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tricale. Il est, par exemple, plus transportable, plus maniable et plus puissant; plus agréable à respirer, il est moins excitant que l’éther, nous donne un plus grand contrôle et nous permet unesurveillance plus attentive de l’état de l’anesthésie (1}».
Si le chloroforme est plus transportable et plus maniable que
l’éther, c'est un avantage qui ne favorise que l’opérateur, et
nullement la malade. Le médecin, en général, et l’accoucheur en parliculier, doit toujours s’effacer devant les malades qu'il Jui faut traiter. Le chloroforme est certainement plus puissant et tellement même, qu'il entraîne souvent la mort de la malheureuse victime qui est obligée de s’y soumettre. Le chloroforme est sans doute plus agréable à respirer, mais cette raison ne doit nullement pencher dans la balance pour le choix de l’accoucheur. La thérapeutique nous indique, en effet, beaucoup de remèdes très désagréables au goût et qu'on ordonne cependant tous les jours, parce qu'on en connaît les bons résultats. L'excitation par l’éther est rare, et n’exerce aucune influence néfaste. Malgré les affirmations contraires de Simpson, nous pouvons dire que l’éther donne un plus grand contrôle et nous permet une surveillance plus attentive de l’état de l’anesthésie. Le chloroforme ne donne qu'une respiration insignifiante et qu'il est très difficile de surveiller par la vue et par l'ouie. L'éther, au contraire, provoque toujours une respiration bruyante, qui soulève, en même temps, la cage thoracique d’une façon très prononcée.
Depuis lors, on usa et on abusa du chloroforme. Le T avril 1853, la reine Victoria d'Angleterre bénéficia de l’anesthésie et, dès lors, le chloroforme à la reine fit fortune.
Les médecins français et belges furent loin de partager complètement l’enthousiasme des accoucheurs anglais, alle-
(1) Simpson, Obstetric works, p. 599.
mand$s où italiens. Ils avaient remarqué que le chloroforme procurait souvent des hémorragies ; mais ils n'avaient pas su en préciser les motifs. Nous indiquons plus loin la cause de ces hémorragies, qui n'auraient pas eu lieu avec léther, et le docteur Graux n'aurait pas pu dire au sein de l’Académie belge sans soulever d'opposition : « L’obstétrique devra peu de cho- » ses au Chloroforme, la femme est condamnée à enfanter dans » la douleur ».
Cet abandon de l’anesthésie de la part des accoucheurs français eut surtout pour origine les conclusions de P. Dubois. Malgré les cinq succès dont nous avons parlé, il disait : « Si » l’on me demande maintenant ce que je pense de cette appli-
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» cation, je dirai que je ne crois pas que, dans l’état actuel, les » inhalations soient applicables, au moins d'une manière géné- » rale, à la pratique des accouchements ». Ce qui lui valut cette exclamation de Malgaigne : « À mes yeux, il y à une » distance infranchissable, une sorte d'abîime entre les con- » clusions scientifiques et les conclusions pratiques de la » communication de M. Dubois ».
M. Joulin, dans son Traité d’accouchements, dit aussi, à propos des conclusions de M. P. Dubois : « Cette condamna- » tion singulière, car elle n’était basée que sur des succès, en
» petit nombre à la vérité, a pesé en France sur lPavenir de » l'anesthésie, de toute l'autorité de celui qui l’a formulée. Les » élèves de P. Dubois sont restés sous le coup de sa parole, et
» ont accepté le jugement sans chercher à en appeler à l’expé- » rience ». Le maître avait parlé, magister dixit, on devait donc se taire. Ce silence fut général, à part de rares exceptions. Parmi ces exceptions, nous devons saluer au passage la thèse de M. le docteur Laussel, soutenue à Montpellier en 1866.
Expérimentation. — Voyant les résultats de ces observations personnelles ou étrangères, nous décidâmes de les
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contrôler par l'expérimentation. Nous avions été surtout frappé de la différence des résultats obtenus par les deux anes- ‘ thésiques touchant le relâchement de la fibre utérine. Tandis qu'avec l’éther on obtenait un relâchement absolument complet, les contractions persistaient malgré les doses massives de chloroforme administré. Une observation semblable avait été faite par Paul Dubois qui, d'après le témoignage de M. Liégard, de Caen, n'avait jamais pu obtenir l'inertie de la matrice même quand il la recherchant en poussant la chloroformisation jusqu'à ses dernières limites (Gazette des Hôpitaux, 1859, pag. 94).
Avant que nous ayons pu exécuter ces expériences projetées, faute d’une chienne pleine, nous trouvâmes, sur la Semaine médicale du 26 février 1898, un article rendant compte d’expériences semblables. Ces expériences avaient fait l'objet d'un travail publié par M. Hensen, de Kiel, dans les Archives für Gynækologie, LV,1. Cet auteur allemand, disait l’article, concluait à la supériorité de l'éther sur le chloroforme. Voulant nous rendre compte, par nous-même, nous consultâämes le numéro en question du Für Gynækologie. Aidé de notre camarade et ami Fuster, nous traduisimes les principaux passages de ce travail. L'auteur indiquait les expériences qu'il avait faites sur des femmes en travail, après introduction d’un ballon dans le col. Il était arrivé, grâce aux indications d'un manomètre enregistreur, aux conclusions suivantes :
« 4° La morphine, à la dose de 0,5 à 2+cent., est sans » influence sur la contraction ou sur la pression abdominale;
» 2° L’éther cause, après une ou denx minutes, un impor- » tant affaiblissement dans la marche du travail, par ce fait » que les douleurs sont diminuéeset les intervalles (les pauses) » allongés ;
» 3° Après l'enlèvement de l’éther, les contractions se repro- » duisent au bout de 5 à 20 minutes ;
» # La pression abdominale diminue dans l’anesthésie par l'éther.
» Le résultat de ces recherches, ajoute l’auteur, me montre l'importance pratique de l’éther.
» Si, comme l’a trouvé Dohnhoff, les contractions sont abaissées par le chloroforme comme par l’éther, celui-ci a l'avantage que les contractions reviennent plus tôt avec leur force première, tandis qu'avec le chloroforme, l’action préjudiciable peut s'étendre pendant une et même deux heures. » Dans la plupart des opérations obstétricales qui réclament l’anesthésie, comme la version ou le forceps, suivies de l'extraction, il est à souhaiter qu'immédiatement après, les contractions se reproduisent.
» Nous pouvons espérer de cette étude que l'emploi de l’éther dans la pratique de la version permettra de voir les contractions énergiques suivre cette manœuvre.
» De même, on doit rapporter au chloroforme l’atonie utérine, suivant bien souvent les applications de forceps et alors, par l'emploi de l’éther, beaucoup d’hémorragies seront Cvitées ».