SET ARE
fosse droite est incisée ; il s’écoule une quantité considérable de liquide brun sale, noirâtre, auquel se mêlent des lambeaux noirâtres de tissu sphacélé. ;
L'Electrargol est toujours injecté à la dose de 10cc.
Le 21 décembre. — Un liquide brunâtre, mêlé à des lambeaux de sphacèle, s'écoule en grande quantité par le drain, inondant le pansement. Le décollement est énorme: il a envahi la peau de toute la région abdominale en avant et des lombes en arrière. Il empiète sur le thorax et la cuisse gauche qui est très rouge et très œdématiée. La cuisse droite reste le seul endroit où l’on puisse faire les injections d’électrargol.
Le teint est plombé, très brunâtre ; la face, les membres supérieurs très amaigris; l’affaissement est considérable ; de petites syncopes surviennent à chacun des pansements. Le délire est toujours intense ; à plusieurs reprises le malade défait le pansement et enlève le drain. Temp. 370-3803, pouls 100.
Depuis quelques jours on donne de l’opium à la dose de 0 gr. 10 (extrait gommeux).
L'électrargol est donné à la dose de 30e.
Le 24 décembre. — Electrargol 30e et jours suivants.
L’écoulement du liquide brunâtre, sphacélique persiste.
On perçoit à la palpation de l'abdomen un bruit hydro-aérique des plus nets.
Une incision est faite au point déclive au niveau de la cuisse gauche : écoulement abondant de liquide.
Température 3705-3805.
Le 28 décembre. — Mêmes symptômes locaux et généraux.
Le 31 décembre. — L’Electrargol a été continué tous les jours à la dose de 30cc.
Le malade est complètement affaissé ; le pouls à peine perceptible.
Mort le 1er janvier.
Il s’agit d’un diabète maigre, à allure des plus rapides, compliqué de phénomènes infectieux, gangréneux, des plus intenses.
Ce qu'il y a de remarquable dans cette observation,
Le
Re
c'est la résistance que le malade a opposé à ce processus de gangrène, malgré la faiblesse du début.
Le malade, quoique très affaibli, a lutté et a résisté contre sa grangrène pendant plus de 25 jours alors que, depuis plus de 15 jours, un pronostic fatal à très brève échéance avait été porté.
ANALYSES D’URINES (observation du diabétique)
Le 2 décembre. — Volume des 24 h. : 9 litres 500.
Urée 4 g. 80 par litre ; 45 g. 60 par 24 heures Chlorures 2 g. 75 —— 26 g. 12 — Glucose 14 g. 50 — 137,75 — Albumine traces
Acétone 0 g. 60 —— 5 g. 70 —
L’urine donne la réaction de l’acide acétylacétique. Le 7 décembre (Electraurol), — Volume des 24 h.: 8 litres.
Urée, 3 g. 95 par litre ; 31 g. 60 par 24 heures Chlorures 1 g. 30 — 10 g. 40 — Glucose 2515. — 200 g. — Acétone 0 g. 50 — 4 g. —
Acide acétyl-acétique : présence nette.
Le 8 décembre (Electraurol). — Volume 7 litres 500.
Glucose 23 g. 80 par litre 178 g. 50 par 24 heures Acétone 0 g. 36 — 2 g. 70 —
Le 12 décembre (Electrargol le 11 déc.) — Volume: 8 litres. Glucose 45 g. 00 par litre 373 g. par 24 heures Acétone 05-12 -- 0 g. 96 —
L’urine qui donnait nettement les réactions de l’acide acétyl-
acétique lors des précédentes analyses ne les donne presque plus.
A noter la relation qui existe entre l'injection d’Electrargol et la diminution de la quantité d’acétone élimi-
née.
Observation XVI. — Seplico-pyohémie avec état typhique. —
. Traitement par l'Électrargol. (Observation résumée.)
Il s’agit d’un homme âgé de 35 ans, malade depuis environ onze jours (céphalée, insomnie, courbature, anorexie, fièvre, diarrhée)
TNT
qui entre dans le service du Prof. Carrieu, salle Combal, no 14, le 4 novembre 1907. Ce malade, dont la bonne santé habituelle n’a été troublée que par la maladie qui l’amène à l'hôpital, fait de la fièvre, il à une langue très sale; le ventre est ballonné et couvert de taches rosées très nettes et très abondantes. Son pouls est faible etrapide(130);les bruits du cœur sont sourds; le tuphos est complet; mais le séro de Widal est négatif. On porte le diagnostic de grippe (?) d'autant que le malade tousse et que l’auscultation décèle de la rudesse respiratoire et de nombreux râles. On donne 4 bains par jour au malade.
