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2° L'aspect clinique :
— accélération ou quasi-imperceptibilité du pouls;
— accélération de la respiration et surtout son caractère superficiel;
— apparition de phénomènes subjectifs tels que vertiges, soif, angoisse; l’intensité de ce phénomène capital que constitue la douleur dans la pathogénie du choc; 5
— chute de tension artérielle (pratiquement impossible à
mesurér dans les conditions du combat) sont d'éléments qui fixeront la conduite à tenir.
1° Le choix des blessés : Identifier rapidement la première urgence, telle qu’elle a été définie ci-dessus (on est souvent enclin à perdre du temps auprès de blessés qui guériront sans transfusion ou auprès de ceux dont l’état est malheureusement sans espoir).
2° Assurer l’hémostase, principe capital : On sait la gravité extrême d’une transfusion sans hémostase, facteur certain d'aggravation, sinon de mort; lorsqu'on soupçonne une hémorragie interne ou lorsque l’hémostase s'avère irréalisable immédiatement, il est préférable de retarder, dans certains cas, la transfusion et d’évacuer d’extrême urgence sur le platoon directement, où l’on pourra pratiquer l’hémostase chirurgicale sous le couvert d’une transfusion importante qui, transitoirement, relèvera la tension artérielle à 90 "{,, chiffre nécessaire pour toute intervention; une nouvelle transfusion post-opératoire assurera la survie. (On sait qu’un vaisseau sectionné — surtout artériel — se collabe assez rapidement avec la chute de la tension consécutive à l’hémorragie; l’injection de 500 cc. de plasma ne déclanchera pas la réouverture du vaisseau par mobilisation du caillot et sera suffisante pour permettre l’hémostase chirurgicale; celleci assurée, on transfusera abondamment pour permettre la sur-
vie). 3° Prévenir le choc chez les bléssés de la première urgence par :
— le remplacement du liquide perdu, but de cette première transfusion;
— le réchauffement, autant que les conditions d’évacuation le permettront;
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— le soulagement de la douleur : les tubes, montés sur aiguille, de 2 cgr. de tartrate de morphine de l’Armée américaine furent souvent dispensés trop généreusement et par voie sous-cutanée; dans un organisme choqué et dans ces conditions, la morphine ne se résorbe que tardivement; au moment du déchoquage (sur la table d'opération), à la suite de transfusions répétées, le tartrate de morphine se résorbe brutalement dans l’organisme, entraînant, malgré l’administration d’une dose importante de strychnine, une intoxication grave (mor- ‘telle dans un cas qu’il nous fût donné d’observer) se traduisant par du myosis et un rythme de Cheyne-Stockes.
Nous avons posé les indications de l'injection intraveineuse de plasma. Que savons-nous de ce plasma et quel est son mode d'emploi ?
1° COMPOSITION DU PLASMA AMÉRICAIN. — D’après les analyses pratiquées par le Médecin-Colonel BENHAMOU, le maître actuel .de la transfusion dans l’Armée, ce plasma comprendrait :
Bilirubine, 0,4; cholestérine, 1,45; lipides totaux, 4,90; albumine, 65; sérine, 37; globuline, 25; euglobuline, 2,5; fer, 90 gamma; calcium, 0,078; phosphore, 0,029; chlorures, 6,22; ac. urique, 0,044; réserve alcaline, 45 %; fibrinogène, 0 gr, pour un litre.
2° PRÉPARATION DU PLASMA AMÉRICAIN. — Nos tentatives de renseignement auprès du Centre de Recherche de l’Armée à Washington restèrent sans succès, car une bonne partie de la manipulation est tenue soigneusement secrète. Cependant, à la lumière du Bulletin d'Information n° 4 de l’U. $S. Army et de la Publication CCD 2220, de Mars 1944, sous le contrôle de l'Office de Défense Civile, on peut affirmer les points suivants :
1° Prélèvement : Il s'effectue dans les Blood-Banks, sur des donneurs de 18 à 60 ans, en bonne santé, présentant une température, une tension artérielle, des réactions sérologiques, un taux d’hémoglobine normaux, On prélève, avec toute précaution d’asepsie et sous un débit inférieur à 100 cc. par minute, le sang total dans des flacons stériles contenant une solution de citrate de soude à 4 %, dans la proportion de 50 ce. pour 500 cc. de sang total.
