‹ Contribution à l'étude de l'emploi du plasma sec, humain, normalChapitre 11 sur 20 · RARE ES · texte numérisé non relu

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14° Fixer le tube de verre garni du coton filtre au-dessus du flacon à plasma renversé.

15° Enlever la protection du tube-regard et de l’aiguille intraveineuse.

16° Fixer l'aiguille intraveineuse à l’ensemble tube-regard, filtre à plasma et enlever son tube protecteur en verre.

17° Laisser le plasma régénéré, remplir le tube de caoutchouc pour éviter l’injection intraveineuse d'air.

18° Désinfecter la peau et introduire l’aiguille dans la veine.

(Si on veut injecter deux doses, soit 1.000 cc., on prépare un deuxième flacon de plasma régénéré et on plonge l’aiguille dans le bouchon du deuxième flacon en ayant soin de pincer le tube pour éviter l’admission d'air.

Nota : On peut encore utiliser le plasma rénové trois heures après sa régénération.

Avantages de cette présentation du plasma :

1° Parfaite conservation des qualités du plasma, malgré la chaleur, les trépidations du combat, et jusqu’à cinq ans après sa préparation.

2° Asepsie assurée par cette présentation rationnelle.

3° Rapidité de la transfusion.

Avantages de l’utilisation du plasma par opposition à celle du sang conservé : sa neutralité sanguine est assurée par sa préparation même;

— décantation parfaite après centrifugation n’admettant aucun élément figuré; — la quantité de sang contenue dans un seul flacon provient d’un mélange de sang total prélevé à huit

individus au moins (Homo sapiens) sans groupage préalable.

Accidents au cours de la transfusion : Nous n’en avons jamais observé un seul au cours de la centaine de transfusions opérées dans ces conditions ; cependant, les Américains signalent un pour cent de réactions légères provenant sans doute de faute de préparation (c’est pourquoi les tests destinés à contrôler l’asepsie sont si nombreux); il s’agirait de réactions urticarienne, d’oppression, d'angoisse, de pâleur, rarement d’élévation thermique.

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IT, — UTILISATION DU PLASMA SEC HUMAIN NORMAL AMÉRICAIN DANS LES AMBULANCES CHIRURGICALES AVANCÉES OU PLATOONS DES HOSPITALS

Nous connaissons d'après le rapide coup d’œil jeté sur ces formations, dans la première partie de cet exposé, leur dotation en personnel (au moins une équipe chirurgicale sous la direction d’un chirurgien particulièrement averti) et leur installation matérielle (sous la tente, à proximité du centre de triage, et disposant d’un laboratoire, d’un poste de radiographie, etc...).

Nous savons aussi que le platoon ne reçoit en principe que des blessés classés première urgence, c’est-à-dire essentiellement : des abdominaux, des thoraciques, des polyblessés, des brûlés, des soufilés, et en général tous les cas de choc menaçant ne pouvant supporter sans risque une évacuation prolongée sur VEvacuation-Hospital.

Ces précisions établies, suivons le devenir de nos blessés à travers les services du platoon, et principalement aux trois temps essentiels :

— la réception; — l'intervention; — les soins post-opératoires.

1° EXAMENS A LA RÉCEPTION DU BLESSÉ. — Ils se caractérisent par leur rapidité d’exécution et portent à la fois sur la clinique et le laboratoire.

A) Examen clinique : Aspect général du blessé, couleur des téguments, sudation, signes subjectifs (douleur, angoisse, sentiment de mort imminente), vomissements, pouls petit et rapide, respiration superficielle ou à rythme pathologique, parfois perte de connaissance, et même du réflexe de déglutition. La mesure de la tension artérielle revêt une importance particulière : maximum souvent à 50 ®/,, minimum presque imperceptible. L'examen radiologique avec développement en un temps record.

B) Examens de laboratoire : Ce sont essentiellement les épreuves de :

1° Hémoglobinimétrie (Hellige): permet d’apprécier l’hémoconcentration, donc la nécessité de la transfusion de plasma.

2° Chlorurométrie dans les grandes brûlures.

3° Uréométrie dans les grandes hémorragies.

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4° Hématocrite, permettant d'apprécier aussi la masse globulaire (tube gradué s’adaptant à une centrifugeuse), donc l'hémoconcentration; chiffre normal : 45 chez l’homme (Benhamou); si on a 1, 2, 3 points au-dessus de 45, le plasma est indispensable.

