‹ Contribution A L'Étude De L'Embolie GraisseuseChapitre 3 sur 23 · ET · texte numérisé non relu

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offrit des symptômes d’abattement, de collapsus, de dyspnée, abouüssant souvent à la mort dans un laps de temps plus ou moins long. On trouva toujours à l’autopsie une grande quantité d'huile mêlée au sang dans les vaisseaux du poumon; cet organe était même le siége d’une hépatisation foncée spéciale lorsque l’introduction avait eu lieu par la bouche, et l’exsudat contenu dans les alvéoles était richement mélangé de gouttes d'huile. Le plus souvent le foie et le rein présentaient aussi la même infiltration graisseuse. ln somme, pour ces auteurs, l’huile, qu’elle soit injectée dans le sang ou qu'on l’introduise dans le tube digestif (auquel cas elle est résorbée par les villosités intestinales, et arrive en fin de compte aussi dans le sang, sans subir de transformations), vient se déposer intacte dans les parenchymes de ces viscères, et y produit le poumon gras ou la pneumonie graisseuse, le rein et le foie gras (fette Lunge, Niere, Leber — fettige Lungenentzündung, Pneumonia oleosa); et ce n'est qu'après s'être fixée dans ces organes qu'elle subit ses métamorphoses. Ils relevèrent aussi le fait étrange que le poumon était beaucoup plus fortement altéré que le foie et le rein lorsque la graisse venait du tube digestif, tandis que l’inverse avait lieu après les injections Intravasculaires.

Ces résultats parurent suspects à Virchow!. Il voulut les vérifier, mais il eut beau alimenter longtemps des lapins avec de l’huile, il n’obtint jamais ni pneumonie grasse, ni stéatose du rein ou du foie. Il observa bien une oblitération passagère des petits vaisseaux par l'huile, mais pas d'infiltration du parenchyme. Aussi attribue-t-il la Pneumonia oleosa des savants belges à la pénétration d’une partie de l’huile dans le larynx et les voies respiratoires, au moment où on la faisait avaler aux animaux.

Cobhn ne fut pas plus heureux que Virchow sur le chapitre du poumon?. L'huile qu’il injecta dans les veines, avec l'intention de produire des infarctus pulmonaires, resta toujours sans effet; il trouva bien les petits vaisseaux gonflés de graisse, mais n’observa pas de troubles importants de la circulation. Quant à la pneu-

1 VircHow, Gesammelte Abhandlungen, ete. Frankfurt a. M., 1856, p. 796. Con, Klinik der embol. Krankh. Berlin, 1860, p. 348, et p. 268, exp. VIII.

monie que Gluge avait vue se produire après la simple résorption intestinale de graisse, il ne put la constater, et ne trouva jamais dans les capillaires une accumulation de gouttelettes graisseuses capable d’entraver la circulation, car ces gouttelettes sont si petites qu’elles ne peuvent représenter des embolies proprement dites. Pour ce qui concerne le foie, Cohn se rapproche de Magendie et de Gluge et Thiernesse, car il cite comme une des causes pathogéniques du foie gras l’infiltration du parenchyme par les globules de graisse en suspension dans le sang. Dans les artères hépatiques, cette graisse, bien qu’ordinairement divisée en granules plus petits que les corpuscules sanguins, mérite cependant le nom d’embolie parce qu’assez fréquemment aussi elle forme des gouttes d’un volume trois à quatre fois supérieur à celui des hématies; les amas de ces gouttes bouchent les capillaires et déterminent autour d'eux, en attendant leur pénétration lente dans le tissu, une hypérémie locale, mais pas de troubles plus graves, vu leur nature indifférente et la petitesse des canaux obstrués. La graisse au contraire qui vient par la veine porte paraît pouvoir par son volume produire des troubles circulatoires (stase) beaucoup plus considérables.

Frerichs? dit aussi que l'huile injectée dans la veine porte, à moins d’être dans un état de division extrême, ne traverse pas le foie, mais s’y accumule de manière à constituer de petits kystes huileux, puis pénètre peu à peu dans les cellules hépatiques. Il en est de même de la graisse venant de l’intestin ; car chez des chiens auxquels 1l donnait d’une demi- à une once d’huile de foie de morue par jour en sus de leur nourriture ordinaire, il constata sur de petits morceaux de foie, enlevés par une plaie du ventre, que déjà au bout de vingt-quatre heures le contenu granuleux des cellules avait augmenté, et qu’en huit jours celles-ci devenaient le siége d’une abondante infiltration de gouttes de graisse. Lorsque l'on revient à l'alimentation normale, cette graisse disparait en peu de temps, soit qu'elle retourne au sang, soit qu’elle prenne part à la formation de la bile.

DOC pETe:

? FRerICHS, Klinik der Leberkrankh , 1861, t. I, p. 289.

SR

Je résume les notions que l’on avait jusqu'ici acquises, par les expériences seulement, sur le sujet qui nous occupe. La graisse, présente dans le sang à la suite d’injections, est arrêtée par les capillaires des organes. Au poumon, l’obstruction des vaisseaux produit une augmentation de pression et une transsudation collatérales, mais pas d’autre altération, la « pneumonie graisseuse » n'ayant pas été confirmée et étant susceptible de l'explication différente donnée par Virchow. Dans le foie, la graisse, après avoir produit la même hypérémie voisine, est peu à peu absorbée par le parenchyme. Au point de vue fonctionnel, un abattement profond et une dyspnée parfois mortelle étaient généralement regardés comme les symptômes essentiels de l’embolie graisseuse expérimentale.

L'embolie graisseuse était encore inconnue chez l’homme. Cobn, il est vrai, avait vu dans certains ramollissements de l’encéphale les capillaires cérébraux remplis de granules de graisse qui pouvalent, d’après lui, provenir d'une triple source : dégénérescence graisseuse de la paroi vasculaire ; provenance extérieure du tissu cérébral ramolli; ouverture d’un foyer athéromateux d’un gros vaisseau. Il avait aussi assigné une origine analogue aux embolies capillaires par globules de graisse, que l’on trouve parfois dans les extrémités atteintes de gangrène?. — H. Müller >, de son côté, avait trouvé les capillaires de la choroïde obstrués par des détritus mêlés de gouttelettes graisseuses, et même à certains endroits par des bouchons de graisse pure et homogène, le tout provenant d’une dégénérescence de l’endothélium des artères ciliaires. (Il publia plus tard 4 encore un second fait semblable : dans un cas de dégénérescence graisseuse des petites artères de la protubérance et du cervelet, il trouva aussi les districts capillaires correspondants occupés par les mêmes embolies de détritus cellulaires et de graisse.)

Mais la distance est grande de ces embolies périphériques, comme

1 Loc. cit., p. 404.

Id., p. 655.

3 Würzhurger Zeitschrift, t. I, 1860, p. 47, # Id. t. V, 1864, p. 73.

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