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2° Conservation du sang : Les flacons sont placés à une température de 2 à 5° C., moins d’une heure après le prélèvement, et y restent au repos 12 à 24 heures. .
3° Centrifugation du sang total: Ces flacons, d’une contenance d'environ 300 ce. et étudiés spécialement pour résister à l'accélération centrifuge, sont soumis pendant une heure à une vitesse de rotation de 2200 t./min., en vue de hâter la décantalion des éléments solides. (D’autres méthodes existent dans l’industrie privée, qui utilisent la décantation par gravité). Les flacons sont alors déposés dans un frigidaire pendant 6 à 24 heures.
4° Siphonnage du plasma liquide citraté : 19 litres de sang total décanté sont ainsi répartis dans 50 flacons, sous: le couvert d’une asepsie rigoureuse; un flacon témoin est mis en culture pendant dix jours pour éprouver sa stérilité. Surcroît de précaution, un agent bactériostatique, le Merthiolate, ou le Phényl mercuric borate ou nitrate, est ajouté au plasma pour atteindre une concentration qui varie de 1/10.000 à 1/50.000 suivant les firmes (de toute manière, n’entraînant aucun danger rénal).
5° Congélation à trés basse température et sous le vide.
6° Dessication : Pendant 36 heures et sous le vide (pression 1 An de mercure) jusqu’à l’obtention d’une poudre jaune clair qui présente au microscope la structure des rayons de miel. Cette variété de plasma est la plus résistante à la chaleur et sa conservation assurée pour cinq années (le plasma liquide et le plasma congelé n’y peuvent prétendre).
Comment nous est présenté ce plasma et quel est son mode d'emploi ?
3° MODE D'EMPLOI DU PLASMA SEC, HUMAIN, NORMAL AMÉRICAIN. — 1° Ouvrir la boîte de carton parallélipipédique en deux moitiés inférieure et supérieure, en tirant sur la languette de collant qui les unit. On y trouve deux enveloppes métalliques; les ouvrir avec les clés fixées.
2° Sortir les flacons contenant : — l’un 500 cc. d’eau distillée et 0,1 % d’acide citrique; — l’autre une quantité de plasma correspondant à 500 cc. de plasma normal humain et du phényl borate de Hg à 1/50.000 (Lederle Lab.); nettoyer les deux bouchons de caoutchouc à l’alcool. ,
3° Sortir l’aiguille à deux embouts de son enveloppe et enlever le tube protecteur d’une des extrémités.
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4° Plonger l'extrémité libre de laiguille à travers le bouchon de caoutchouc du flacon d'eau en position normale.
5° Enlever le tube de verre protecteur de l’aiguille du tube filtre-à-air et plonger l'aiguille dans le flacon d'eau distillée, qui reste en position normale, à travers le bouchon de caoutchouc.
6° Elever l’extrémité libre du tube à air pour empêcher le reflux de l’eau dans le tube et le mouillage du coton-filtre,
7° Enlever le tube de verre protecteur de l’autre extrémité de l’aiguille à deux embouts. Renverser le flacon d’eau distillée et ficher l’extrémité libre de l’aiguille à travers le bouchon de caoutchouc dans le flacon de plasma desséché (voir schéma A). |
8° Attendre l'écoulement de l’eau dans la bouteille de plasma (ne pas hésiter à faire sauter les bouchons et verser directement si le vide a disparu de la bouteille de plasma).
9° Après le passage de l’eau, retirer l’aiguille à deux embouts de la bouteille à eau d’ahord (pour la conserver stérile en cas de transfusion
sanguine), puis ensuite du flacon à plasma.
10° Agiter doucement le flacon de plasma régénéré jusqu’à dissolution complète,
11° Enlever la protection de l’aiguille courte, rattachée par un tube de caoutchouc à l’aiguille intraveineuse, et plonger cette aiguille dans le bouchon du flacon à plasma.
12° Retirer l’aiguille, prise-d’air, du flacon à eau et la plonger à travers le bouchon du flacon à plasma.
13° Retourner le flacon de plasma régénéré et le suspendre pour l’injection intraveineuse (voir schéma B).