VI. — Ofinion de Brachet
Brachet, en 1895, a repris l'étude de l’embryologie du diaphragme en se servant d’embryon de lapin; mais son plus jeune embryon ayant déjà 9 jours et demi, il lui est difficile d'étudier la formation des premiers cloisonnements. A ce stade il dit que le « Septum Transversum est un bourrelet de tissu conjonctif, saillant dans le cœlome, libre en avant, se continuant en arrière avec la paroi postérieure de la cavité péricardique.. (il) forme une paroi supérieure incomplète à la cavité péricardique et sépare cette dernière des cavités pleuropéritonéales. En avant de son bord antérieur libre ces différentes parties du cœlome communiquent entre elles » (1). Mais cette lame mésodermique paraît être identique à la cloison frontale indiquée déjà par His, étudiée par Uskow, au stade de 10 jours, sous le nom de ponts d’accolement, par Lockwood sous celui de péricarde dorsal, par Ravn sous la dénomination de Septum Transversum, tel que ce dernier auteur le comprend en 1889 (et non en 1899). Cependant le mode de formation du Septum Transversum n’est pas exposé de même par Ravn et par Brachet. Ce dernier par suite de l’absence des stades tout à fait précoces, est forcé de recourir à une hypothèse, laquelle correspond à celle de Lockwood et s'accorde avec celle de His au sujet des embryons humains; en tous cas voici l'exposé de Brachet : «Il (le Septum Transversum) semble n'être à ce stade (9 J. 12) qu'un épaississement en avant de la zone d’union entre la somatopleure et la splanchnopleure le long de la ligne d’in-
1. L'embryon est supposé couché sur le ventre ; donc : en avant = crânial, etc.
sertion du proamnios. Cet épaississement mésoblastique et la forte saillie qu'il fait dans le cœlome sont dus à ce que des veines volumineuses pénètrent à ce niveau dans le corps de l’embryon et s’anastomosant entre elles forment le sinus veineux. On s'explique très bien la formation du Septum Transversum en tant que cloison supérieure (dorsale) de la cavité péricardique, si l’on suppose que son bord antérieur (crânial) libre actuellement répondait à un moment donné au pourtour antérieur (crânial) de l’émbilic, c’est-à-dire se confondait avec le bord supérieur (dorsal) de la paroi postérieure (caudale) du péricarde. La cavité péricardique, par suite du développement considérable du cœur, s'agrandit. La paroi postérieure (caudale) et l’ombilic sont refoulés en arrière (caudalement) et le bord supérieur (dorsal) de la première restant en place, on comprend facilement qu’une partie de cette paroi devienne supérieure (dorsale); c’est cette partie qui constitue le Septum Transversum » (Journal de l’anatomie, 1895). Donc ce ne sont pas les veines qui, en se développant, forment un accolement, un pont entre la splanchnopleure et la somatopleure, mais elles paraissent contourner le fond de la Bursa parietalis, comme disait His, et par un mouvement relatif, semblent s'élever vers le crâne: mouvement qui est dû au recul caudal du bord de l’ombilic intestinal.
En somme Brachet développe ce qu'il avait dit en 1894 (archives de Biologie): « La limite ventrale et en même temps postérieure du Septum Transversum est donnée par le pourtour proximal (1) de l’ombilic c’est-à-dire par le point où les veines omphalomésentériques et ombilicales pénètrent dans son épaisseur. Sa limite proximale (2),qui est en même temps dorsale, est donnée sur la ligne médiane par le tube digestif, auquel 1l est uni, et latéralement par les canaux de Cuvier...
1, C'est-à-dire crâuial, pour notre nomenclature.