5° Protéinométrie : la méthode du sulfate de cuivre pour déterminer le poids spécifique du sang ou du plasma est très en honneur auprès de l’U. S. Army Medical Dept.

Principe de la méthode : Dans une série de solutions SO4Cu de densité graduée, on laisse tomber une goutte de sérum à examiner; celle-ci se recouvre d'une membrane de protéinate de Cu, conserve sa densité pendant 15 ou 20 secondes, suffisantes pour apprécier, par sa montée ou sa descente, sa densité relative par rapport à la solution.

Quand le taux d’hémoglobine augmente, les protéines baissent; cette méthode permet donc de confirmer les résultats de l’hémoglobinimétrie, de savoir s’il faut injecter du plasma ou du sérum, et à quelle concentration, suivant qu’il y a plus ou moins . d’albumine.

Sans attendre les résultats de ces examens, on pratique systématiquement une transfusion de 500 cc. de plasma, que le blessé ait ou non reçu un ou deux flacons de plasma au cours du relevage ou de l’évacuation.

Les examens de laboratoire sont terminés après 30 minutes; on peut alors évaluer l'intensité de la perte sanguine et du choc, et mettre en œuvre une thérapeutique propre à chaque catégorie de blessés.

Nous allons rapidement envisager la conduite adoptée par les chirurgiens des Field-Hospitals dans chaque cas, pour autant que cette thérapeutique diffère des règles communément admises dans la chirurgie classique. Nous ne pouvons nous permettre de traiter ici chaque question en détail sans allonger démesurément cet exposé.

1° Traitement chez les blessés abdominaux : L’hémostase n’a pu être assurée par le médecin de sous-groupement; cependant, le blessé a souvent reçu un flacon de plasma. La tension artérielle est de l’ordre de 50 , Hg; il faut absolument transfuser pour obtenir une tension de 90 M, indispensable à l’hémostase chirurgicale; on administrera donc un ou deux flacons de plasma sur la table d'opération et on pratiquera l’hémostase. Comme nous l'avons déjà signalé, cette transfusion importante, non suivie de l’intervention, entraînerait une mort rapide par mobilisa-

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ton des caillots dans les troncs artériels. L'intervention terminée, les soins post-opératoires prennent une importance capitale pour le pronostic.

Soins post-opératoires: Les chirurgiens américains attachent beaucoup de prix à un dispositif simple, du nom de VANGENSTIEN, destiné à résorber au fur et à mesure de sa production toute sécrétion gastrique, gravement préjudiciable à la cicatrisation de la plaie chirurgicale. Cet appareil se compose d’une sorte de sonde duodénale reliée à un système de trois bouteilles (voir le schéma ci-contre) capable d’assurer une absorption permanente.

Cet appareil est laissé à demeure, au niveau du fundus gastrique, du pylore ou du duodénum, aussi longtemps que l’aspiration continue est nécessaire, c’est-à-dire jusqu’à ce que les gaz aient apparu (entre le 3° et le 6° jour).

Observations tÿpe : Ces cas de traumatismes abdominaux ou de perforations viscérales furent si nombreux et revêtent une symptomatologie si variée qu’il est difficile de retenir autre chose que la prostration, le facies pâle, les lèvres décolorées, le pouls petit et fuyant, la respiration courte et rapide, les extrémités froides et cyanosées, parfois quelques nausées et vomissements, qui marquent le choc, la contracture de défense de la paroi abdominale (qui manque rarement après la troisième heure), l’absence d'émission de gaz qui témoigne de l’atonie intestinale réflexe, l’hématémèse dans les plaies de l’estomac, le meloena des lésions coliques, les zones mates des hémorragies internes et surtout l’examen des orifices d’entrée du projectile ou des ecchymoses, témoins du traumatisme. Le plus souvent, ces blessés arrivent au Platoon avec une fiche Emergency Tag révélant qu’ils ont déjà reçu 2 cgr. de tartrate de morphine et un flacon de plasma. La transfusion est renouvelée à l’entrée et sur la table d'opération. On y joindra dans les jours suivants :

— 6 cgr. de morphine (tartrate) par 24 heures, le plus souvent sous-cutanée, pour assurer la résolution musculaire.

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