La température baisse progressivement et en oscillant, jusqu’à atteindre 3605 le 9 novembre; le pouls est moins rapide qu’au début, il n’est plus qu'à 80; mais l’état général n’est pas très amélioré. Les bruits du cœur sont toujours sourds, nécessitant l'emploi de la caféine. Les urines contiennent environ 0 gr. 75 d’albumine par 24 heures. = | 1
Le 10 novembre. — Le malade se plaint d’une douleur à la cuisse gauche et on constate, ce jour-là et jours suivants, tous les signes d’une phlébite qu’on immobilise aussitôt. La température s'élève : 3708-3807, Pouls, 80.
Le 11 novembre. — Accès de fièvre le soir; la température s'élève jusqu’à 3904. Le séro de Widal qu’on refait à cette date est très faiblement positif.
Le 12 novembre. — Le malade, qui a toujours été euphorique, est plus affaissé ; il vomit; la température n’est pas élevée 3707, mais le pouls est fréquent (104) et surtout faible.
On commence l’électrargol, 10e matin et soir, en injections ,souscutanées. On continue le lendemain, 5e matin et soir; le malade est toujours dans le tuphos; la diarrhée est assez abondante; la dyspnée un peu moindre. On fait de la caféine.
Le 14 novembre. — 20e d’électrargol.
| L'état reste stationnaire le 15 et le 16 novembre ; le pouls s’accélère toujours, entre 120 et 130, tandis que la température oscille à peine autour de 37. Les urines sont très abondantes, elles atteignent 2,500cc.
Le 17 novembre. — Le malade a de la difficulté à avaler; les bruits du cœur sont sourds; le pouls à peine perceptible et très
fréquent (140), alors que la température est au-dessous de 37 et que les urines sont à 2,400ec.
On fait à nouveau 20e d’électrargol, huile camphrée'et caféine.
Le 18 novembre. — L'état s’est aggravé ; le malade n’urine plus que 900, la température s’est élevée à 3804 tandis que le pouls, de moins en moins perceptible, est de plus en plus fréquent (160 environ) ; les bruits du cœur sont-sourds, la dyspnée intense. Electrargol 20e. Le malade meurt.
L’autopsie a démontré qu'il s'agissait d’une septicopyohémie dont la nature microbienne n’a pas été encore complètement établie.
Dans ce cas, l’électrargol n’a été donné qu'à une période, peut-être un peu tardive, au 19° jour d'une infection des plus graves. Pendant tout le temps qu’on l’a donné la température ne. s’est guère élevée (sauf le jour de la mort) au-dessus de 375 ; les urines ont toujours été très abondantes 2,500, 2,400.
Observation XVII. (Communiquée avec beaucoup d’obligeance par le Dr Rocheblave, de Valence.) — Périlonite typhique généralisée, localisée et quérie par les injections d’électraurol à haute dose. 5
H. C.,15 ans, tombe malade le 13 octobre 1907 et reçoit immédiatement les soins de M. le Professeur Carrieu (de Montpellier). Il réalise d'emblée une fièvre typhoïde grave, à forme hyperthermique. La balnéation, tiède pendant les 5 à 6 premiers jours, à 240 ensuite, est rigoureusement instituée.
Dès le début du second septénaire myocardite, obligeant à soutenir le cœur par des piqûres hypodermiques, très souvent renouvelées. Pas de diarrhée, mais ballonnement sus et sous-ombilical avec dégoût de l’alimentation. Une large vessie de glace est appliquée sr le ventre et maintenue jusqu’au 1er novembre.
Le 26 octobre, pour combattre l’agitation qui devient extrême et lutter contre l'infection, M. le Professeur Carrieu recourt aux
23e PTS EEE
injections d’électrargol qui sont dès lors pratiquées chaque jour à la dose soit de 10c, soit de 20cc, suivant l'intensité des phénomènes alarmants.
