‹ Contribution à l'étude de l'emploi de l'éther en obstétriqueChapitre 43 sur 52 · VAR · texte numérisé non relu

VAR

A la partie inférieure du hile, on observe une tache brunâtre.

Rate. — Petite, trilobée, couleur lie de vin.

À la section, couleur assez foncée, friabilité très grande. Les corpuscules de Malpighi sont très apparents.

Intestins. — Rien de particulier.

Le péritoine pariétal de la paroi abdominale inférieure présente dans la couche celluleuse une infiltration séreuse s'étendant à toute la région hypogastrique, à laquelle elle donne un aspect brunâtre.

Sur le promontoire, tache hémorragique de la largeur d’une paume de main, recouverte par le péritoine.—Ecchymose sous-péritonéale.

Utérus. — Longueur de 30 centimètres environ.

La muqueuse de la face interne revêt une couleur brune-noirâtre. Pour atteindre la musculeuse, il faut gratter fortement au couteau.

La partie antéro-externe nous présente quelques débris placentaires très adhérents, gangrénés et fétides, aucune trace de perforation, aucune lésion traumatique.

Diagnostic anatomique : Septicémie consécutive à une gangrène de l'utérus.

OBSERVATION XXX VIII Bassin rétréci (craniotomie, version)

Eugénie S..., 40 ans, concierge, entre à l'hôpital, à 4 heures de l'après-midi, et est conduite immédiatement au service de la Maternité. Voici les renseignements de la sage-femme qui était auprès d'elle en ville : elle souffrait depuis le 15 janvier, à 11 heures du soir. Le toucher pratiqué le 16 dans l'après-midi permet de constater une dilatation de 0 fr. 50 centimes. Le cœur fœtal était entendu à gauche, et à droite existait un souffle très fort. Le 17, à 5 heures du malin, la poche des eaux très tendue se rompt et laisse écouler une certaine quantité de méconium.

Trois docteurs mandés près de la parturiente tentent sans succès plusieurs applications de forceps, la première à 9 heures du matin, la deuxième à 10 heures, la troisième entre 11 heures et midi.

Il y a dérapement malgré la solidité des prises, soit avec le T'arnier, soit avec le Levret.

Dès son arrivée, on constate par le toucher que la paroi antérieure

du vagin est décollée, morcelée, présentant des lambeaux libres et flottants dans la cavité. Ces lambeaux provenaient des interventions réitérées précédentes au cours desquelles lextrémitédes cuillers avait râclé et déchiré la muqueuse. La vessie parait intacte La paroi postérieure est sans altération. Le cot possède une dilatation de 5 francs, mais est très dilatable. |

Le doigt tombe de suite sur une bosse séro-sanguine énorme, rendant très difficile la perceptibilité de la suture sagittale. Cette suture est contre le promontoire, à cause de l’inclinaison du pariétal antérieur, et la bosse est seule engagée. La fontanelle postérieure est à gauche et légèrement en arrière, la fontanelle antérieure échappe au doigt.

Au toucher on a la sensation d’une tête, dure, fortement ossifiée, n'ayant aucun chevauchement. Le diamètre promonto-pubien mesure sans déduction 8 cent. 1/10. Le front est dans la fosse iliaque droite.

A l’auscultation on constate la mort du fœtus, et l'embryotomie est décidée. La femme est éthérisée à fond, et on essaye de faire la basiotripsie.

Le vagin, rigide et résistant, fait éprouver une certaine difficulté pour l'introduction du doigt, et surtout de la main.

La main gauche atteint facilement la bosse séro-sanguine, la main droite glisse sur elle et guide le perforateur de Blot. L'attaque du pariétal antérieur est impossible, le perforateur le soulève, mais il fuit sous la pression. L'un des médecins assistants, déprimant alors la paroi abdominale, fixe le pariétal antérieur. On arrive à atteindre la suture bi-pariétale, qu'on perfore très aisément. On élargit au perforateur l’ouverture créée, et du liquide céphalo-rachidien s'écoule mélangé à de la substance cérébrale. Cette gouttière permet l’introduction de la branche mâle ou perforateur du basiotribe de Tarnier. I est impossible de pénétrer plus avant dans la boîte crânienne, l'extrémité de la phalange introduite étant saisie comme dans un étau ; on élargit la fente, on articule la seconde branche et on broie le pariétal antérieur, le basiotribe faisant fonction de crânioclaste : mais à ce moment le basiotribe dérape. On applique alors le Tarnier, mais le col, très rigide, est senti comme une corde de violon et empé- -che l'engagement de la tête. On sectionne alors la lèvre antérieure du col avec une paire de ciseaux coudés. Ces légères incisions faites, on

reprend Îles fractions. Mais cette tête déformée tendant à fuir et l'instrument à déraper, on le désarticule. La version est alors décidée. M. Lautard dégage très aisément le tronc du fœtus, la tête se présente transversale et le pariétal postérieur est engagé par la manœuvre de Champetier de Ribes. On extrait la tête par la manœuvre de Mauriceau.

L'examen de la tête du fœtus dénote une ossification normale. La fracture, faite avec le basiotribe, intéresse le frontal et le pariétal droits. Il est probable que si on avait articulé l’autre branche avant la version, la tête aurait pu être extraite.

Page 1