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III. — Ofinion de Lockwood

Les idées émises par Uskow, His, Ravn, sont, en quelque sorte, des idées fondamentales, car précisément, par les points où elles sont en désaccord, elles font voir les diverses façons d'envisager la question qui nous occupe, et c’est autour d’elles que gravitent pour ainsi dire les opinions de tous ceux qui ont abordé l'étude des premiers cloisonnements du cœlome.

J'examinerai en premier lieu la théorie de Lockwood; cet auteur à publié ses travaux sur le diaphragme en 1887 et en en 1888, donc antérieurement à Ravn et logiquement c'est avant Ravn qu'il mériterait d’être cité, mais je n'ai eu à ma disposition que les analyses de Schwalbe et Hoffmann et celle du lahresbericht et par suite, ainsi résumées, les idées de Lockwood peuvent difficilement suffire à une description complète.

Quoi qu'il en soit, la question qui se pose immédiatement est celle de l’origine des mésocardes latéraux telle que la conçoit Lockwood. Or, d’après le compte rendu de Schwalbe et Hoffmann, « le mésocarde latéral est un point où le méso-

1. Ravn avait eu un précurseur dans Brachet (1898) écrivant : « Je crois que le Septum Transversum de Ravn et le diaphragme primitif du même auteur se soudent complètement entre eux en une seule cloison. »

blaste n’est pas fendu et où, de chaque côté de la veine ombilicale, il se continue avec la veine omphalomésentérique. » Donc à n’en pas douter : origine primitive, comme je l’ai exposé à propos de Uskow, chap. II.

Mais suivant l'analyse du laresbericht, « l'extrémité veineuse du cœur et les extrémités cardiaques des veines omphalomésentériques sont fixées à la paroi ventrale du pharynx par le mésocarde postérieur (c’est-à-dire dorsal) et de plus après la première partie du neuvième jour, les veines omphalomésentériques sont fixées par une adhérence (un pli), autrement dit le mésocarde latéral... C’est ainsi que le cœlome est converti en un passage.…; comme ce passage doit sa formation. Mais coïncidant avec le développement du mésocarde latéral. » Autant de textes qui paraissent bien indiquer la nature secondaire du mésocarde latéral, quelque chose comme l’adhérence secondaire, décrite par Ravn.

En tous cas, de très bonne heure, au neuvième jour, on voit une cloison bien constituée qui réunit les parois opposées du corps au bord crânial de l’ombilic intestinal; à cette époque, il n’y a déjà plus de recessus pariétaux (si même ils ont jamais existé) et les mésocardes latéraux semblent entrer pour une part dans leur occlusion caudale. Pour ce faire, les mésocardes latéraux ne sont donc pas dirigés crânio-caudalement, longitudinalement, mais bien transversalement, c'est-à-dire possèdent une face qui regarde vers le crâne, au moins obliquement, et par suite ils ne sont pas la formation décrite : ponts d’accolement, par Uskow, mais sont plutôt les expansions latérales secondaires de son Septum Transversum.

Cependant, cette disposition est purement transitoire; la cloison acquiert bientôt une partie frontale (en dossier de chaise) et les mésocardes latéraux, qui en sont les parties latérales, comme les ailes, deviennent de même frontaux. Et, par quel mécanisme se produit cette variation de position ? C’est, dit Lockwood, par «l'expansion du cœur » et « la

flexion crânienne ». En effet, le cœur bombe de plus en plus en avant, ventralement; la tête, en se fléchissant, repousse cette proéminence caudalement, en sorte qu'une partie de la paroi ventrale devient caudale. La paroi caudale de la cavité pariétale s’est donc accrue en sens dorso-ventral et la partie ventrale de cette paroi caudale s’est reportée vers la queue, mais sa portion dorsale, la cloison primitive, ne peut subir une semblable translation, car elle est maintenue en place par le mésocarde dorsal. Force lui est donc de se « rétrofléchir vis-à-vis des veines omphalomésentériques et de former un pli transversal », c’est-à-dire frontal. Le cœur a donc joué en quelque sorte le rôle du poids qui, placé sur le plateau d’une balance, fait baisser ce plateau seulement en élevant l’autre d'autant.

Quant aux dénominations, Lockwood réserve le nom : Septum Transversum à la partie purement splanchnopleurale de la cloison, donc sa région médiane : les mésocardes latéraux sont ses parties latérales qui réunissent la splanchnopleure à la somatopleure et semblent eux aussi être recourbés en angle dièdre droit : donc seule leur portion crâniale et frontäle constituerait les ponts d’accolement de Uskow. Le péricarde dorsal est l’ensemble de la cloison frontale (le dossier de la chaise); «il apparaît au commencement du onzième jour ; il résulte du Septum Transversum (sa partie frontale seulement) et partiellement des mésocardes latéraux »: une autre partie des mésocardes latéraux entrera dans la constitution du diaphragme dorsal. Enfin la portion caudale et transversale de la cloison (pour un homme debout) représentée par le siège de la chaise, est formé par « le reste du Septum Transversum » et est appelé « diaphragme ventral, compris entre le cœur et le foie ».

Aussi, à ne considérer que le terme : Septum Transversum, on voit que, pour Lockwood, il désigne une formation purement splanchnopleurale; par là Lockwood s'éloigne de His (1881) et de Ravn (1889-1899), mais il se rapproche de Uskow,

Lie

lorsque ce dernier décrit l'embryon de neuf jours (lapin, 1883). La partie ventrale de son Septum Transversum entre dans la constitution du diaphragme ventral, à laquelle constitution participent aussi les mésocardes latéraux par leur extrémité qui obture les recessus ventraux. — Sa partie dorsale est une portion du péricarde dorsal, à la formation duquel prennent part aussi les mésocardes latéraux, par leur extrémité crâniale.

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