IV. — Ofinion d'Hertwig
Hertwig dans les diverses éditions de son traité d’embryologie (dont la première est datée de 1888, donc contemporaine des travaux de Lockwood) décrit le cœlome comme apparaissant par deux ébauches symétriquement placées par rapport au plan médian; par suite, dit-il, « on devrait trouver le mésentère ventral dans toute la longueur du tube digestif, comme c’est le cas pour le mésentère dorsal. » Ce- ‘pendant ce mésentère ventral disparaît dans sa partie comprise entre le cœur et la paroi ventrale, donc : point de mésocarde ventral, et en outre dans toute la longueur du tube digestif depuis l’anus jusqu’au duodénum, la seule partie persistante relie le duodénum et l’estomac à la paroi ventrale, constituant le mésogastre ventral et le mésoduodénum ou mésentère ventral dont l’ensemble forme « une masse de tissu renfermant de nombreuses cellules. » Ce bloc de tissu est «ce que Külliker a appelé le bourrelet hépatique et His, chez l’homme, le foie primitif (Vorleber) ». A droite et à gauche du bourrelet hépatique existent les recessus ventraux qui seraient fermés chacun secondairement, seulement dans la suite du développement et par le fait de la formation d’un pli, né dans la somatopleure, qui s'avancerait progressivement de la paroi externe du corps vers la ligne médiane pour se souder finalement avec le bourrelet médian, dont l’origine est purement primitive.
Widersheim (1902) est à peu près du même avis que Hertwig, et pour lui aussi le diaphragme ventral est formé par un pli dont l'accroissement est centripète et se dirige de la somatopleure vers la splanchnopleure.
C'est aussi l'opinion de Rouvière (1904) qui donne, pour cause au pli centripète, le développement des veines ombilicales, lesquelles « déterminent, de chaque côté, la formation d’une cloison. les mésocardes latéraux. » Et ces mésocardes latéraux formeraient bien « en bas » les parties latérales de la paroi postérieure de la cavité péricardique (l’embryon est supposé debout sur les membres postérieurs).