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— surtout, pratiquer un nettoyage méticuleux des plaies, par ouverture des phlyctènes, brossage des téguments à l’eau chaude savonneuse, séchage à l'air chaud, application de pommade à la sulfadiazine sur tous les téguments brûlés.
Si l’anesthésie était nécessaire au cours de ce traitement chirurgical, elle serait pratiquée au protoxyde d’azote.
2° Plus tard, survient le choc secondaire, qui se traduit par :
— une sidération du système nerveux;
— une diminution du volume sanguin;
— une hyperperméabilité capillaire, qui s’accroît avec lanoxie tissulaire (cercle vicieux de Moon : voir étude physio-pathologique).
Aspect clinique du blessé : froid, sueur, vomissements, soif, pouls petit et rapide, T. A. effondrée, anxiété, agitation. Nous avons le tableau complet d’hyperconcentration sanguine :
— augmentation du taux de l’hémoglobine (examens pratiqués toutes les deux heures); — augmentation du nombre des globules; — augmentation de la masse globulaire à l’hématocrite; — baisse des protéines; — hyperazotémie, chutes des chlorures, hyper- puis hypoglycémie et augmentation du potassium.
Le traitement à ce stade comporte :
1° Réchauffement; 2° Oxygénothérapie suivant la méthode indiquée; 3° Administration de liquides de remplacement : tant que l’hémoconcentration subsiste, transfusion de plasma, au rythme de 100 gouttes par minute, et 2.000 cc. dans les quatre premières heures.
On admet en principe qu’il faut :
— 50 cc. de plasma par cm? de surface brûlée; — 50 cc. de plasma pour abaisser le taux d’hémoglobine de un point; — 100 cc. de plasma pour abaisser l'hématocrite de un degré.
Si la dilution du sang devient trop grande (protéinométrie), on transfusera du sang conservé de Boston.
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4° Empêécher l'infection par des injections i. m. de 25.000 unités (soit 2 cc. 5) de Pénicilline, toutes les 4 heures et pendant au moins 4 jours,
Observation, — Nous eûmes l’occasion de traiter, au cours de la Campagne de France, un aviateur de la R. A. F., retour d’une mission de bombardement sur Berlin, qui présentait de graves brûlures sur prés de 60 % de la surface du corps. Une administration massive de plasma, surtout dans les 24 premières heures, quelques transfusions de sang conservé, de la Pénicilline pendant 6 jours, permirent de le diriger sur l’Evacuation- Hospital sept jours après son entrée au platoon. Les premiers pansements furent enlevés le 12° jour, les plaies bourgeonnaïent et les greffes cutanées précoces furent entreprises.
6° Traitement des lésions par broyement : Lors d’un bombardement suivi d’éboulement, un membre, ou un segment de membre, peut être soumis pendant plusieurs heures à une compression, sans plaies importantes, ni traumatisme violent; lorsque le sujet est retiré des décombres, le pouls, la température, la T. A. sont normaux. Le médecin qui préside au relevage connaît bien ce syndrome de Bywaters, si fréquent pendant les bombardements de Londres en 1940, et adresse son blessé au Field-Hospital, malgré l’euphofie et le bon état général du broyé.
Au cours de l’évacuation, une double série d’accidents ne tarde pas à se manifester :
— le membre coincé, qui n’avait qu’une petite bande rougeâtre, au niveau de la striction, devient œdèmacié, froid, turgescent avec phlyctènes et anesthésie par plaque, ou le long des trajets nerveux, diminution ou absence de pulsatilité au Pachon.
— en même temps, le malade, angoissé, pâle, froid, couvert de sueurs profuses, vomit; la T. A. s’effondre, les urines ont un pH acide, le taux de l’hémoglobine augmente, les protéines baissent.
Le traitement à ce stade comporte*:
— l'ingestion d’une quantité considérable d’eau bicarbonatée, ou citratée;
— le membre sera surélevé, bandé, plâtré, après incision du fascia, ou amputé si nécessaire;
— on fera le traitement du choc, en se guidant sur le taux de l’hémoglobine, l’affaissement de la T. A.
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l’abaissement des protéines, l'importance du gonflement du membre : plasma;
— garotter et glacer le membre afin que les toxines n’arrivent que lentement dans la circulation; puis ôter lentement le garrot;
— injection de 2 cgr. de morphine et 25.000 unités de Pénicilline toutes les 5 heures.
Comme dans les cas précédents, si la dilution du sang devient trop grande, on aura recours à la transfusion de sang total conservé.
Dans ces conditions, l’évolution vers la phase mortelle (diminution des urines, vomissements incoercibles, urémie avec créatinurie et potassiurie, intoxication par le potassium) est rare; l’insuline-glucose serait tentée dans ce dernier cas. Ces complications sont du ressort de l’Evacuation-Hospital, sur lequel le blessé est évacué dès que le danger du choc est écarté.
7° Traitement des lésions par explosions : L'explosion des bombes aériennes produit des déplacements d’air dont la vitesse est de l’ordre de 5.000 mètres-seconde et la pression de 1.400 kgs par pouce carré; elles produisent sur l’organisme de graves lésions internes, suivant trois mécanismes :
1° Abaissement de la pression alvéolaire et rupture des capillaires pulmonaires, lors de l’onde de succion;
2° Distention des poumons, lors des ondes de compression;
3° Lésions viscérales par impact de l'air sur le corps.
D'où la triade symptomatique suivante :
1° Le choc : intense, classique, accompagné de cyanose par défaut d’hématose;
2° Le syndrome pulmonaire : condensation des deux bases, œdème pulmonaire, ou contusion avec pneumothorax aigu;
3° Le syndrome abdominal : de contusion aiguë, avec ventre dur et douloureux à la palpation, contracture.
Thérapeutique : Le traitement des lésions pulmonaires et abdominales ont déjà été étudiées : repos et immobilisation thoracique-laparatomie exploratrice. |
Le traitement du choc comporte :
— le réchauffement; —— la réanimation respiratoire : oxygénothérapie sans pression (pour éviter l’augmentation de pression