) Au lieu de l’opium, qui est le correctif du sublimé dans les pilules de Dupuytren, j'ai associé le mercure au glycéro-phosphate de chaux. La médication est ainsi distribuée en cachets, et non en pilules révélatrices pour les commensaux de la salle, tandis que les
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cachets se présentent sous une allure omnibus que se permettent toutes les coquetteries morbides. Le glycéro-phosphate de chaux remédie aussi à la déminéralisation par le mercure ainsi qu’à la diarrhée.
« J’ai depuis plusieurs mois substitué ou associé le sous-nitrate de bismuth au glycéro-phosphate de chaux. On joint ici l’action tréponémicide du bismuth à son action antidiarrhéique et on peut ainsi continuer pendant fort longtemps, quarante jours de suite par exemple, des cures que certains sujets devaient interrompre au bout de quelques jours à cause des douleurs gastriques et de la diarrhée. »
« J'emploie plus souvent le calomel que le sublimé, car sa teneur en mercure est plus élevée que celle du sublimé. »
M. Milian indique à titre d'exemple une formule où il fait entrer, avec une faible dose de glycérophosphate de chaux, 1 centigramme de calomel et 1 gramme de sous-nitrate de bismuth par cachet.
Nous nous sommes demandé si l’azotate basique de bismuth ainsi employé peut être légitimement considéré comme ayant une action contre le tréponème : tel est le problème qui fait l’objet du présent travail.
Dans un premier chapitre nous passons en revue les travaux récents ou anciens qui établissent d’une façon indubitable la puissance d'action du bismuthmétal contre la syphilis. Un second chapitre étudie le sous-nitrate de bismuth ; nous avons réuni dans cette partie de notre ouvrage les résultats des
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‘recherches entreprises avant nous pour déterminer
la nature, la toxicité, les conditions d’assimilation, l'utilité du sel en question; dans un troisième chapitre nous avons relaté nos expériences personnelles sur la solubilité habituelle ou accidentelle, l’assimilation et l'élimination. Nous croyons pouvoir en conclure que l’absorption prolongée de sous-nitrate de bismuth a comme résultat le passage dans la circulation sanguine de quantités notables du métal sous diverses formes. Les quantités assimilées varient suivant les circonstances et surtout suivant la pureté du produit employé. Notre enquête nous a démontré qu'il n’est pas possible de trouver chez deux pharmaciens différents deux échantillons de sous-nitrate de bismuth ayant la même teneur en acide azotique ou en bismuth. Cette réserve faite, on ne peut nier que le sous-nitrate de bismuth employé comme. l’isdique M. Milian est capable d’avoir une action efficace contre la syphilis.
Nous avons commencé nos recherches au laboratoire de thérapeutique de la Faculté de médecine de. Paris,où M. le professeur Carnot a bien voulu nous admettre. Nous les avons achevés au laboratoire de la Clinique Baudelocque, avec l’assentiment de M. le professeur Couvelaire. Notre ami, le Dr Petetin, chef-adjoint de ce laboratoire, a bien vouiu nous aider de ses conseils, que sa science et son expérience nous ont rendu particulièrement précieux. Nous lui adressons ici nos sincères remerciements.