‹ Contribution à l'étude de l'emploi de l'éther en obstétriqueChapitre 9 sur 52 · NOUS · texte numérisé non relu

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Voici maintenant sa communication traduite par C.-J. Campbell, ancien interne de la Maternité de Paris, et publiée dans l'Union médicale (1847, p. 120) :

« Dans ces derniers temps, de nouveaux faits sont venus » révéler ce que de nombreux faits nous confirmaient tous les » jours : le pouvoir que possède l'inhalation de léther sulfu- » rique de douer d’une insensibilité plus ou moins complète la » plupart des individus qui sont soumis à son influence, pen- » dant les plus douloureuses opérations de la chirurgie. Mais » pendant que l'usage de cet agent prenait, entre les mains de » nombreux chirurgiens, une extension considérable, je ne » sache pas que personne ait essayé d'en faire l'application à » la pratique des accouchements. J'ai donc lieu d'espérer que » les remarques suivantes sur l'emploi de l’éther en obstétri- » que, si hâlées et imparfaites qu'elles soient, ne seront pas » sans quelque intérêt dans les circonstances actuelles.

» Depuis un mois, j'ai eu l’occasion d'employer l'inhalation » de l’éther dans un cas de version d’abord; puis dans des cas” » où l’on eut à se servir du long forceps et du forceps court ; » enfin, dans des circonstances où le travail était naturel et » n'exigeait en aucune façon l'intervention spéciale de l’art ».

Il cite alors, tout au long, ces observations, et après avoir constaté la persistance des contractions, malgré linsensibilité, il ajoutait :

« Il faudra sans doute rassembler avec soin des observa- » tions authentiques et prudemment faites avant que l’inhala- » tion de l’éther sulfurique ne soit généralement adoptée dans » la pratique des accouchements. Il sera nécessaire de recon- » naître les effets précis de cel agent à la fois sur l’action » utérine et sur la synergie des muscles abdominaux, son 5 influence sur l'enfant, si tant est qu'il en exerce ; il faudra » voir s'il prédispose aux hémorragies ou à d’autres compli- » cations ; 1l faudra poser les contre-indications propres à lui,

Po re

» dire quel est le mode d'administration le plus efficace, et » l’espace de temps pendant lequel on pourra l’employer ».

En parcourant notre travail, le leéteur peut se convaincre que nous avons suivi les indications de l’accoucheur anglais, sans nous douter qu'il les avait posées.

Bouisson relate ainsi dans sa Méthode anesthésique (p. 466) l'application de l’éther par les principaux accoucheurs : « Le ». 30 janvier 1847, M. Fournier-Deschamps, de Paris, écrit à » la Gaxette des hôpitaux qu'il a employé l’éther avee succès » dans un cas d'application de forceps. Le 23 février, M. Paul » Dubois communique à l'Académie de médecine le résultat de » ses expériences. Le 5 et le 10 mars, M. Stoltz, de Stras- » bourg, emploie l’éther dans un cas de version et dans un » accouchement naturel. Vers la même époque, M. Eugène » Delmas en fait l'essai à la clinique obstétricale de Mont- » pellier. Puis, les observations se multiplient en se diversi- » fiant. Siebold expérimente l’éther à Gœtingue. M. Jungmann, » à Prague, fait employer cet agent sous sa direction. M. Pro- » theroe Smith reproduit, à Londres, la pratique déjà adop- » tée à Edimbourg. De nouveaux faits sont recueillis en » France, par MM. Chailly (1), à Paris; Colrat, à Lyon; » J. Roux, à Toulon; Villeneuve, à Marseille ; Malle, à Alger ».

La communication du professeur Paul Dubois, devant l’Académie de médecine, le 25 février, a trait à cinq observations. Quoiqu'il ne cite aucun cas malheureux du fait même de l’éther, il conclut néanmoins à son rejet et termine ainsi sa communication : «M. Velpeau avait exprimé l'espérance que » l'emploi de l’éther serait favorable dans les cas de contrac- » tions tétaniques, pathologiques de l'utérus ; les faits précé- » dents doivent faire perdre cette espérance ; l’éther, on l’a

(1) Bulletin de l'Académie de Médecine, t. XII, p. 442.

LL Que » vu, n’a aucune espèce d'influence sur les contractions uté- » rines ».

Le 27 mars de la même année, Stolts publia, dans la Gazette de Strasbourg, l'observation où il employa l’éther dans un accouchement ayant nécessité la version. Après avoir rapporté tout au long l’observation, 1l terminait en disant : « Je crois pouvoir tirer de ce fait la conclusion principale que » l’éthérisation ne fait pas cesser la résistance que la matrice » oppose à l'introduction de la main dans sa cavité et ne fact - » lite ni la version, ni l'extraction du fœtus ».

Nous sommes arrivé, comme on l’a vu, à des résultats différents, mais c'est avec quarante observations et non pas cinq, comme Dubois ou l'unité comme Stoltz. Notre opinion est que dans le cas unique cité par le professeur de Strasbourg l’anesthésie n'avait pas été suffisamment poussée. C’est aussi l’opinion de Bouisson, qui s'exprime ainsi: (1) « N’est-il pas rationnel » d'attribuer l'augmentation de contractilité remarquée par » M. Stoltz à la stimulation produite par le premier degré de » l’anesthésie, stimulation qui se communique même aux » muscles de la vie organique, puisqu'on voit les battements » du cœur s’accélérer? M. Stoltz, lui-même, prend soin de » rappeler, en terminant son observation, que l’éther n'avait » pas plongé complètement la femme dans le sommeil de » l'ivresse. L'anesthésie était donc incomplète et la contrac- » tilité utérine pouvait être accrue. Si l’anesthésie est portée ». à un degré un peu plus avancé, comme dans les faits de » MM. Simpson et Paul Dubois, la sensibilité est entièrement » engourdie, mais la contractilité de l'utérus s'exprime avec » son caractère normal et agit efficacement pour expulser » le fœtus. Que l’éthérisation devienne plus profonde, qu’elle

(1) Méthode anesthésique, p. 476.

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