Dans la nuit du 7 au 8 novembre, la température s'élève, de 3906 qu’elle marquait les jours précédents, à 4005 pour atteindre 4009 à 3 heures du matin, La palpation attentive du ventre fait découvrir en dessous et à droite de l’ombilic un point douloureux et empâté, signes de péritonite localisée. Dans la crainte d’une hémorrhagie intestinale, les bains sont supprimés. L’immobilisation est rendue absolue. La glace est remise sur le ventre et maintenue nuit et jour de manière à recouvrir l’abdomen en entier, Souvent même sans interposition de flanelle. À 3 heures 1/2, chute brusque de la température. Le thermomètre tombe à 370. Le pouls devient petit et filant. En même temps que sont pratiquées des piqûres, alternativement de caféine, d'huile camphrée et d’éther, un lavement de sérum gélatiné et de chlorure de calcium est administré et gardé. Pas de selles.
Trois jours plus tard, nouvelle petite hémorragie, indiquée par la défaillance du pouls, la chute de la température et une nouvelle poussée de péritonite marquée par un point empâté et douloureux qui apparaît, cette fois encore, en dessous mais à gauche de
l’ombilic.
L'état se maintient stationnaire jusqu’au 14 novembre, il paraît
même ce jour-là s'être amélioré. Le pouls, toujours étroitement surveillé et stimulé par une piqûre faite toutes les trois heures, est moins mauvais. Les injections d’électrargol ont été toujours continuées. Une légére recrudescence de la fièvre est attribuée à un abcès de la région supérieure et antéro-externe de la cuisse formé autour d’une piqûre. L’incision de cet abcès est décidée pour la
nuit.
A sa visite de 6 heures du soir, le professeur Carrieu, en même
temps que des signes favorables qui lui permettent d’ordonner pour le lendemain un lavement évacuateur, constate pourtant un léger ballonnement soulevant et tendant l’abdomen, de l’ombilic à l’appendice xyphoïde. L'enfant s’alimente moins volontiers. Il a, après avoir bu, quelques baillements et des nausées.
À 9 heures du soir, une selle spontanée se produit, elle est fort abondante et expulsée sans effort, elle n’est marquée par aucune
douleur et aucune faiblesse, bien que l’enfant refusant le bassin ait exigé d’être porté sur la chaise. La quantité des matières évacuées est si considérable qu’en m'approchant du malade, prudemment déposé sur son lit, je pense constater un affaissement très marqué du ventre, consécutif à cette débâcle. Je trouve, au contraire, le ballonnement très augmenté et déjà étendu à tout l'abdomen. La nuit est mauvaise. L’enfant refuse lait et bouillon.
* À minuit j'incise l’abcès de la cuisse, il s'écoule un verre de pus sanguinolent. — A 2 heures du matin, le facies se grippe, le ballonnement devient extrême, le malade qui, jusqu'alors, s'était très vivement intéressé à tout ce qui l’entourait donne des marques d’indifférence. Le pouls pourtant se maintient aux environs de 120 et reste relativement bon, mais la diurèse qui se produisait régulièrement après chaque piqûre de caféine est moins marquée. Une légère dysurie apparaît.
A 10 heures du matin, M. Carrieu trouve le malade dans un état presque désespéré. Le ballonnement est extrême, il est généralisé, la matité hépatique n'existe plus. Les mouvements respiratoires sont gênés. Les vomissements paraissent imminents. L'enfant ne prend rien depuis plusieurs heures. Il a quelques renvois, des nausées. La température est à 3706. Comme sur la paroi, en dessous et à gauche de l’ombilic, au point où s'était faite la seconde poussée péritonéale, il existe un empâtement plus marqué avec même de de l’œdème ; une consultation est demandée à M. le Professeur Tédenat, pour discuter les indications d’une intervention in extremis.
Le professeur Tédenat juge l’état très grave et déconseille toute opération, une laparotomie paraissant devoir entraîner une mort immédiate. Un signe seul est favorable: le pouls à 120 qui se laisse compter. « Donnez de l’alcool, dit-il, et continuez les injections de métaux colloïdaux, même à haute dose; la guérison naturelle n’est peut-être pas impossible. »
Je pratique alors, à 10 heures 1/2, une injection avec 10 d’électraurol.
A 2 heures 1/2, nouvelle injection de 10e.
A 6 heures, troisième injection de 10.
La situation à ce moment est stationnaire, elle ne s’est pas