‹ Contribution à l'étude de l'Encéphalite épidémique polymorphe: Chez l'enfantChapitre 14 sur 32 · ETC · texte numérisé non relu

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IL est plus triste qu'auparavant, parle de se jeter à l’eau, est agité. — Anorexie persistante : il faut l’obliger à s’alimenter. —- Caractère plus difficile : devient méchant vis-à-vis de ses sœurs.

25 avril 1922 : La mère ramène l'enfant qui est toujours à peu près dans le même état. Enfant sombre, sans gaielé, ne rit presque jamais ; pleure au contraire facilement ; pour un petit coup, s'affecte facilement. Tout l’ennuie : la mère ne peut l'envoyer jouer dans la rue sans qu'il remonte aussitôt. En outre, il est taquin, agaçant, d’une loquacité fatiguante par moments ; ne se plaît nulle part, descend et remonte les esca: liers vingt fois par jour. Le sommeil vient très difficilement le soir, mais, par contre, il dort le matin, malgré le bruit, jusque vers 10 heures, midi et plus. Par moments, il semble sortir de son rêve, se lève et court.

Il a toujours un tic consistant à souffler rythmiquement sur ses doigts ; on ne l'envoie plus en classe, car sa présence dissipe ses camarades.

Ponction lombaire : pas de réaction cellulaire, quelques rares lymphocytes.

Sucre : o gr. 45 centier. ; pas d’hyperglycorachie.

Albumine : o gr. 15 centigr.

Après des signes avant-coureurs caractérisés par de l'inattention en classe, le début de l’encéphalite se fait brusquement, le 8 février 1920, par de la céphalée et des vomissements. Après une accalmie d’une journée, l’enfant tombe dans une agitation intense avec délire onirique qui dure trois jours et à laquelle succède pendant quatre jours, un sommicil profond, un état d’hypnose pendant lequel la fièvre oscille entre 38°5 et 39°.

L'enfant se réveille le cinquième jour, mais il entre aussitôt dans le syndrome parkinsonien avec insomnie nocturne et agitation dans son lit.

Cette insomnie nocturne s'accompagne, comme par

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compensation, de somnolence et d'accès de sommeil diurnes ou plutôt d'accès de pseudo-sommeil, car l'enfant retient très bien les paroles qu'on prononce devant lui au moment où il semble s’assoupir et les répète, si on le lui demande.

Le syndrome parkinsonien s'est accompagné d’antépulsion, puis plus tard, de rétropuision et de tremblement, mais ce tremblement, après avoir été très intense, a diminué considérablement. On constate en outre une légère monoparésie localisée au membre supérieur droit. La sialorrhée a été signalée chez lui depuis peu de temps. À ces symptômes sont venus s'ajouter, neuf mois après le début de l'affection, des crises nerveuses bizarres précédées d’une sensation d'angoisse et d’étouffement. L'enfant tombe sans connaissance pendant quelques minutes, mais cette crise ne s'accompagne pas de mouvements cloniques, ni toniques. Ces crises apparaissaient sous l'influence de la fatigue de la marche, car elles n'avaient jamais lieu à la maison, mais survenaient seulement dans la rue quand l'enfant rentrait de classe. Ces crises ont d’ailleurs complètement disparu depuis que l'enfant se repose chez lui.

À signaler encore des modifications du caractère : l’enfant était autrefois gai et joueur ; il est devenu triste, maussade et pleure facilement.

Ce qui frappe davantage chez cet enfant, en dehors de l'agitation nocturne avec insomnie, c'est surtout l'état psychique et les troubles intellectuels. Il devient de plus en plus triste et sombre, avec des impulsions au suicide, En outre, il devient méchant, taquine ses sœurs. Tantôt il est taciturne et ne parle pas, tantôt il est d’une loquacité fatiguante. Il lit quelquefois, mais sans esprit de

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suite, ne travaille plus. Il présente aussi de l’anorexie mentale et ne s’alimente que quand on Fly force. Il est affligé de ties : au début c'était une toux nerveuse, spasmodique, sans ‘substratum anatomique ; maintenant, il passe son temps à souffler sur ses doigts, d'un souffle bref et saccadé, comme pour chasser une poussière.

À noter encore un élat d'instabilité, d’astasie qui accompagne souvent le syndrome parkinsonien, mais qui peut également être attribué à des troubles intellectuels. Autrefois, il était scns cesse somnolent, actuellement il semble beaucoup plus agité et remuant ; ül s'endort toujours tard le soir, mais regagne le temps perdu dans la matinée. [1 nous faut signaler encore une exagération du réflexe rotulien et du clonus du pied, plus marqués à droite, en rapport avec une hémiparésie droite, ayant intéressé également le facial inférieur droit. La sialorrhée déjà signalée est intermittente et peu accusée. Voilà plus de deux ans que l'affection évolue chez notre jeune malade, sans amélioration, mais plutôt aggravation au point de vue psychique et intellectuel.

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