IV. — Mode d'administration et doses
Arrivé au terme de notre étude, nous avons cru nécessaire de préciser la façon d’administrer les métaux colloïdaux électriques, isotoniques et stabilisés.
A quelle dose doit-on les donner? — Cette question a été résolue par les nombreux travaux de M. Isco- VesCO, par ceux de M. Gaillard ; enfin, les nombreuses expériences faites par M. le professeur Carrieu sont venues également confirmer ces résultats, aujourd'hui bien précisés. |
Devant toute infection fébrile, on commence par faire une injection intra-musculaire d'au moins 10 cc. chez l'adulte. On prend alors la température du malade deux ou trois heures après l'injection.
Si l’on obtient une réaction fébrile nette et d’au moins un degré centigrade, la dose de 10 cc. sera jugée suftisanté. Alors, suivant le résultat thérapeutique obtenu (traduit par la grandeur de la chute thermique), on fera une nouvelle injection douze ou vingt-quatre heures plus tard.
Que si la réaction fébrile a été petite (quelques dizièmes de degré à peine) l’injection suivante sera augmentée de 5 à 10 cc, à moins toutefois que cette légère réaction ne soit suivie aussitôt d’une chute de température arrivant à la normale, auquel cas la dose initiale de 10 cc. sera maintenue.
Pour les injections intra-veineuses chez l'adulte, la dose initiale sera de 5 cc. On augmentera de 5 cc. si le besoin s'en fait sentir.
Quels en sont les modes d’administration ? — La méthode des injections intra-musculaires est la plus employée. Elle a donné de très beaux résultats à de nombreux expérimentateurs.
La méthode des injections intra-veineuses est la méthode d'urgence dans les cas graves, où. il faut agir vite. Elle a été adoptée par MM. Chirié et David dans le traitement des infections puerpérales.
Les deux méthodes sont bonnes : l’intra-veineuse est plus rapide et plus énergique.
Enfin, il est une méthode spéciale au traitement des phénomènes de méningisme. Ici on doit de rigueur employer la voie intra-rachidienne. On pratique la ponction lombaire et une partie du liquide, ainsi soustrait, est aussitôt remplacé par la solution colloïdale (5 cc. dose initiale). On sait que dans ce cas particulier on observe quelquefois, avec la réaction fébrile, un tremblement généralisé qui n’est nullement de mauvais augure.
Disons, en terminant, que, lorsque au moyen de ce traitement, on a obtenu une chute de fièvre jusqu’à la température normale, il faut bien se garder de cesser le traitement. Il y a, en effet, très souvent rechute à cause de la cessation trop brusque des injections.